Ensemble, mais chacune chez soi

Pas de terrier commun pour l’abeille terricole mais un « quartier pavillonnaire » aménagé ici dans le terre meuble du potager.

Abeille terricole : cratère de la Collète du lierre.Depuis quelques jours, la planche des jeunes choux s’anime de dizaines de petits cratères. Une large rigole s’évase devant chaque puit. Comme une piste d’atterrissage façonnée par quelque abeille terricole. Oui mais laquelle ? D’une saison l’autre, elles ne manquent au jardin. Notamment les andrènes.

Il faut attendre le crépuscule pour lever le mystère. Peu à peu, une nuée d’abeilles envahit la planche. Le thorax velu, plutôt roux, l’abdomen noir rayé de clair : en ce début d’automne, voilà sans doute de la Collète du lierre.

Au raz du sol, chacune repère son logis pour s’y enfoncer et, aussitôt, faire un peu de ménage. A reculons, avec les pattes arrières, elles dégagent et refaçonnent soigneusement chaque entrée. La nuit peut tomber.

L’abeille terricole est réputée solitaire. Il lui arrive cependant, comme ici, de se rassembler en un véritable petit village. Ensemble mais chacune chez soi !

Les mâles profitent de ce moment de rassemblement pour tenter leur chance. Celui s’avance vers l’entrée du terrier que dégage consciencieusement une femelle.

Le premier contact dans le vestibule ressemble plus à une bataille qu’à une tendre effusion. Le corps à corps se poursuit au dehors.

Jeu torride ou avance agressive sévèrement repoussée ? Le tourbillon se prolonge, entrecoupé de courtes pauses. Et d’un coup tout se fige. Un bref instant. Le mâle semble parvenu à ses fins.

Pas de cérémonial pour l’au-revoir. Chacun repart simplement de son côté. Un peu groggy.

En savoir plus sur l’Abeille du lierre avec le site quelestcetanimal.com

Abeille terricole : la Collète du lierre.

Photos Fernand ©