Deux à trois secondes auront suffi

Au lever du jour, l’Epeire a déjà reconstruit sa toile. Tout prêt de celle d’hier qu’elle a en partie ingurgité. Une grande et belle toile arrimée aux feuilles d’une haie de fusain. 

Tout le matin, seuls quelques moucherons s’y laissent prendre. Mais, tantôt plantée au milieu de sa toile, tantôt cachée dans le feuillage, la grosse araignée ne se dérange pour un aussi menu fretin !

En début d’après-midi seulement, un malheureux gendarme en exploration de feuille en feuille a la malencontreuse idée d’utiliser la toile comme un pont de singe… Il s’y emmêle les pattes et l’Epeire surgit immédiatement.

Jaugeant d’abord sa proie à distance, elle lance un jet épais en préparation de l’attaque imminente. Puis tout va très vite. Elle se rue sur le gendarme, le pique et l’emmaillote d’un nouveau jet continu, en le faisant tourner sur lui-même. Deux ou trois secondes auront suffit. Il ne lui reste plus qu’à hisser le « paquet » dans sa cachette. La toile est déchirée. Elle en reconstruira une nouvelle demain.

(Photos : Fernand)

 

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