Tenaces les oeilletons !

Artichaut, oeilleton / Un jardin dans le Marais poitevin.

Abandonnées depuis le printemps au tas de compost, les jeunes pousses d’artichaut ne sont pas avouées vaincues. Les voilà de retour.

Artichaut, oeilleton / Un carton dans le Marais poitevin.Quand on sélectionne les oeilletons d’une vielle souche d’artichaut, pour créer une nouvelle planche, il y a nécessairement quelques rebuts. Au printemps dernier, sans trop de regrets, ils sont partis sur le tas de compost, rejoints pêle-mêle par tout ce que le jardin produit de déchets verts. Avec in fine une épaisse couche de feuilles mortes pour linceul en fin d’automne.

Mais l’artichaut a parfois la vie dure ! Après un long été de dormance, deux vigoureux oeilletons ont ainsi émergé des feuilles mortes au début de l’hiver. Une telle ténacité appelle le respect. Et une seconde chance. Pour l’heure, laissons les deux rescapés parfaire leur enracinement. Au printemps, ils iront rejoindre leur ancienne fratrie. Avec une bonne dose de ce compost qui leur réussit si bien.

Artichaut, oeilleton / Un carton dans le Marais poitevin.

Photos Fernand ©

 

En attendant les guilleris

Moineau domestique / Un jardin dans le Marais poitevin.

Silence dans les haies. Le moineau et sa bande somnolent. Entre deux bruyantes razzias de graines en bord de Sèvre.

Moineau domestique / Un jardin dans le Marais poitevin.D’où lui vient cet air renfrogné ? Peut-être pousse-t-il le mimétisme jusqu’à se mettre au diapason du ciel maussade de cette matinée d’hiver… La tenue nuptiale du Moineau domestique n’y change rien. Au contraire. Ainsi, la petite calotte grise du futur marié descend très bas sur le front, presque jusqu’au bec, comme s’il fronçait des sourcils imaginaires. Et la petite tache blanche, au coin de l’oeil, lui donne un regard curieusement sévère. Ramassé en boule, le plumage ébouriffé sous le vent, il semble bouder dans les haies du jardin.

En fait, il est tout simplement repu, figé comme la troupe de ses congénères dans une longue sieste silencieuse. Il en ressortira bientôt à l’appel de tonitruants guilleris. Sonnera alors l’heure d’une nouvelle virée dans les aulnes et les frênes du bord de Sèvre. Les graines y sont nombreuses en cette saison. A moins qu’un coin de ciel bleu ne le sorte prématurément de sa torpeur. Quel plaisir de prolonger un peu le farniente au soleil !

Photos Fernand ©

 

Le compas dans l’oeil

Euphorbe épurge / Un jardin dans le Marais poitevin.

L’Euphorbe épurge ne laisse rien au hasard. Sur une tige bien droite et verticale, elle a une façon très graphique d’organiser son étroit feuillage.

Euphorbe épurge / Un jardin dans le Marais poitevin.On se souvient de l’Euphorbe réveille-matin dont le latex blanc très urticant, dit-on, fait fuir taupes et campagnols ! La tradition attribue aussi cet usage un peu barbare à l’Euphorbe épurge que voici. Oublions ! Car, toxique il est vrai, elle n’en mérite pas moins l’attention. C’est en effet une superbe sauvage, au port original.

Elle pousse actuellement au bord des chemins. A ce stade, la tige solidement dressée n’est pas encore ramifiée. Elle le sera au printemps prochain et étalera d’autant mieux sa floraison. En attendant, elle peaufine sa parfaite géométrie.

Dès le raz du sol, elle étage ainsi ses feuilles lancéolées à intervalles très réguliers. Mais ce n’est pas tout. Elle les oppose à chaque étage dans un alignement impeccable que souligne de longues nervures blanches sur fond vert-bleuté. Enfin, elle pousse la perfection jusqu’à les disposer selon des angles rigoureusement droits d’un étage à l’autre. L’Euphorbe épurge a le compas dans l’oeil ! 

Euphorbe épurge / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos Fernand ©