Abeilles sauvages du jardin

Andrènes, mégachiles, anthophores, mellites, anthidies, eucères… Petit inventaire dans la très grande diversité des abeilles sauvages du jardin.

Quand on évoque les butineurs, on pense bien sûr aux abeilles domestiques. Elles sont très loin d’être les seules. Il faut compter aussi avec les bourdons, les mouches et les papillons évidemment. Mais aussi les abeilles sauvages. Sans doute les plus nombreuses. En voici une quinzaine, toutes familières du jardin.

La plupart sont terricoles. Elles creusent leur terrier jusque dans la terre meuble du potager. Plus souvent dans quelque coin plus tranquille. Elles constituent ainsi parfois de véritables petites “bourgades”. Tout en restant solitaires : ensemble, mais chacune chez soi ! C’est le cas notamment de la Collète du lierre.

Sinon, opportunistes, elles investissent et aménagent des cavités de rencontre. Les tiges de bambou de la planche des tomates par exemple. À l’image de la petite Heriades qui, comme la plupart des mégachiles, tapisse son nid de morceaux de feuilles découpés sur les arbres alentour.

Industrieuses ou “coucous”

Si la Collète du lierre, comme son nom l’indique, est inféodée au nectar et au pollen du lierre, et n’apparaît donc au jardin qu’en automne, leur régime est le plus souvent éclectique. Certes, certaines ont leur préférence, comme la Mellite de la salicaire. Mais toutes peuvent compter sur la grande variété florale du potager. Y compris celle des plantes sauvages, préservées ici et là.

Toutes ne collectent cependant pas nectar et pollen pour nourrir leurs larves. Hepeolus fallax et Coelioxys inermis notamment préfèrent jouer les “coucous”. Elles butinent, certes, mais pour elles-mêmes. Et “confient” ainsi leurs progénitures à plus industrieuses qu’elles.

Au hit parade des fleurs favorites des abeilles sauvages : le romarin, la grande marguerite blanche, les cosmos, les zinnias, les crépides, la brunelle, la ronce, le cornouiller sanguin… Sans oublier bien-sûr, l’explosion printanière des arbres fruitiers. De ce point de vue, la palme revient au très prolifiique mirabellier.

En savoir plus sur les abeilles sauvages avec les belles pages que leur consacre le site aramel.free.fr

L’abeille charpentière (Xylocopa violacea) a trouvé corolle à sa taille avec le Penstémon.

L’Amégille à joues blanches : avec ici un spectaculaire manchon rose-pourpre sur les pattes arrière, à l’unisson des anthères de la guimauve officinale.

 

Des ailes fumées aux reflets légèrement bleutés pour l’Andrène agile (Andrena agilissima).

L’Andrène bicolore (Andrena bicolor) : une des abeilles les plus précoces du jardin.

L’Andrène cendrée (Andrena cineraria) : deux bandes de fourrure grise et un toupet assorti.

Une abondante fourrure thoracique rousse pour la petite Andrène cul-rouille.

Une livrée noire on ne peut plus sobre pour l’Andrène humble (Andrena humilis).

Sur une dominante en noir et blanc, les brosses orangées de l’Andrène fulvago rutilent au soleil.

Une petite abeille sauvage rayée de gris clair. L’Andrène à pattes jaunes (Andrena flavipes), une des butineuses les plus précoces du jardin.

Dans la série des abeilles sauvages au pourpoint roux, l’Andrène thoracique (Andrena thoracica) se distingue par un abdomen noir et luisant, presque glabre.

L’Anthophore bimaculata aux jolis yeux verts ocellés sur inflorescence de Pulicaire.

L’Anthophore fourchue (Anthophora furgata) Une allure de petit bourdon pour cette abeille sauvage d’à peine plus d’un centimètre.

L’Anthophore plumeuse (Anthophora plumides) se distingue par les longues soies de ses pattes médianes.

L’Anthidie septemspinosum sur les grands chandeliers pourpres de la Salicaire.

Clypéus et mandibules blancs : Monsieur Anthidie interrompue (Trachusa interrupta) sur inflorescence de scabieuse.

L’Anthidie à manchettes (Anthidium manicatum) mâle, avec franges blanches caractéristiques aux pattes.

Une mégachile sans brosse abdominale : Coelioxys inermis ne collecte pas de pollen et préfère jouer les “coucous”.

Le Collète du lierre (Collètes hederae) aménage sa petite bourgade sur une des planches du jardin.

De longues, très longues antennes pour le mâle de l’Eucère longicorne (Eucera longicornis).

Longues antennes également et yeux émeraude pour Monsieur Eucère dentée (Tetraloniella dentata), ici sur origan en fleurs au coeur de l’été.

Une autre “abeille coucou”. L’Epeolus fallax installe sa progéniture dans le nid de la Collète du lierre.

Halicte de la Scabieuse (Halictus scabiosae) mâle sur inflorescence de Bardane à petites têtes.

Brosse abdominale pour la collecte du pollen avec la petite Hériades

… et la Mégachile du rosier (Megachile centuncularis).

Yeux verts et brosse ventrale blanche : la petite Mégachile pilidens.

La Mégachile poignets-laineux (Megachile lagopoda). Brosse abdominale rouge-orangé et franges blanches sur les tarses des pattes antérieures.

Mégachile versicolore (Megachile versicolor) sur fleur de ronce bleue, abdomen relevé dévoilant la brosse rouge et noire, poudrée ici de pollen blanc.

La petite Mellite de la Lysimaque, une des rares abeilles sauvages inféodées aux zones humiques.

La Mellite de la salicaire dont les larves ne mangent pas n’importe quoi : du pollen et du nectar de salicaire sinon rien !

Avec un look de petite guêpe, la Nomade rousse (Nomade lathburiana) est une “abeille coucou”. Elle patrouille actuellement au jardin à la recherche de terriers d’abeilles sauvages et notamment d’andrènes. Pour y pondre ses oeufs.

Même allure de guêpes même comportement d’abeille-coucou pour deux proches cousines de la Nomade rousse : la Nomade à pattes orangées (Nomada goodeniana)…

… et la Nomade à pattes jaunes.

L’Osmis cornue (Osmia cornuta) : une abondante fourrure abdominale, rousse flamboyante.

Comme l’Osmie cornue, sa cousine, l’Osmie rousse (Osmia rufa) est toujours en mouvement. Plus petite, également cornue, sa livrée est plus neutre. Sauf sa brosse à pollen ventrale. D’un jaune orangé éclatant.

Sphecodes sp., peut-être Sphecodes crassus, membre d’une famille d’abeilles coucous, parasites notamment des halictes. Voir également le Sphécode commun.

La petite Stélide ponctuée (Stelis ponctulatissima), abeille coucou de l’Anthidie à manchettes.