L’Éristale gluant

L'Éristale gluant

Davantage délicat que ne le laisse imaginer son nom, l’Éristale gluant compte parmi les plus précieux pollinisateurs du jardin.

L'Éristale gluant

Allez donc redorer votre blason avec un qualificatif pareil ! Et ce n’est pas le nom populaire de l’Éristale gluant qui arrange les choses : la Mouche pourceau ! Pourtant, et comme pour se laver de l’affront, ladite mouche passe un temps fou, plusieurs fois par jour, à une toilette en règle au soleil…

En fait, ces sobriquets peu amènes visent plutôt ses larves. Il est vrai que celles-ci se développent dans les eaux les plus troubles. Des fosses à purin aux mares croupissantes, asphyxiées de matières organiques. Guère plus, cela dit, que la plupart des autres membres du genre Éristale.

Comment faire oublier ces origines fangeuses ? En prenant des allures d’abeille domestique. Avec un pourpoint de fourrure fauve, un abdomen noir marqué de larges taches et d’un ou plusieurs anneaux jaune-orangé. Alors, butineur assidu de mars à novembre, cet auxiliaire ne mérite-t-il pas une dénomination plus flatteuse ? À la hauteur de sa contribution à la pollinisation du jardin. Autant s’en tenir à la simple traduction de son nom latin. Eristalis tenax. L’Éristale tenace donc.

L'Éristale gluant

Les taches jaune-orangé sont davantage marquées chez le mâle, sur le deuxième segment, parfois même sur le troisième.

Elles peuvent être très estompées, voire quasi absentes, chez la femelle.

Brossage de la trompe / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les mouches du genre Éristale sont attentives à leur propreté. Ici, une cousine, l’Éristale opiniâtre, à la toilette. Elle se lisse soigneusement la langue déployée de ses pattes avant.

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L’Hélophile à bandes grises

L'Hélophile à bandes grises

Qui a dit que les mouches sont tristounettes ? La livrée de l’Hélophile à bandes grises est aussi élégante que lumineuse…

L'Hélophile à bandes grisesMalmenés tout l’été sans doute par sécheresse et canicules, les syrphes avaient quasi disparu du jardin comme des prairies alentour. Les voilà de retour avec l’automne. À commencer par l’un des plus jolis qui soient. L’Hélophile à bandes grises (Helophilus trivittatus). Au rendez-vous comme tant d’autres de l’incontournable menthe aquatique !

On est évidemment tout d’abord frappé par cet élégant corselet noir animé de quatre bandes gris-jaune, régulières et bien contrastées. D’où son nom. Mais ce qui distingue surtout l’espèce, ce sont les larges taches abdominales d’un jaune citron bien franc, suivies d’un grand W gris sur l’avant-dernier segment. 

À noter enfin les ailes hyalines, les grands yeux bordeaux foncé, la face jaune pâle et les pattes bicolores. Majoritairement jaune-orangé pour les médianes et à l’avant. Majoritairement noires à l’arrière.

Ce syrphe-là est inféodé aux zones humides. Il confie sa progéniture aux fossés peu profonds engorgés de matières organiques. Pour sa part, il partage son temps entre butinage et farniente. Pour quelques semaines encore.

L'Hélophile à bandes grises

Hélophile suspendu sur fleur de mirabellier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Un cousin qui lui ressemble beaucoup, l’Hélophile suspendu, avec des taches abdominales différentes par la forme et surtout la couleur. Non pas jaune citron mais plutôt jaune orangé.

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Le pentatome méridional

Pentatome méridional.

Une punaise aux « épaulettes » noires bien marquées : le Pentatome méridional, amateur de pollen et de graines fraiches.

Pentatome méridional.Rien d’étonnant à rencontrer le Pentatome méridional (Carpocoris mediterraneus) sur les cosmos du jardin. Comme la plupart des punaises, il ne dédaigne pas le pollen. Mais sa véritable gourmandise, ce sont les graines en formation. Tendres et juteuses. Il les transperce de son rostre et les siphonne avec délectation.

Très variable d’une individu l’autre, du jaune-vert au rouille, sa livrée présente quelques caractéristiques bien visibles ici. Pronotum aux bordures antérieures jaunes et aux angles latéraux saillants tachés de noir ; premier article orangé pour des antennes par ailleurs noires ; pattes orangées tirant là vers le jaune.

On remarquera enfin quatre bandes sombres plus ou moins estompées partant de la tête. Elles se prolongent sur le pronotum et se perdent en taches diffuses sur le scutellum.

On est très loin de l’invasion ce début d’automne. Les oiseaux et les mouches tachinaires ont suffit à en réguler la population. Il est vrai qu’en figeant puis grillant le potager, sécheresse et canicules de l’été ont été peu favorables aux insectes piqueurs-suceurs.

Pentatome méridional.

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