Araignées du jardin

Oubliez votre phobie ! Les araignées méritent un peu d’attention. D’autant qu’elles participent à l’équilibre du jardin…

La première qualité d’une araignée, c’est la patience. À l’affût soit au centre ou en périphérie d’une toile soigneusement tissée. Comme la belle Argiope frelon. Soit camouflée parmi les pétales d’une fleur ou les fleurons d’un capitule. Comme le petit Thomise variable.

Celui-ci, emblématique des « Araignées-crabes », avec sa façon d’ouvrir largement ses longues pattes avant, peut rester des heures, parfaitement immobile, dans l’attente d’une proie de passage. L’attaque est alors foudroyante.

Pour sa part, la Dolomède des marais « marche sur l’eau ». À vrai dire, elle se pose à l’affût sur la végétation des rives mais aussi sur une pierre au milieu d’un gué. Là encore, il s’agit d’être patient.

Et d’éviter les prédateurs (certaines guêpes spécialisées notamment comme la Pélopée maçonne) mais aussi de se garder des pique-assiettes comme le Frelon asiatique ou la Mouche-scorpion ! Cela dit, d’une manière générale, les araignées ne sont pas agressives envers l’homme, elles n’on pas froid aux yeux pour autant s’agissant d’une proie. La surprise et la vivacité aidant, elles n’hésitent pas en effet à s’attaque à plus gros qu’elles !

Les araignées-crabes

Le Thomise variable à l’affût sur un capitule de scabieuse colombaire.

Le Thomise Napoléon vient de capturer un Syrphe ceinturé.

La Punaise Arlequin surprise par le Xystique crêté dans l’escalade du Cerfeuil des bois.

Le Thomise enflé. Blanc, vert, rose violacé, il est reconnaissable à la forme anguleuse de l’abdomen. La tête présente également deux tubercules portant les yeux latéraux.

Sur la toile

La superbe Argiope frelon, la tête en bas, au centre de sa toile.

Eemmaillottée par l’Épeire porte-croix, l’abeille domestique est immédiatement anesthésiée.

Et aussi…

Si la Dolomède commune marche sur l’eau pour « aller à la pêche », elle chasse aussi les insectes à l’affût sur la terre ferme…

La petite Agroeca brunnea recouvre son cocon d'un enduit de boue / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Micrommate de Ligurie présente des tarses brunâtres qui lui valent parfois le surnom d’araignée verte « à chaussettes » !

 

Les « pique-assiettes »

Criquet prise au piège d’une toile d’araignée et « chipé » par un Frelon européen.

Mouche scorpion chipant la proie d'une Épeire diadème.

Une Tipule piégée par la toile d’une Épeire diadème mais convoitée par une Mouche-scorpion : à votre avis, qui va la manger ?

Tel est pris qui croyait prendre…

À l’affût sur l’Eupatoire chanvrine, le Thomise variable capturé par la Pélopée maçonne.

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.

Photos JF Irastorza