L’Anthidie sept-épines

Anthidie sept-épines, accouplement sur épi d'Épiaire des marais.

L’histoire a beau se passer sur un épis d’épiaire, Monsieur Anthidie sept-épines ne prend guère le temps de compter fleurette à Madame !

Autour de cette station d’Épiaire des marais, à quelques pas du halage, Monsieur Anthidie sept-épines (Anthidie septemspinosum) patrouille inlassablement. Concurrents et intrus sont brutalement chassés. Et gare aux fameuses épines s’ils insistent ! Elles arment la pointe de l’abdomen pour mieux lacérer les importuns…

Pas d’épines pour Madame. Plus petite, on la distingue facilement à sa brosse ventrale blanche collectrice de pollen. Et tandis que ces messieurs paradent et se chamaillent, elle butine consciencieusement. 

Évidemment, lorsqu’elle entre sur le territoire de Monsieur, elle ne craint pas d’être chassée. Mais l’accueil est tout aussi brutal. Pas le genre à badiner. Il fond ainsi sur elle. Aussitôt et sans ambages. La tête dans une corolle, elle n’a rien vu venir.  La furtive affaire dure quelques secondes. Puis elle reprend son butinage. Et lui ses patrouilles. La nature manque parfois de romantisme.

Sources : 

Anthidie sept-épines, femelle et mâle.

Madame vient d’engouffrer la tête dans une corolle. Monsieur l’a repérée et fond brutalement sur elle. Les deux sexes ont en commun les taches jaunes abdominales. Elles vont par paires avec un écartement qui va s’amenuisant d’avant vers l’arrière, formant ainsi un grand V sur fond noir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur endormi, accroché à une tige sèche par la seule force de ses mandibules. On devine ici (un peu) ses épines abdominales. Trois au centre et deux, plus petites, de part et d’autre. Il ne s’agit pas de dards mais plutôt de “griffes” avec lesquelles  l’anthidie tente de lacérer ses  adversaires. Soit à la volée, soit dans de furieux corps à corps. Rassurez-vous, Monsieur ne s’attaque qu’à ses concurrents mâles. Jamais à l’homme qui, même très près, muni d’un appareil photo, l’indiffère complètement !

 

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Madame Orthétrum brun

Madame Orthétrum brun à l'affût sur un piquet du jardin.

De l’utilité des petits piquets de bambou au potager ! Madame Orthétrum brun en fait bon usage dans ses parties de chasse à l’affût.

Tuteurage, marquage des rangs de semis mais pas que…On a toujours besoin de petits piquets de bambou au jardin !  Et voilà, par la même occasion, autant de points de halte ou d’affût pour les libellules de passage. En particulier pour Madame Orthétrum brun (Orthetrum brunneum).

Brun vraiment ? On se souvient de Monsieur, rencontré l’été dernier au bord d’un fossé. Plus bleu que lui tu meurs ! Des yeux jusqu’à la pointe de l’abdomen. Quant à Madame, avec une dominante brun pâle mâtinée de jaune, la confusion est possible avec d’autres femelles Orthétrum.  

On la différentie notamment à sa fine ligne médiodorsale noire et au petit point qui l’accompagne, de part et d’autre, sur chacun des segments abdominaux. Autres détails distinctifs : des plaques thoraciques alternant brun et blanc-crème, des yeux bleu-vert et, surtout, une face entièrement blanche. Quoiqu’il en soit, c’est une excellente chasseuse. Postée au sommet d’un piquet, elle fond sur les petits insectes volant à sa portée. Et revient le déguster sur le même perchoir.

Source : 

On distingue bien ici les petits points noirs qui marquent chaque segment. Et la suite de petites nervures blanches, propres à la famille des orthétrums, à l’avant de chaque aile.

Orthétrum brun au repos.

Été 2020. Monsieur Orthétrum brun : abdomen, thorax, yeux et même la face sont bleus. La pruine envahit même la naissance des ailes. À vrai dire, le qualificatif de l’espèce fait allusion à la couleur franchement brune des sujets immatures.

Été 2020. La ponte de Mme Orthétrum brun, en vol, la pointe de l’abdomen plongée dans les eaux peu profondes d’un fossé du marais. À noter les yeux bleu-vert et la face entièrement blanche.

 

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La Melline des champs

Melline des champs sur inflorescence d'achillée.

Une guêpe au corps luisant. Amatrice de pollen et carnassière, la Melline des champs participe à la régulation des mouches pour nourrir ses larves.

Melline des champs sur inflorescence d'achillée.Toujours en mouvement, la Melline des champs (Mellinus arvensis) prend aussi le temps du butinage. Ici sur une inflorescence d’achillée, cette guêpe de taille moyenne (1,5 cm pour la femelle) ne rechigne pas devant pollen et nectar. Cela dit, c’est aussi une redoutable chasseuse de mouches !

Bien entendu, ses larves se partageront l’essentiel du butin. Anesthésiées, les proies sont ainsi traînées vivantes jusqu’au terrier et réparties dans les différentes cellules. Cela dit les adultes se régalent aussi volontiers d’un broyat de mouche dont ils aspirent les sucs ! De quoi se requinquer en cas de mauvais temps prolongé.

La Melline des champs se reconnaît facilement à son pétiole court mais nettement marqué. Autres signes distinctifs : quatre bandes jaunes abdominales, la seconde parfois échancrée, la troisième toujours interrompue. Des pattes jaune orangé aux fémurs tachés de noir. Enfin, des marques jaunes sur le pourtour du thorax, la naissance des antennes et l’encadrement de la face. Sans oublier les mandibules également soulignés de jaune. Le comble du raffinement pour une chasseuse.

Sources :

Melline des champs sur inflorescence d'achillée.

Quatre bandes jaunes abdominales : la seconde est ici fortement échancrée, la troisième, plus fine, est interrompue. À noter également les pattes jaunes aux jointures orangées, avec des fémurs largement tachés de noir.

Quelques autres guêpes du jardin : l’Eumène unguiculé, guêpe potière XXL, chasseuse de chenilles…

… la petite Ectemnius continuus punctatus, alias la Guêpe des syrphes qui constituent l’essentiel des provisions de sa progéniture…

La Scolie hirsute sur origan en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

… la Scolie hirsute, noire avec deux bandes jaunes, chasseuse du trop fameux ver blanc ravageur de racines…

Le Sphex gryllovore sur fleurs d'origan / Un jardin dans le Marais poitevin.

… l’impressionnant Sphex gryllivore, tranquille butineur et, comme son nom l’indique, chasseur de grillons …

Isodonte mexicaine introduisant une sauterelle dans une tige de bambou / un jardin dans le Marais poitevin.

… et l’Isodonte mexicaine, chasseuse de sauterelles qu’elle enfourne dans les tiges de bambou où elle installe sa progéniiture.

 

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