La Noctuelle “C-noir”

Le C-noir sur une feuille de capucine.

Dans la famille Noctuelle, voici le C-noir. Ses chenilles ne s’attaquent pas aux racines mais au feuillage. Sans préférence particulière.

C-noir sur feuille de capucine.Encore une noctuelle ! Une des plus communes en vérité. Le C-noir (Xestia c-nugrum) est d’autant mieux répandu que ses chenilles grassouillettes ne sont pas difficiles…

Les “vers gris tachetés” comme disent les Québécois se développent en effet autant sur les salades et les céleris que sur les orties, les rumex et le séneçon. Parmi bien d’autres légumes ou plantes sauvages dont ils grignotent le feuillage. Essentiellement la nuit.

Hésitant entre brun-gris et brun-pourpre, la livrée de ce petit papillon le rend quasi invisible dans la végétation basse et les feuille mortes où il se cache en journée. Mais, surtout nocturne, il volète parfois encore au petit matin et s’attarde ici sur une feuille de capucine.

Comme souvent chez les noctuelles, malgré une dominante un peu passe-partout, un signe distinctif facilite son identification. En l’occurrence une marque noire rectangulaire évidée d’une tâche triangulaire beige,  évoquant peu ou prou un grand C d’imprimerie noir. D’où son nom. 

Sources :

C-noir cherchant refuge dans la végétation basse du jardin.

Outre le fameux “C” noir, deux autres signes distinctifs : un bandeau beige à l’avant du thorax et un tiret noir en biais presque à l’apex des ailes antérieures.

Une cousine, la Noctuelle gamma, avec son signe distinctif original : une marque blanche évoquant ladite lettre grecque.

Une autre cousine à la livrée tout aussi passe-partout : la Goutte d’argent tient son nom de la marque blanche qui semble couler sur chacune de ses ailes antérieures.

Les Noctuelles ont mauvaise réputation auprès des jardiniers, surtout du fait des chenilles terricoles de certaines d’entre elles. Les fameux “vers gris” sont notamment célèbres pour leurs dégâts printaniers sur les plans de salades qu’ils dévorent à hauteur du collet.

Noctuelle fiancée, dite Le Hibou / Un jardin dans le Marais poitevin.

Parmi les noctuelles aux chenilles terricoles, la Fiancée pond ses oeufs sur la terre meuble du jardin. Ses chenilles grisâtres se développent aux dépens des racines de nombreux légumes. Avec un faible pour la laitue !

 

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Le Manteau pâle

Manteau pâle sur Moutarde blanche.

Malgré le nom de ce discret papillon de nuit, les ailes enroulées du Manteau pâle évoque davantage un élégant fourreau qu’un vulgaire paletot !

Manteau pâle sur Moutarde blanche.Dans la tribu des Manteaux, les ailes antérieures au repos s’enroulent autour du corps et donnent ainsi à ces petits papillons de nuit une silhouette fuselée caractéristique. Nocturnes mais souvent encore visibles le matin, les différences espèces sont difficiles à distinguer. Ici sur la moutarde en fleurs, il s’agit sans doute du Manteau pâle (Eilema caniola) dans son long fourreau gris cendré nuancé de jaune clair.

De grands yeux sombres et de longues antennes filiformes animent une petite tête jaune pâle aux reflets orangés. Une couleur discrètement raffinée dont les échos rehaussent l’avant du thorax, le bord des ailes et les hautes pattes.

S’il est amateur de nectar, ses chenilles ont un régime moins commun : la mousse et le lichen. Sur les arbres mais aussi les vieux murs. Voire les toitures. Il n’est donc pas rare de les rencontrer sur certaines habitations. Précédée de leur réputation urticante. Mieux vaut ne pas y toucher en effet. Même si la progéniture du Manteau pâle a un contact nettement moins sévère que la Processionnaire du pin.

Source : 

Manteau pâle sur Moutarde blanche.

La belle chenille d’une cousine, la Lithosie quadrille (Lithosia quadra), amatrice elle aussi de mousse et de lichen, notamment sur les arbres fruitiers. Parfois les maisons. Les poils sont également (légèrement) urticants.

 

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La Noctuelle gamma

Noctuelle gamma sur fleur de Sauge toute bonne.

Un papillon pas si nocturne que cela. La Noctuelle gamma se distingue notamment par son autographe blanc sur les ailes antérieures.

Noctuelle gamma sur fleur de Sauge toute bonne.On a envie de lui demander de se calmer ! Tout en butinant, la trompe plongée dans le tube nectarifère ici de la Sauge toute-bonne, les pattes pourtant bien campée, la Noctuelle gamma (Autographa gamma) n’en finit pas de vibrer. Avec frénésie. Drôle de caractéristique de l’espèce !

Mais, bien-sûr, le principal signe distinctif, qui lui a donné son nom, est cette marque blanche au centre des ailes antérieures. Sur fond chiné brun et gris avec des nuances rousses. Elle fait penser à la Goutte d’argent récemment rencontrée sur une fleur de Lychnis.

Pour le commun des mortels, elle évoque un Y un peu biscornu. Mais les pionniers de l’entomologie, hellénistes distingués, y voyaient plutôt la lettre grecque Gamma. Voire Lambda. Tout dépend dans quel sens on la regarde.

Quoiqu’il en soit, voilà une nouvelle fois un papillon de nuit qui butine aussi volontiers le jour. Sa chenille apprécie pissenlit, luzerne, et ortie. Mais aussi hélas chou, tomate et salade. D’un beau vert tendre, elle est facile à repérer. Et à collecter.

Source :

Noctuelle gamma sur fleur de Sauge toute bonne.

Une proche cousine, la Noctuelle goutte d’argent, qui s’en distingue notamment par la fameuse marque blanche au centre des ailes antérieures. Et par un calme butinage, loin des incessantes vibrations de la Gamma !

 

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