L’Éphémère

Plusieurs années sous forme de larve aquatique mais une brève vie aérienne pour l’Éphémère adulte qui meurt sitôt l’accouplement.

Taille maxi : 40 mm (hors antennes et cerques). Visible en avril-mai.

Elles n’ont ni pièces buccales ni tube digestif… À quoi bon !  Les éphémères adultes ne vivent que quelques heures. Pas le temps de s’alimenter. Juste celui de s’accoupler. On les reconnaît aisément aux attroupements des mâles qui, par petits essaims, volent à proximité des eaux d’où ils viennent d’émerger.

Dans ce vol pendulaire caractéristique, ils montent généralement assez haut et se laisse retomber à un ou deux mètres, pour reprendre aussitôt une nouvelle phase ascensionnelle. Jusqu’à ce qu’une ou plusieurs femelles passent par là !

La ruée copulatoire se termine mal pour les heureux élus qui meurent tout de go. Les femelles fécondées vont alors pondre à la surface de la rivière ou de la pièce d’eau la plus proche et meurent à leur tour.

C’est finalement à l’état larvaire que l’éphémère vit le plus longtemps, jusqu’à 3-4 ans, leurs pièces buccales broyeuses consommant algues diverses, voire cadavres et autres larves aquatiques.

Dans leur brève vie aérienne, les nuées d’éphémères sont des proies appréciées et faciles pour les oiseaux, les chauves-souris et… les poissons !

Lorsque l’adulte se pose, ici sur un Orchis pyramidal, c’est déjà la fin ! Noter les très longues pattes avant par lesquelles le mâle saisit la femelle lors de l’accouplement aérien.

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Photos JF Irastorza

 

Andrène gravide et Nomade bifasciée

Une abeille sauvage printanière et son coucou : l’Andrène gravide et la Nomade bifasciée actuellement au jardin.

Taille maxi : 14 mm. Visible de fin mars à juin.

Il ressemble beaucoup à son cousin, l’Andrène à pattes jaunes (Andrena flavipes). Il s’en différentie toutefois par une pilosité grisonnante sur la face, les côtés et le dessous du thorax, bien tranchée au regard de la fourrure du dessus du thorax brune. L’abdomen noir est également rythmé de fines bandes de poils plus clairs.

Sinon, avec une allure générale comparable, la femelle de l’Andrène gravide (Andrena gravida) arbore les même brosses de collecte jaune orangé. Les deux espèces voisinent actuellement sur pissenlits et ficaires.

Non loin de là rôdent les nomades, des abeilles-coucous spécialisées, parasites des abeilles sauvages du genre Andrena : à chaque andrène sa nomade quasi attitrée ! Pour l’Andrène gravide, c’est plutôt la Nomade bifasciée (Nomade bifasciata).

On dirait une petite guêpe, noire et jaune, comme toutes les nomades, rehaussée ici de rouge orangé : antennes, pattes et premiers segments de l’abdomen.

En bonne abeille-coucou, elle guette les allées et venues de son hôte involontaire. Lorsque celle-ci sort de son nid terricole après l’avoir approvisionné, elle met à profit le temps d’une nouvelle récolte de pollen pour y pénétrer et y pondre. Ses larves croqueront celles de l’Andrène gravide puis les réserves accumulées. Commence alors une longue métamorphose pour une émergence de nouvelles abeilles parasites au printemps suivant.

La Nomade bifasciée suit le rythme univoltin de l’Andrène gravide : une seule génération uniquement printanière, de fin mars à juin.

Les nomades ne présentent pas de brosses de collecte aux pattes arrière : inutiles puisque leurs larves se développent aux dépens des couvains parasités !

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Photos JF Irastorza

 

La Grande tortue

La Grande tortue

En attendant les écoulements de sève, la Grande tortue reprend des forces avec le nectar des haies et des fruitiers en fleurs.

Envergure maxi : 66 mm. Visible de février à novembre.

Hivernante à l’état adulte, notamment dans des cavités de vieux arbres, la Grande tortue (Nymphalis polychloros) traverse les 4 saisons en une seule génération. Mais, plutôt arboricole, on l’aperçoit assez rarement au jardin où elle ne descend qu’occasionnellement préférant les frondaisons alentour. 

Il est vrai qu’elle ne butine guère, ni ne s’intéresse aux fruits trop mûrs de fin d’été : elle se nourrit essentiellement des suintements de sève sur les bourgeons et les écorces blessées. Trop tôt actuellement.

On la rencontre donc sur les haies et les fruitiers en fleurs. Du nectar à défaut de sève à se mettre sous la trompe dans la canopée tout juste bourgeonnante !

La Grande tortue s’accouple au printemps lorsque saules et ormes notamment sont assez feuillus pour accueillir ses bataillons de chenilles. La génération nouvelle émerge en tout début d’été. On peut la rencontrer jusqu’à fin octobre, début novembre, lors de longs bains de soleil automnaux. 

Il est alors temps pour la Grande tortue de rechercher un abris pour la mauvaise saison. Puis rendez-vous sous le ciel bleu revenu pour boucler la boucle ! 

Le nom de l’espèce pourrait provenir de « l’écaille de tortue » en vogue dans l’ébénisterie du XVIIIe siècle.

Finie la dormance hivernal et bientôt l’accouplement ! Trop tôt pour les écoulements de sève dans les frondaisons alentour. La Grande tortue reprend des forces dans la floraison des haies et des fruitiers.

 

La Grande tortue présente une éclatante robe rousse tachée de noir et de jaune pâle. Il se distingue en outre par des bordures extérieures festonnées de fines lunules bleues surlignées de brun sombre.

Bain de soleil en toutes saisons, ici sur l’écorce d’un peuplier.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Grande tortue, avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza