La Mélitée du plantain

Mélitée du plantain.

Plus familière des prairies alentours que du jardin, la Mélitée du plantain fait une petite halte gourmande sur les boutons d’or des allées.

Mélitée du plantain.Dans la famille des Damiers, la base du décor est toujours la même. Un jeu de lignes noires sur fond orangé. Et tant pis si elles forment plus ou moins des zigzags chez la Mélitée du Plantain ((Melitea cinxia). L’impression générale est bien celle d’un quadrillage. Avec – discrète coquetterie – une spécificité aux postérieures : les petits carrés orangés de l’alignement submarginal sont pointés de noirs.

De passage au jardin, elle ne s’intéresse d’abord qu’aux boutons d’or, dédaignant pâquerettes, trèfle et lierre terrestre. Et cette habituée des prairies alentours snobe les premières salves colorées des fleurs vivaces !

Enfin, elle prend malgré tout le temps d’une vraie dégustation sur la floraison finissante de la sarriette. Elle ferme alors les ailes et laisse admirer la fantaisie de leur revers. Du moins aux postérieures. Loin du stricte quadrillage de l’avers. Avec notamment une succession de bandes sinueuses. Des lunules et des taches dansantes, crème, jaunes et orange.

Mélitée du plantain.

Comme son nom le suggère, la Mélitée du plantain évolue surtout dans les prairies naturelles et aux bords des chemins, avec le Plantain pour plante hôte favorite de sa progéniture. Il y a une seconde génération en été dont les chenilles entre en diapause en automne pour hiverner dans un cocon de soie. Avec une émergence printanière en avril-mai.

Une cousine tout aussi commune, la Mélitée des centaurées, alias le Grand damier, elle aussi sur la floraison finissante de la sarriette.

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L’Ophrys abeille

Tout est bon pour attirer les pollinisateurs ! De ce point de vue, la combine de l’Ophrys abeille est singulière. Une superbe supercherie !

Deux bonnes raisons pour ne pas toucher aux jonquilles du jardin après la floraison. Laisser les bulbes se régénérer. Mais aussi laisser leur chance aux pieds d’Ophrys abeille (Ophrys apifera) qui, implantés là spontanément, étendent même leur station parmi les brins de muguet tout proches.

Elle n’a certes pas la prestance de l’Orchis incarnat. Voilà pourtant une orchidée sauvage pour le moins séduisante. Et insolite. Car, si comme son nom l’indique l’Ophrys abeille attire les butineurs, ce n’est pas vraiment pour butiner ! 

Sous un petit casque verdâtre abritant étamines et pistil, l’attention est évidemment retenue par le large labelle coloré. Brun, roux, jaune, orangé, gris bleuté. Excusez du peu. À l’avant de trois tépales rosés jouant les faire-valoir, c’est la piste d’atterrissage des insectes. Surtout des abeilles mâles. Et pour cause.

Par le jeu des formes et des couleurs, par une pilosité rousse et même par l’odeur, chaque fleur se donne en effet des allures d’abeille femelle. Et ces messieurs n’y résistent pas. Particulièrement ceux de la famille Eucère. En atterrissant, ils se démènent donc comme de beaux diables. Le temps de réaliser la supercherie, ils ont suffisamment secoué les étamines pour libérer le pollen. Et plus sûrement pour accrocher les pollinies ainsi transportées d’une fleur à l’autre. L’Ophrys abeille est dès lors dépourvue d’éperon nectarifère. À quoi bon. Sa stratégie du trompe-l’oeil est tout aussi efficace ! 

Sources :

Mi mai 2022. Depuis quelques jours, les leurres de l’Ophrys abeille commencent à se mettre en place au jardin. Les deux pollinies jaunes sont ici bien visibles sous l’étroit casque verdâtre. Elles s’accrocheront aux abeilles sauvages mâles attirés par l’artifice odorant et coloré du labelle. Ainsi les pseudo-copulations favoriseront-elles la dissémination du pollen d’une fleur à l’autre.

Parmi les « cibles » de l’Ophrys abeille, l’Eucère longicorne. Mais il est plus facile de surprendre celui-ci sur une fleur de bourrache que sur le labelle de l’Orchidée illusionniste !

 

Le Cryptocéphale soyeux

Cryptocéphale soyeux

Vert métallique, les élytres très ponctués, le petit Cryptocéphale soyeux a un faible pour les fleurs sauvages jaunes.

Cryptocéphale soyeux

Un aspect granuleux qu’accentue ici le saupoudrage de pollen.

Un petit bijou au creux d’une corolle de bouton d’or. On songe à la Chrysomèle de la menthe. Mais c’est un cousin à la silhouette moins ramassée. Certes, le Crytocéphale soyeux (Cryptocephalus sericeus) est tout aussi vert métallique. Mais les élytres, davantage oblongs, présentent une ponctuation très marquée.

Mais où est donc passée la tête ? Souvent les coléoptères ont la faculté de la rétracter au repos ou en cas de danger. En l’occurrence, comme le suggère le nom latin du genre (cryto = caché), elle est en permanence incrustée sous le pronotum. Seuls émergent deux grands yeux sombres sur une face plate, également verte. Et bien sûr les longues antennes annelées.

A priori rien à craindre au jardin de sa progéniture qui trouve plutôt son ordinaire auprès de diverses plantes sauvages. Cela dit, les larves sont difficiles à apercevoir. Elles se protègent à l’intérieur d’un fourreau aménagé et régulièrement agrandi à partir de leurs propres excréments. Mais ça, c’est avant de devenir un petit bijou !

Cryptocéphale soyeux

Chrysomèle de la menthe.

La silhouette plus ramassée, les élytre nettement bombés, la Chrysomèle de la menthe est plus légèrement ponctuée.

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