La Fritillaire pintade

Fritillaire pintade / Une jardin dans le Marais poitevin.

Fière et fragile à la fois. La Fritillaire pintade est fidèle au rendez-vous de la mi-mars sur les prairies humides du marais. Pour quelques semaines.

Fritillaire pintade / Un jardin dans le Marais poitevin.C’est, avec le Populage des marais et la Reine des prés, une des fleurs emblématiques du Marais poitevin. La Fritillaire pintade y est beaucoup plus discrète. Plus rare aussi.

Tout chez elle concourt à cet aspect délicat et fragile qui lui vaut l’affection des maraîchins. Le port humblement retombant de ses fleurs en hauts bonnets d’évêque. Une hampe gracile et pourtant parfaitement dressée. De longues et très fines feuilles, bien tendues, parfois plus lâches au sommet. Comme une fière supplique à la protection.

On ne présente plus ces fleurs à nulle autre pareille. Outre leur célèbre posture, la diversité de leurs teintes mauves et violacées, les sombres « griffes » protectrices qui structurent la corolle, c’est le mouchetage en damier qui fascine. D’où l’allusion au volatile qui lui a donné son nom.

Quelques stations endémiques perdurent encore dans le Marais poitevin où la Fritillaire pintade est réputée protégée. Mais protéger la “tulipe sauvage”, n’est-ce pas d’abord sauvegarder les prairies naturelles humides ?

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Fritillaire pintade / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Quand le Vulcain passe à l’orange

Vulcain, bandes orangées délavées / Un jardin dans le Marais poitevin.

Rouge-brique intense ou orange plus ou moins délavé : le Vulcain est toujours aussi spectaculaire.

Vulcain, bandes orangées délavées / Un jardin dans le Marais poitevin.Il a sans doute de nombreuses heures de vol à son actif ! Le grand Vulcain adulte sort tout juste de son hibernation depuis le petit bois voisin. Ses couleurs vives auraient-elles passées sous le soleil caniculaire de l’été dernier ?

En dehors de quelques reflets ici et là, le rouge soutenu de sa grande Vulcain, bandes rougeoyantes sur fond brun velouté / Un jardin dans le Marais poitevin.auréole a en effet beaucoup perdu de son éclat, au point de devenir orangé, presque pâle sur les bandes des ailes postérieures.

Quel contraste avec son voisin de prunellier ! Les quatre bandes rougeoyantes de celui-ci se détachent d’autant mieux sur le brun sombre velouté de la large zone centrale. Et le noir franc, taché de blanc, des pointes antérieures.

Lorsqu’ils ne butinent pas, l’un et l’autre se laissent aller dans de amples et spectaculaires vols planés. Ils aiment aussi prendre le soleil au jardin. Ils se font alors plus discrets, repliant les ailes dont le revers brunâtre – du moins pour les postérieures – s’efface davantage sur leur support favori. L’écorce d’un arbre ou une feuille morte.

Vulcain au repos, ailes repliées / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

La Cardamine des prés

Cardamine des prés / Un jardin dans le Marais poitevin.

En salade ou en sauce froide, la Cardamine des prés rappelle le cresson. Inutile de trop en cueillir. Juste pour le plaisir de sa saveur épicée.

Cardamine des prés / Un jardin dans le Marais poitevin.C’est une très proche cousine de la Cardamine hérissée, alias la Cressonnette. Tout aussi goûteuse, la Cardamine des prés est peut-être un peu plus poivrée. Mieux vaut donc la consommer en mélange, pour relever une salade trop douce. Et pourquoi pas mixée, dans une sauce, pour lui donner un peu de tonus ? Mais attention, pas de cuisson, sous peine de perdre sa saveur épicée !

Cette fois, on ne cueille que les rosettes basales, voire les premières feuilles de la hampe. Avant la floraison, sinon, bonjour l’amertume ! Il sera donc bientôt trop tard. Cela dit, les premières Cardamine des prés / Un jardin dans le Marais poitevin.fleurs sont un bon moyen de repérer les discrètes colonies dans l’herbe des prairies. Car la belle ne s’aventure guère dans les jardins.

Si les fleurs blanches de la Cressonnette sont vraiment minuscules, celles-ci sont plus avenantes, regroupées en épis un peu lâches. A peine veinés de lignes plus sombres, les pédales hésitent entre le mauve et le rose pâle. Six petits sacs de pollen jaune-vert, un seul stigmate : les fruits seront autant de petits catapultes qui dissémineront les graines alentours cet été. Dans le fond, la Cardamine des prés est sans doute mieux dans les prairies humides du marais qu’au potager !

Cardamine des prés / Un jardin dans le Marais poitevin.