La Noctuelle en deuil

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

Pluies interminables, vent et, déjà, premières gelées… Qui mieux que la Noctuelle en deuil pour sonner le glas des beaux jours ?

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.Quelques taches blanches éclatantes certes. Et une frange grise. Mais c’est le noir et de multiples nuances de brun qui dominent. Avec une telle livrée, la Noctuelle en deuil (Tyta luctuosa), il est vrai, n’est pas bien gaie. Au point qu’un de ses noms vernaculaires enfonce le clou : la Funèbre ! 

On pourrait presque la confondre avec l’Hespérie des potentilles. Du moins en face dorsale. Mais les antennes sont ici effilées quand celles des hespéries présentent une pointe renflée et légèrement crochue. Nocturne, comme la plupart des noctuelles, il n’est cependant pas rare de voir la Funèbre butiner au soleil. Elle sirote ici le nectar d’une des dernières inflorescences de Cirse des marais. Mais il lui faut se faire une raison : c’est bientôt la fin.

En attendant le prochain printemps, la relève patientera tout l’hiver sous terre. Rien à craindre cependant de ces chenilles de noctuelles là au potager ! Elles se développent plutôt aux dépens de nombreuses plantes sauvages. Comme celles du Ptérophore blanc, elles apprécient tout particulièrement le liseron. Mais aussi la Mauve et le Plantain.

Sources : 

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

Dans la famille des noctuelles, et malgré son nom plus avenant, la Fiancée n’est pas vraiment la bienvenue au jardin. Surtout ses chenilles !

Un autre insecte dont la tristounette livrée inspire un nom vernaculaire qui ne l’est pas moins : le Drap mortuaire, cousin de la Cétoine dorée.

 

La Criorhina ranunculi

Criorhina ranunculi sur fleur de prunellier.

Dans la série des syrphes jouant les gros bras, la Criorhina ranunculi se donne des airs de bourdon. Simple costume dissuasif.

Criorhina ranunculi sur fleur de prunellier.Au bal costumé des mouches, l’imitation du Bourdon des pierres ne manque pas d’émules. Il est vrai que la panoplie est a priori assez simple. Il suffit d’être de belle taille, très velu, entièrement noir, sauf… le “cul roux” ! À ce jeu-là, la Criorhina ranunculi coche toutes les cases. 

Petit effet garanti au printemps parmi les premiers butineurs des prunelliers. Elle s’y distingue en outre par de solides fémurs, des ailes fumées marquées de fines bandes sombres et une face triangulaire proéminente ici toute barbouillée de pollen.

Contrairement à la Volucelle bourdon, championne toutes catégories de la discipline, la Criorhina ranunculi ne met pas à profit son mimétisme pour aller installer sa progéniture dans le nid des bourdons. Ses larves préfèrent le bois mort en décomposition. Mais alors, à quoi lui sert ce déguisement ? Simple costume dissuasif. Pour butiner tranquille. Et tenir paisiblement en respect d’éventuels prédateurs. 

Sources : 

Criorhina ranunculi sur fleur de prunellier.

Volucelle bourdon.

La Volucelle bourdon, ici dans sa forme “Cul roux” : un mimétisme au service d’un comportement parasite.

Bourdon des pierres.

Le “vrai” Bourdon des pierres : évidemment, la “copie” est assez sommaire. Mais, pour la Volucelle comme pour la Criorhina, la simple “évocation” (silhouette, couleurs) suffit à l’effet recherché.

 

Le Syrphe des corolles

Très longs à fleurir cette année, les cosmos comptent parmi les principaux pourvoyeurs de pollen cet automne. Le Syrphe des corolles ne s’en prive pas !

On a vu Madame Syrphe des corolles au printemps explorer les jeunes pousses de rosier. À la recherche d’une colonie de pucerons pour sa progéniture. Plusieurs générations se sont succéder depuis. Et le butinage d’aujourd’hui permet de mieux admirer cette jolie mouche aux couleurs bien contrastées.

De grands yeux bordeaux disjoints. Il s’agit donc ici d’une femelle. À l’avant, deux courtes antennes brunes se détachent sur une face jaune pâle. À l’arrière, une légère fourrure rousse étoffe les côtés du thorax bronze luisant. Puis, en légère saillie, la demi-lune du scutellum affecte un brun clair presque caramel. Enfin, trois paires d’épaisses lunules jaune clair – plus vif chez certains individus – rythment le noir franc d’un l’abdomen large et plat. Avec une pointe noire plus discrètement rayée du même jaune.

En cette mi-novembre, les syrphes restent très présents au jardin. Malgré la pluie, le vent et des températures qui commencent sérieusement à baisser. Et si la palme revient au Syrphe ceinturé, celui des corolles n’est jamais loin derrière !

Sources :

Le Syrphe des corolles, femelle, sur fleur de cosmos.

Le Syrphe pyrastre sur feuille morte de peuplier.

À ne pas confondre avec le Syrphe pyrastre, un peu plus massif, qui s’en différencie notamment par des lunules franchement blanches.

Ni avec le Chrysotoxe intermédiaire, également plus massif, dont les ailes sont fumées et les antennes particulièrement développées.