
Ses pattes et sa démarche lui valent le surnom d’araignée-crabe. Le Thomise variable est surtout un redoutable chasseur à l’affût.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à juillet.
C’est là-haut que cela se passe. Pour le Thomise variable (Misumena vatia), tout commence donc par une séance d’escalade. Parvenu au coeur de la fleur, ou caché parmi les pétales, il lui suffit alors de beaucoup de patience. En digne membre de la famille des « araignées-crabes », il n’en manque pas.
Ainsi figée pendant des lustres, la petite araignée est étrangement belle. Le corps blanc nacré, barré d’une ligne latérale rouge-orangé, le thorax et les « pattes de crabes » presque translucides. Prête à saisir le premier butineur venu.
Bingo ! Voilà un bourdon des prés. Plus gros qu’elle ? Pas de quoi l’intimider pour autant. L’attaque est en effet foudroyante. Les longues pattes avant enserrent la proie. Puis une morsure à la nuque. Et c’est fini. Il n’y a plus qu’à déguster.
Dans la bataille, la fleur s’est légèrement couchée. Bien campé à l’arrière des pétales, l’araignée crabe ne perd pas de temps. Elle « saigne » aussitôt le bourdon en commençant par l’abdomen. Cela va durer des heures.

Ton sur ton avec les pétales de marguerite. Le Thomise variable « siphonne » sa proie, une abeille venue butiner. On perçoit bien ici les deux lignes vertes marquant habituellement le thorax de « l’Araignée crabe des fleurs ».
Le Thomise dans tous ses états..

Le mâle du Thomise variable est du genre gringalet…

… mais cela ne l’empêche pas de jouer son rôle, dans un couple à la Dubout !

Les pattes avant relevées et écartées, dans l’attitude caractéristique des araignées crabes à l’affût, sur l’inflorescence d’une scabieuse.

Dans sa forme jaune citron, le Thomise vient de capturer un syrphe.

Fin août 2020. Un cousin : le Thomise enflé (Thomisus onustus) reconnaissable à la forme anguleuse de l’abdomen (plus globuleux chez le variable). La tête présente également deux tubercules portant les yeux latéraux.

Au bord d’une fleur de Lys. Sortie de nulle part, la Thomise variable n’a laissé aucune chance au syrphe venu se régaler de pollen…

Telle est prise qui croyait prendre ! La Pélopée maçonne vient de capturer, piquer et anesthésier l’araignée-crabe à l’affût sur l’Eupatoire chanvrine… C’est sa spécialité : l’élégante guêpe chasse les araignées pour garnir le garde-manger de sa progéniture.
En savoir plus :
- Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, Delachaux & Niestlé, 2020.
- Le Thomise variable avec le site quelestcetanimal.com
- Le Thomise variable avec les Carnets nature de Jessica
Photos JF Irastorza