Le Clairon commun

Le Clairon commun, alias le Clairon des ruches.

Le Clairon commun installe ses larves dans le nid des abeilles solitaires, pas dans les ruches comme le laisse penser son nom populaire.

Le Clairon commun, alias le Clairon des ruches.Il y a des appellations qui sonnent comme un acte d’accusation. Le Clairon commun (Trichodes alvearius), alias le Clairon des ruches, passe ainsi pour un ravageur apicole. Une légende. Remarquez, à tout prendre, les Osmies, Mégachiles et autres Andrènes aimeraient sans doute autant que ce soit vrai. Ce sont en effet les nids d’abeilles sauvages – et non domestiques – qui sont la cible de ce petit coléoptère aussi coloré que poilu.

Des taches noires de part et d’autre d’une suture bien marquée. Sur un fond rouge pétant. Les élytres eux mêmes sont abondamment velus. Comme le thorax et la tête, noirs aux reflets métalliques bleutés. 

On le repère aisément lorsqu’il se gave de pollen de fleur en fleur. Il se laisse alors volontiers approcher. Le temps d’apprécier ses très solides antennes en forme de massue.

Il s’agit ici d’une femelle, reconnaissable à l’absence de renflement du tibia arrière. Quoi qu’en la matière, ces Messieurs soient moins ostentatoires que l’Oedémère noble ! Elle pond d’avril à août à proximité des nids d’abeilles solitaires. Ses larves y pénètrent et dévore tout ce qui peut l’être. Pas vraiment un insecte auxiliaire !

Le Clairon commun, alias le Clairon des ruches.

Clairon des ruches sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Monsieur et ses tibias arrière « modestement » renflés.

En savoir plus : 

 

La Rhubarbe en fleurs

Rhubarbe en fleurs, Flambé.

Entre côtes et floraison, il faut choisir. On ne voit donc jamais la rhubarbe en fleurs. Spectaculaire exception ce printemps !

Rhubarbe en fleurs, Andrène à pattes jaunesTant pis pour les côtes juteuses et acidulées ! Une fois n’est pas coutume, les solides hampes florales de la rhubarbe n’ont pas été sacrifiées ce printemps. Pour le simple plaisir de leurs hautes et voluptueuses inflorescences. Aussi lumineuses que celles de la Reine des prés. L’enivrant parfum en moins !

Les butineurs du jardin s’y régalent. Mais pas que.  Les papillons comme le Flambé. Les abeilles sauvages comme l’Andrène à pattes jaunes. Bien sûr. Reste que les plus assidues sont les cétoines. Quel plaisir en effet de venir là brouter ces bouquets de petites fleurs pour la robuste Cétoine dorée et ses familières cousines, la Cétoine grise et, plus petite encore, la Cétoine à tarière. Certaines s’y réfugient même le soir pour y passer la nuit !

Cela dit, inutile de laisser tout cela partir à graines. La souche appréciera bientôt d’être soulagée par un rabattage complet. Les pluies annoncées pour les jours prochains faciliteront la reprise. Avec de délicieuses tartes en perspective.

Rhubarbe en fleurs, Cétoine dorée

Une dominante verte, avec des reflets bronze, pour la Cétoine dorée dont les élytres sont marqués de stries et de taches blanches.

Rhubarbe en fleurs, Cétoine grise

La livrée noire maculée de blanc de la Cétoine grise lui vaut le surnom de Drap mortuaire.

Rhubarbe en fleurs, Cétoine à tarière

Les courts élytres de petite Cétoine à tarière, noirs tachés de beige, ne recouvrent qu’en partie l’abdomen, beige taché de noir.

Cétoine dorée sur inflorescence de Reine des prés.

Plus tardive, également fréquentée par les cétoines, la Reine des prés s’épanouit en début d’été.

Holà ! Les graines sont en pleine maturation. Il est temps de soulager la souche !

Bon, on ne va pas se le cacher ! Les hampes florales de la rhubarbe ont beau être spectaculaires, elles ne font pas oublier les subtiles saveurs de la tarte printanière par excellence… Alors, vivement la repousse des larges feuilles et de leurs juteux pétioles.

En savoir plus :

Annuelle la bourrache ?

Annuelle la bourrache ? Ici avec une jeune reine du Bourdon des prés.

En théorie annuelle, la bourrache qui fleurit actuellement au jardin a commencé sa pousse l’an dernier. Le réchauffement climatique est passé par là !

Annuelle la bourrache ? Ici avec l'Anthophore plumeuse.À proprement parler, la bourrache est une plante annuelle. Évidemment. Encore que… Voilà tout juste un an, quelques vieilles carcasses avaient passé l’hiver sans trop d’encombre pour ramifier à nouveau et refleurir dès début mars. Avant même que l’habituel semi naturel ne lève ! Une aubaine pour les premiers butineurs du jardin.

Belle variante cette année après un automne puis un hiver particulièrement favorables. Ainsi, quelques graines de l’été ont pu lever en novembre et se maintenir à l’état de rosette sans souffrir du gel. Il est vrai qu’en décembre un sérieux éclaircissage avait sélectionné les plans les plus vigoureux.

Ils n’auront donc pas attendu le printemps pour élancer leurs solides hampes. Et fleurir. À point pour la jeune reine du Bourdon des prés qui, déjà, les pattes arrière chargées de pollen, s’affaire à l’approvisionnement de sa colonie naissante.

Tout juste émergées, l’imposante Abeille charpentière et la petite Anthophore plumeuse profitent également de cette nouvelle manne. Alors qu’ici et là le semi naturel commence à pointer. Pour un peu, on le croirait en retard ! Décidément, la bourrache ne manquera pas cette année. 

Annuelle la Bourrache ? Ici avec l'Abeille charpentière.

On introduit la bourrache une seule fois au jardin. On peut ensuite compter sur le très généreux semi naturel. Le plus souvent en deux vagues successives. L’une en fin de printemps, l’autre en fin d’été. Et les graines de cette seconde tournée restent généralement en terre tout l’hiver pour germer en mars-avril. Sauf si automne et hiver trop doux en décident autrement…

Quand les graines germent à l’automne, que les larges rosettes gaufrées ne gèlent pas et restent dans les starting-blocks jusqu’au printemps suivant… Voilà presqu’une plante bisannuelle ! Faute de véritable hiver. Faut-il vraiment s’en réjouir ?

En savoir plus :