L’araignée Xystique

Araignée Xystique et Punaise arlequin.

Fatale rencontre pour le Graphosome italien, familier des ombellifères.

La sombre et sobre livrée de l’araignée Xystique : sans les couleurs et la fantaisie de la plupart des araignées-crabes.

Araignée Xystique et Téléphore moine.

Le Téléphore moine surpris en pleine escalade d’une graminée.

Avec les deux longues paires de pattes avant écartées lorsqu’elle est l’affût. Puis vivement rabattues pour enserrer la proie. Voilà une araignée-crabe de la famille des Thomises. Mais l’araignée Xystique n’a pas l’éclat laiteux du Thomise variable. Ni l’originalité du décor de son cousin le Thomise Napoléon !

À vrai dire, le genre Xysticus rassemble plusieurs espèces bien difficiles à distinguer. Sauf quelques points communs. Ainsi une dominante plutôt sombre. Notamment sur le dessus de l’abdomen où une ligne, voire des pointillés brun foncé marquent la lisière de flancs généralement fauves. 

Sur cette base, le décor minimaliste se résume à quelques lignes ou chevrons clairs, parfois à peine perceptibles. Enfin, sur le dessus du thorax, un triangle plus ou moins foncé s’inscrit dans un rectangle clair, la pointe généralement bien visible orientée vers l’abdomen.

Coléoptères, syrphes, abeilles ou papillons… La visite des ombellifères notamment peut ainsi être fatale. Tant l’araignée Xystique a l’art du patient camouflage. Et, surtout, la détente infaillible pour tout ce qui passe à sa portée.

Sources :

Araignée Xystique et Cétoine à tarière.

La petite Cétoine à tarière n’a même pas eu le temps de réagir.

Araignée Xystique et Chloromyie agréable.

Les deux pattes avant enserrent la Chloromyie agréable pour l’imparable baiser de la mort.

Quelques autres “araignées-crabes” du jardin. Ici le Thomise Napoléon avec le dessin de la silhouette impériale sur l’abdomen….

Le Thomise variable peut être d’un éclatant blanc laiteux …

… ou d’un vif jaune citron.

Le Thomise enflé. Blanc, vert, rose violacé, il est reconnaissable à la forme anguleuse de l’abdomen. La tête présente également deux tubercules portant les yeux latéraux.

 

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La parade nuptiale de l’Éristale

Parade nuptiale de l'Éristale interrompu.

En vol stationnaire. De fleur en fleur ! Quand Messieurs Éristale interrompu poursuivent Madame de leurs assiduités…

Éristale interrompu, femelle.

Yeux disjoints et marques triangulaires jaunes estompées pour la femelle.

Pas toujours facile de distinguer les syrphes entre eux. Notamment l’Éristale des arbustes (Eristalis arbustorum) et l’Éristale interrompu (Eristalis interrupta). L’un et l’autre sont de taille moyenne (environ 1 cm) et leur silhouette peut aisément se confondre.

Éristale interrompu, mâle.

Yeux joints et marques triangulaires jaunes plus présentes pour le mâle.

Thorax doré, ailes hyalines, abdomen noir rayé de blanc avec les fameuses marques jaunes triangulaires, discrètes chez la femelle, plus présentes chez le mâle. Alors comment les distinguer ?

Le plus sûr moyen est d’être là au bon moment ! Monsieur Éristale interrompu se livre en effet à une parade nuptiale à nulle autre pareille dans la famille des Éristales. Une application originale pour la grande virtuosité des syrphes en matière de vol stationnaire !

Ainsi, lorsqu’un mâle rencontre une éventuelle partenaire, il lui colle aux basques, de fleur en fleur, quelques centimètres au dessus d’elle. Plusieurs mâles peuvent même voler à l’aplomb d’une seule femelle. Deux, trois quatre… Difficile de savoir comment elle fait son choix. Mais, s’ils finissent par se chamailler, elle les plante là, tout penauds, et disparaît comme elle est venue. Relous !

Sources :

Parade nuptiale de l'Éristale interrompu.

Y-a-t-il une règle du jeu, un ordre de préséance entre les mâles volant au dessus de celle qui continue à butiner comme si de rien n’était ? Ils s’étagent sans difficulté à l’aplomb de celle-ci tant qu’ils restent deux voire trois. Mais, au-delà, vient vite la foire d’empoigne et… la fuite de la belle. Quand c’est trop, c’est trop.

Très proche cousin, l’Éristale des arbustes se distingue notamment par le premier article des tarses arrière épais, bien visible ici, plus large que l’apex des tibias. Femelle (yeux disjoints) butinant sur une planche de moutarde blanche.

Eristale horticole, mâle.

Même taille, même silhouette. Un autre proche cousin : l’Éristale horticole, assez facile à distinguer avec ses lignes rousses sur les ailes.

 

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Le Pennipatte bleuâtre

Pennipatte bleuâtre sur rudbeckia.

Enfin un peu de soleil et de chaleur. Le Pennipatte bleuâtre est de retour. Une petite troupe de mâles est en chasse ces jours-ci au jardin.

Pennipatte bleuâtre sur rudbeckia.La généreuse touffe des rudbeckias rassemble nombre de petites mouches et d’abeilles sauvages. Voilà un excellent terrain de chasse pour le Pennipatte bleuâtre, alias l’Agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes). Plusieurs jeunes mâles presque matures s’en disputent l’affût depuis quelques jours.

S’ils ont déjà pris leur livrée bleue pâle, leur ligne dorsale noire commence tout juste à s’esquisser. Et, bien sûr, ils arborent fièrement la spécificité de l’espèce : des tibias blanchâtres aplatis, souligné d’un liseré noir et hérissés de longues soies noires. D’où le qualificatif latin de “pennipes” (dont s’inspire le nom de Pennipatte) par allusion à des pattes “en forme de plume”.

L’histoire ne dit pas si l’attribut est objet de séduction. C’est avant tout une arme redoutable. Lorsqu’il est à l’affût, l’agrion se jette en effet sur les petits insectes volant à proximité. Comme autant de puissants râteaux, ses tibias se referment alors sur les proies qui, prisonnières, sont ramenées sur un bouton de rudbeckia pour dégustation.

Sources : 

Pennipatte bleuâtre sur rudbeckia.

D’abord blanchâtres, les mâles immatures virent assez vite au bleu, plutôt pâle. La ligne dorsale noire, ici encore très fine, va progressivement t s’épaissir.

Agrion à larges pattes, femelle

La couleur dominante de Madame varie d’un individu l’autre. Tout en restant pâle. Elle arbore en outre deux lignes noires finement disjointes en face dorsale de l’abdomen.

Accouplement sur une feuille d’ortie. Les “larges pattes” sont les mêmes pour Monsieur et Madame, l’un et l’autre excellents chasseurs en vol.

Trichopoda pennipes : une brosse de soies noires sur les tibias arrière /un jardin dans le Marais poitevin.

Un autre hôte du jardin affublé du même qualificatif latin (pennipes) : la mouche Trichopoda pennipes présente ainsi également des tibias affublés de soies noires, “en forme de plume”. La comparaison est ici plus évidente.

 

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