Le Moro-sphinx

« Nocturne » mais vole tout le jour, record de vitesse, migrateur au long cours…  Le Moro-sphinx, un papillon hors norme !

Envergure maxi : 50 m. Visible de mars à octobre.

Beaucoup de papillons dits « de nuit » sont également visibles sous le soleil. Parmi eux, le Moro-sphinx (Macoglossum stellatarum), alias le papillon colibri, ne vole « que » le jour. Avec une très grande amplitude : quasi depuis l’aube jusqu’au crépuscule qu’il affectionne tout particulièrement.

Grande amplitude également au fil des saisons : le Moro-sphinx apparaît en avril, parfois même en mars, pour être visible au jardin jusqu’en octobre, en deux générations. C’est la chrysalide de la seconde génération qui hiverne sans les régions tempérées : une fin d’hiver très douce peut accélérer la métamorphose, pour un envol des premiers adultes bien avant le printemps.

Vol stationnaire

Le Moro-sphinx se reconnaît facilement. À son épaisse silhouette brun gris fuselée, à ses vibrantes ailles postérieures orangées et à son vol stationnaire. Lorsqu’il aborde une fleur (pour une à deux secondes !), il ne prend pas la peine de se poser. Il butine à la manière d’un colibri (d’où son nom vernaculaire), en se tenant à distance de la source de nectar qu’il cible avec une grande précision.

Et la voilà déjà parti ! Ici sur le romarin, là sur un capitule de pissenlit. 80 battements d’ailes par seconde pour une vitesse de croisière de 40 voire 50 km / h. Qui dit mieux ?

Enfin, le Moro-sphinx est également célèbre pour ses migrations au long cours. Même si, sous nos latitudes, c’est désormais une espèce souvent hivernante. En début d’été, il « monte » volontiers vers le nord pour élargir sa zone de répartition, pour « redescendre » vers le sud avant les premiers frimas. Il peut ainsi parcourir 2 à 3000 kilomètres pour pouvoir continuer à se reproduire sous le soleil.

En pause. Le Moro-sphinx prend alors sa tenue de camouflage, à dominante brun gris, avec deux lignes sinueuses brunes aux antérieures.

En octobre sur Aster lancéolé. On voit bien ici l’orangé vif des ailes postérieures. Pour compenser son  énergivore hyperactivité, le Moro-sphinx butine un bon millier de fleurs par jour, soit environ le double d’un papillon « ordinaire ».

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.

Photos JF Irastorza