L’Éphémère

Plusieurs années sous forme de larve aquatique mais une brève vie aérienne pour l’Éphémère adulte qui meurt sitôt l’accouplement.

Taille maxi : 40 mm (hors antennes et cerques). Visible en avril-mai.

Elles n’ont ni pièces buccales ni tube digestif… À quoi bon !  Les éphémères adultes ne vivent que quelques heures. Pas le temps de s’alimenter. Juste celui de s’accoupler. On les reconnaît aisément aux attroupements des mâles qui, par petits essaims, volent à proximité des eaux d’où ils viennent d’émerger.

Dans ce vol pendulaire caractéristique, ils montent généralement assez haut et se laisse retomber à un ou deux mètres, pour reprendre aussitôt une nouvelle phase ascensionnelle. Jusqu’à ce qu’une ou plusieurs femelles passent par là !

La ruée copulatoire se termine mal pour les heureux élus qui meurent tout de go. Les femelles fécondées vont alors pondre à la surface de la rivière ou de la pièce d’eau la plus proche et meurent à leur tour.

C’est finalement à l’état larvaire que l’éphémère vit le plus longtemps, jusqu’à 3-4 ans, leurs pièces buccales broyeuses consommant algues diverses, voire cadavres et autres larves aquatiques.

Dans leur brève vie aérienne, les nuées d’éphémères sont des proies appréciées et faciles pour les oiseaux, les chauves-souris et… les poissons !

Lorsque l’adulte se pose, ici sur un Orchis pyramidal, c’est déjà la fin ! Noter les très longues pattes avant par lesquelles le mâle saisit la femelle lors de l’accouplement aérien.

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Photos JF Irastorza

 

Le Grand Sphécode

Grand Sphécode sur pâquerette.

Une « abeille coucou » en rouge et noir ! Le Grand Sphécode, alias le Sphécode à labre blanc, apprécie les pâquerettes du jardin.

Grand Sphécode sur pâquerette.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mars à octobre.

Dans la série des « abeilles coucous » du jardin, on a déjà vu ici le petit Sphécode commun, reconnaissable à son abdomen à demi rouge orangé. Voici son cousin, le Grand Sphécode, alias le Sphécode à labre blanc (S. albilabris) dont le rouge orangé envahit la presque totalité de l’abdomen. À l’exception d’une touffe terminale de poils noirs.

D’assez belle taille, frisant le centime et demi, d’où son nom, il vient d’émerger et butine assidument dans les allées du potager. Avec une préférence pour les pâquerettes. En cette saison, il s’agit exclusivement de femelles. Elles seules, en effet, fécondées l’été dernier, passent l’hiver. Le moment est alors venu de remplir leur ultime mission : pondre. Mais pas n’importe où.

La plupart des abeilles-coucous ont ainsi une cible privilégiée. Pour le Grand Sphécode, c’est la Collète lapin (C. cunicularius), une solide abeille solitaire qui creuse son nid au sol. Après le discret tour de passe-passe, les larves parasites se repaissent des réserves accumulées par leur hôte involontaire. La nouvelle génération apparaîtra en juillet pour un nouveau cycle : accouplement, mort des mâles, hivernage des femelles fécondées…. Jusqu’au printemps suivant.

Grand Sphécode sur pâquerette.

Mi avril. Sur la sarriette de fleurs, pour changer des pâquerettes !

Prospection au bord d’un talus : Madame Grand sphécode à la recherche d’un nid d’abeille sauvage où installer sa progéniture.

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Photos JF Irastorza

 

Andrène gravide et Nomade bifasciée

Une abeille sauvage printanière et son coucou : l’Andrène gravide et la Nomade bifasciée actuellement au jardin.

Taille maxi : 14 mm. Visible de fin mars à juin.

Il ressemble beaucoup à son cousin, l’Andrène à pattes jaunes (Andrena flavipes). Il s’en différentie toutefois par une pilosité grisonnante sur la face, les côtés et le dessous du thorax, bien tranchée au regard de la fourrure du dessus du thorax brune. L’abdomen noir est également rythmé de fines bandes de poils plus clairs.

Sinon, avec une allure générale comparable, la femelle de l’Andrène gravide (Andrena gravida) arbore les même brosses de collecte jaune orangé. Les deux espèces voisinent actuellement sur pissenlits et ficaires.

Non loin de là rôdent les nomades, des abeilles-coucous spécialisées, parasites des abeilles sauvages du genre Andrena : à chaque andrène sa nomade quasi attitrée ! Pour l’Andrène gravide, c’est plutôt la Nomade bifasciée (Nomade bifasciata).

On dirait une petite guêpe, noire et jaune, comme toutes les nomades, rehaussée ici de rouge orangé : antennes, pattes et premiers segments de l’abdomen.

En bonne abeille-coucou, elle guette les allées et venues de son hôte involontaire. Lorsque celle-ci sort de son nid terricole après l’avoir approvisionné, elle met à profit le temps d’une nouvelle récolte de pollen pour y pénétrer et y pondre. Ses larves croqueront celles de l’Andrène gravide puis les réserves accumulées. Commence alors une longue métamorphose pour une émergence de nouvelles abeilles parasites au printemps suivant.

La Nomade bifasciée suit le rythme univoltin de l’Andrène gravide : une seule génération uniquement printanière, de fin mars à juin.

Les nomades ne présentent pas de brosses de collecte aux pattes arrière : inutiles puisque leurs larves se développent aux dépens des couvains parasités !

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Photos JF Irastorza