Plus bleu que lui tu meurs !

Orthétrum brun au repos.

Malgré son nom, l’Orthétrum brun est presqu’entièrement bleu. Le mâle du moins. Naissance des ailes, face et yeux compris.

Orthétrum brun en pause dans les allées du jardin.Décidément, rien n’est simple avec les libellules ! En témoigne l’Orthétrum brun (Orthetrum brunneum) dont le nom fait référence à la couleur aussi sombre qu’éphémère des sujets immatures. Mais la dominante des adultes est plutôt jaune chez la femelle et bleu-ciel chez le mâle. 

Ce dernier est d’ailleurs quasi intégralement bleu. Jusqu’au masque facial. Et l’abondante pruine du thorax se diffuse assez largement sur la naissance des ailes. Plus bleu que lui tu meurs ! Même l’Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) n’y parvient pas, avec un thorax et une face généralement brunâtres.

Celui-ci a quitté les fossés tout proches pour venir patrouiller au jardin. En chasse, il va et vient au raz du sol. Pas besoin de piquet ou de branche pour ses brèves pauses. L’herbe grillée par le soleil et les premières feuilles mortes font très bien l’affaire.

Sources : 

  • aramel.free.fr
  • nature22.com
  • Poitou-Charentes Nature (Ed), 2009 – Libellules du Poitou-Charentes. Philippe Rouillier, pp182-183.
Orthétrum brun en pause dans les allées du jardin.

La pruine bleue du mâle envahit l’abdomen, le thorax et se diffuse même sur la naissance des ailes.

Un autre en bordure d’un fossé. À l’affût, il n’est pourtant pas en chasse : il veille tout simplement à la sérénité de sa belle après l’accouplement…

Pas question en effet qu’un autre mâle vienne importuner la femelle qui zigzague à fleur d’eau…

Toujours en vol, elle plonge bientôt son abdomen et lâche ses oeufs au fil de l’eau peu profonde.

 

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Fuchsia et bourdons

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

Comment les étranges et superbes fleurs du fuchsia fonctionnent-elles ? Il suffit de suivre le manège des bourdons pour comprendre…

Fuchsia visité par un bourdon des champs.Il faut la longue langue du Bourdon des champs pour atteindre le nectar du fuchsia. Son talent d’acrobate aussi ! Car si le bel arbuste est généreux, le trésor sucré de ses innombrables fleurs retombantes se mérite.

Fort heureusement, d’une corolle l’autre, le faisceau de huit très longues étamines tombantes est le bienvenu. Une aide précieuse pour s’accrocher, à la renverse, sous le tube violacé donnant accès au Saint des saints. Quatre pétales enroulées en vérité qui peuvent s’écarter si besoin pour faciliter le passage. Tout cela sous la protection du calice rouge vif dont les quatre sépales lancéolés, légèrement relevés, gardent les fleurs voisines à distance.

Ce faisant, chaque acrobatie des bourdons secoue suffisamment les étamines pour que les anthères, disposées en deux étages, dispersent la poussière blanche du pollen. La petite massue du long style central n’attend que cela pour être pollinisée !

Récolter les graines du fuchsia et réaliser un semis avec le site plandejardin.jardinbiologique.com

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

On perçoit bien ici, dépassant le faisceau d’étamines, le long style rouge à l’extrémité en forme de petite massue. Juste au dessus, les anthères libèrent un peu de pollen blanc à chaque passage des bourdons.

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

 

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Une guêpe XXL

L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) sur capitule de Menthe sauvage.

Des chaleurs méditerranéennes au Marais poitevin, l’imposant mais tranquille Eumène unguiculé suit le mouvement du réchauffement climatique…

L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) sur capitule de Menthe sauvage.La plus grosse des guêpes maçonnes. De l’envergure d’un frelon. Pas de panique cependant. L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) est aussi pacifique qu’impressionnant. Il se laisse volontiers photographier, trop occupé ici à butiner la Menthe sauvage. 

Sa silhouette évoque bien-sûr la Guêpe potière (Eumenes pomiformis) mais en taille XXL !  Comme elle, son abdomen effilé présente un premier renflement, avant de l’épanouir en forme de poire à l’extrémité envahie de jaune. Outre le gabarit bien-sûr, il s’en distingue par de larges taches rouge de part et d’autre de l’étranglement. Un rouge plutôt bordeaux qui vient également discrètement animer le thorax finement velu et l’attache des ailes fumées.

L’Eumène unguiculé construit lui aussi des “pots” de terre mêlée de salive pour héberger sa progéniture. Il y enfourne des chenilles vivantes mais anesthésiées pour assurer la subsistance des futures larves. Avec une préférence pour les Noctuelles. Bonne nouvelle !

Réputée méditerranéenne, l’imposante guêpe ne cesse de progresser vers le nord. Réchauffement climatique aidant, la voilà dans le Marais poitevin.

En savoir plus sur les guêpes potières avec le site aramel.free.fr

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L’Eumène unguiculé (Delta unguiculatum) sur capitule de Menthe sauvage.

Des taches rouges de part et d’autre de l’étranglement abdominal. Des lignes et des taches également bordeaux sur le thorax comme à l’attache des ailes fumées.

 

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