L’Isodonte mexicaine installe ses oeufs au creux d’une tige de bambou. Et prévoit le casse-croute des futures larves : des sauterelles anesthésiées !

Taille maxi : 25 mm. Visible de juin à septembre.
Un long brin de raphia à pleines bandibules… À quel étrange manège cette guêpe noire se livre-t-elle au potager ? Évidemment, l’Isodonte mexicaine (Isodontia mexicana) n’est pas là pour donner un coup de main à l’attache des pieds de tomate !
C’est plutôt les tiges de bambou
stabilisant les piquets qui l’intéressent. Et plus précisément la
cavité d’une de leurs extrémités.
Elle y enfourne le ruban de raphia. Puis des brins d’herbe sèche. Quelques congénères font de même sur les tiges de bambou voisines.
N’est-ce pas une sauterelle que transporte l’une d’entre elles ?
Voilà la clé du mystère. L’Isodonte mexicaine aménage en effet… la nurserie de sa future progéniture ! Un nid à plusieurs cellules séparées par des débris végétaux. Dans chacune d’elles, elle dépose une sauterelle, vivante mais anesthésiée, puis pond un oeuf. In fine, elle bouche le tube de bambou.
En naissant, les larves entameront leur casse-croute. En prenant soin de le garder vivant le plus longtemps possible. Au bout d’une quinzaine de jours, elles auront accumulé assez d’énergie pour se métamorphoser. Et devenir à leur tour une superbe guêpe noire. Il leur suffira d’éjecter le bouchon d’herbe sèche pour sortir.

Un peu de nectar sur les fleurs du jardin. Avant de repartir en chasse.

Fin juin 2021. Sur une inflorescence d’Achillée.
Sur la planche des tomates

Anesthésiée, la sauterelle, presqu’aussi grosse que l’Isodonte, se laisse traîner jusqu’au nid.

Une enfilade de six à huit cellules. Un sauterelle puis un oeuf dans chacune…

Un oeuf et une sauterelle par cellule. La nurserie est prête. L’Isodonte rebouche soigneusement l’entrée du nid.

Fin juillet 2021. Comme chaque année, la planche des tomates accueille nombre d’isodontes mexicaines…

Le plus souvent, l’Isodonte choisit des tubes de bambou horizontaux. Mais à défaut, un petit piquet vertical lui va très bien : pourvu que la partie creuse disponible soit suffisamment longue.
En savoir plus :
- L’Isodonte mexicaine avec les Carnets nature de Jessica
- L’Isodonte mexicaine avec le site quelestcetanimal.com
Photos JF Irastorza
