Coucou d’automne

Epeolus phallax sur capitule de Pulicaire dysentérique.

Une discrète abeille sauvage noire aux marques feutrées blanches. L’Epeolus phallax guette la Collète du lierre. Pour parasiter son nid.

Epeolus phallax sur capitule de Pulicaire dysentérique.Il y a des signes qui ne trompent pas. Ainsi, l’émergence de la petite abeille Epeolus fallax annonce à coup sûr l’arrivée de l’automne. Il est vrai qu’elle est, indirectement, inféodée à la floraison du lierre. Cela ne saurait tarder.

Indirectement ? En fait, c’est une autre abeille, la Collète dite « du lierre » justement, qui, chaque année, fin septembre début octobre, butinent assidument les petits disques verdâtres suintant de nectar. Pour l’amasser dans le garde-manger de ses larves.

Pour l’heure, alors que la Collète elle-même émerge à peine à son tour, l’Epeolus fallax est déjà sur le pont. Elle prend des forces. Dans une quinzaine de jours tout au plus il lui faudra s’accoupler et, pour la femelle, se tenir aux aguets.

Attendre patiemment que la Collète ait creusé son nid, aménagé ses loges, pondu et commencé à y stocker pollen et nectar. Il faudra alors y entrer subrepticement pour y déposer ses propres oeufs. Ni vu ni connu. Ses larves dévoreront couvain et garde-manger. Elles se développeront puis se métamorphoseront sous terre. Pour émerger à leur tour à la toute fin de l’été prochain.

Sources : 

Epeolus phallax sur capitule de Pulicaire dysentérique.

Une dominante noire semée de marques feutrées blanches. Sur l’abdomen, les côtés du thorax et plus discrètement sur la face. À noter deux fins triangles blancs, souvent à peine perspectibles, sur le dessus du thorax, juste derrière la tête.

Fin septembre 2019. Collète du lierre en récolte à la fois de pollen (anthères jaune-orangé) et de nectar (suintant du disque central de chaque fleur). Solidaire et grégaire tout à la fois, elle creuse son terrier jusque dans le terre meuble du potager où quelques dizaines de nids, certaines années, constituent de véritables petits « villages ».

Abeille coucou à l'approche d'un terrier de Collète du lierre.

Début octobre 2019. Epeolus phallax à l’entrée du nid terricole d’une Collète du lierre.