
Sous la canicule, l’Écaille martre s’est réfugiée dans la relative fraicheur d’une haie. Immobile. En attendant la nuit.
Elle s’est posée au petit matin du bon côté de la haie. Celui qui, tout le jour, lui évitera les ardeurs du soleil caniculaire. Comme la plupart des papillons dits de nuit, l’Écaille martre (Arctia caja) a replié ses ailes en un « triangle de camouflage ». Le sien est chocolat, parcouru de larges veines blanc-crème.
Dérangée, elle ouvre brusquement les ailes, découvrant le rouge vif orangé de ses postérieures, parsemé d’ocelles noirs aux reflets bleutés. Un réflexe censé surprendre et décourager l’intrus.
Finalement, elle se réfugie dans un parfait immobilisme. Sa meilleure défense sans doute dans le secret contrejour de la haie. La tête rétractée dans une abondante fourrure brune, c’est à peine si l’on en distingue le collier rouge.
On l’appelle parfois l’Écaille hérisson. Une allusion aux épis de longues soies de sa chenille. Celle-ci apprécie notamment les feuilles du Saule marsault, de l’Ortie et de la Reine des prés. Elle n’a que l’embarras du choix dans le marais.
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La cousine chinée

Si l’Écaille martre est strictement nocturne, sa cousine l’Écaille chinée vole également le jour, surtout dans les senteurs estivale de l’Eupatoire chanvrine.
Photos JF Irastorza