Le Machaon, grand porte-queue

Machaon sur inflorescence de phacélie.

Un superbe décor de marqueterie, d’ébène poudrée et de précieuses incrustations colorées : le Machaon, à la fois sobre et spectaculaire.

Machaon sur inflorescence de phacélie.C’est, avec le Flambé, l’un des papillons les plus majestueux du jardin. Comme lui, le Machaon, alias le Grand porte-queue (Papilio machaon) se repère de loin à ses grands vols colorés. Tout à tour rapides et amples, souvent planés. Mais il sait aussi prendre le temps de la dégustation.

Lorsqu’il fait halte sur un parterre fleuri, ici sur les inflorescences de la phacélie, il ouvre largement sa voilure à dominante jaune et noire. Sur les antérieures, triangulaires, le noir est poudré ou marqueté de jaune clair. Outre leur fine queue soulignée d’un trait noir, les postérieures, du même jaune clair, rehausse l’ensemble avec une large bande sombre ponctuée d’ocelles bleus et rouge-orangé.

La progéniture du Machaon apprécie notamment les carottes sauvages. Sans rechigner sur les carottes cultivées à vrai dire. Ni sur l’aneth, le persil, le fenouil et le panais… Pas de panique pour autant. La ponte est toujours très clairsemée. Et les chenilles jamais grégaires. Très voyantes (noir et orange sur fond vert), il suffit de les ramasser pour les conduire dans une prairie voisine. Ou de laisser faire s‘il s’agit d’un ou deux individus isolés. Le spectacle du Machaon vaut bien un petit grignotage ! 

Sources : 

Machaon sur inflorescence de phacélie.

Un autre porte-queue familier du jardin, tout en majesté : le Flambé.

Azuré porte-queue sur inflorescence de cardère.

Beaucoup plus modeste, par la taille et la palette de couleurs : l’Azuré porte-queue.

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La Grande tortue

La Grande tortue.

Début avril. La boucle est bientôt bouclée pour cette Grande tortue quelque peu éclopée. La nouvelle génération apparaîtra en juin-juillet.

La Grande tortue.

À proprement parler, la Grande tortue ne butine pas. Du moins pas les fleurs. C’est pourquoi on la rencontre souvent sur les troncs d’arbre à la recherche d’écoulements de sève.

Délavée et déchirée, sa livrée semble bien mal en point. Il est vrai que la Grande tortue (Nymphalis polychloros) est un des rares papillons à traverser les quatre saisons en une seule génération. Au sortir de l’hiver, voilà donc bientôt la fin du voyage…

Après un bel été de batifolage, jusqu’en novembre, puis une longue dormance sous un couvert de feuilles mortes, le moment est venu de passer le relais. Sans doute l’accouplement a-t-il déjà eu lieu. Les premières feuilles de peuplier et de saule accueilleront bientôt leur lot de chenilles. Pour l’émergence d’une flambante nouvelle génération en juin-juillet.

En attendant, bien qu’éclopé, les ailes malmenées sans doute par un prédateur, l’ancêtre peut espérer se la couler douce pendant quelques semaines encore. En s’adonnant à ses deux péchés mignons : les bains de soleil et le sirotage des écoulements de sève sur le tronc des grands peupliers.

Sources : 

La Grande tortue.

Un papillon de belle taille, cousin de la Belle dame et du Vulcain. Quelque peu délavée au terme de l’hivernage, la dominante est plus rousse et lumineuse chez les sujets émergents, ponctuée de taches noires et jaune pâle. Brun sombre, la bordure extérieure est rehaussée de lunules bleues ici presqu’entièrement estompées.

La Grande tortue.

Ailes repliées, la Grande tortue disparaît au regard des prédateurs. Avec des revers marrons, simplement animés de larges bandes grisâtres, l’ensemble est au diapason de la terre et des feuilles mortes alentour. Un mimétisme parfait.

Plus chanceux, cet autre individu a traversé ses quatre saisons sans accroc. Sa dominante rousse est plus lumineuse…

… et, malgré l’usure de la livrée, les lunules bleues sont un peu plus lisibles sur la bordure brune des postérieures.

À ne pas confondre avec une de ses cousines, la Belle dame, à la dominante d’un roux tout aussi flamboyant mais dont l’apex des antérieures se charge de noir et de blanc.

 

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La Xanthie paillée

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.

Inféodée aux zones humides, la Xanthie paillée est assez fréquente dans le Marais poitevin où ses chenilles se développent dans les chatons des peupliers.

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.Une seule génération par an. Pour quelques semaines seulement. Et en automne !  La Xanthie paillée (Xanthia ocellaris) apparaît fin août, début septembre, mais le gros de la troupe se concentre plutôt en octobre. 

Comme la plupart des membres de la famille Noctuelle, la Xanthie présente une livrée aux couleurs un peu éteintes, hésitant ici entre l’ocre et le roux, avec des nuances vieux-rose. Le dessin est par contre assez sophistiqué, mêlant un double réseaux de lignes droites rayonnantes et de bandes transversales festonnées. On y remarquera notamment deux taches réniformes pointées de blanc.

Pluie, vent, froid, fichue saison pour un papillon… Pas de temps de batifoler. Tout juste celui de s’accoupler et de pondre. Les oeufs passeront l’hiver à l’abri du lichen, de la mousse ou au creux d’une écorce. Au printemps, les petites chenilles se gaveront des chatons des peupliers puis descendront pour parfaire leur maturation dans la végétation basse. Nymphose estivale au sol puis émergence automnale. Et c’est reparti pour un tour.

Source :

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.

Xanthie paillée sur feuille de ronce.

Les quatre saisons de la Xanthie paillée : les oeufs passent l’hiver à l’abri d’un repli d’écorce ; au printemps, les chenilles dévorent les chatons du peuplier ; les chrysalides patientent tout l’été au sol ; émergence des adultes en automne…

Mousse, lichen, anfractuosités de l’écorce des peupliers : autant d’abris où les oeufs de la Xanthie paillée pourront passer l’hiver… Et un garde-manger pour les oiseaux ! Ici le petit Grimpereau.

 

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