
De l’hiver finissant jusqu’au milieu de l’automne : les quatre saisons du Bourdon terrestre en font un des butineurs les plus constants du jardin.

Taille maxi : 23 mm (reine). Visible des mars à octobre.
En fait, les quatre saisons du Bourdon terrestre ne concernent que les reines. Tout commence pour elles en fin d’été. Dans chaque colonie d’alors, les dernières ouvrières prennent en charge une ultime couvée : pour la première fois, voilà des individus sexués dont l’émergence annonce la décrépitude de la maisonnée.

Comme son nom le suggère, le Bourdon terrestre aménage son nid sous terre. Opportunistes, les jeunes reines squattent généralement le terrier abandonné par quelque rongeur.
Le temps des amours de la jeune génération sonne en effet le glas de la vieille reine et de ses ouvrières. Et bientôt celui des jeunes mâles eux-mêmes. Seules survivent les femelles fécondées. Elles butinent jusqu’aux premiers frimas de l’automne finissant pour se calfeutrer à l’approche de l’hiver.
Rallongement des jours et montée en puissance du soleil : les futures reines multiplient les sorties dès la mi-février, encouragées par les premières fleurs sauvages. Avec une mission prioritaire : trouver un terrier abandonné et l’aménager pour y fonder une nouvelle colonie. Puis pondre le printemps venu.
Premières naissances : des ouvrières asexuées à qui la reine confie l’entretien et l’approvisionnement du couvain. Tout l’été. Enfin, lorsque la colonie est suffisamment dynamique pour réussir le passage de relais, la désormais matriarche pond ses derniers oeufs. On connait la suite.
Les quatre saisons du Bourdon terrestre : l’hiver

Mi février. Premiers pissenlits en fleurs pour une des premières sorties de la jeune reine.

Mi-février. Incontournable laurier tin au sortir de l’hiver.

Mi mars. Si vous avez la chance d’avoir un verger, rien de tel pour requinquer les jeunes reines au moment où elles fondent leur propre colonie.

Mi mars. Sur le cassis-fleur. La jeune reine doit encore tout faire : aménager le nid, pondre et approvisionner le couvain.
Le printemps du Bourdon terrestre

Début avril. La reine toujours à l’ouvrage. Bientôt, elle ne quittera plus le nid pour se consacrer exclusivement à la ponte et à la gestion du couvain.

Fin avril. Premières et très petites ouvrières de la colonie naissante ici sur fleurs de pommier.

Fin mai. Les ouvrières ont désormais une taille respectable. Mais toujours une courte langue. Reste à percer la profonde corolle pour se frayer un raccourci vers le nectar.

Début juin. Le Trèfle blanc, une précieuse plante sauvage dans les allées du jardin.

Une autre plante sauvage à préserver au jardin : la Brunelle commune fleurit tout l’été.
L’été du Bourdon terrestre

Fin juin. Ah, les grappes si parfumées du buddleia !

Début juillet. Marais oblige ! Sur un épis de salicaire.

Début juillet. Sur l’origan en fleurs.

Début juillet. Sur les vaporeuses et enivrantes inflorescences de la Reine de prés.

Fin juillet. Sans oublier le potager, ici une fleur de Concombre.

Fin juillet. Sur la couronne d’or des zinnias.

Fin juillet. Un brin de toilette sur un capitule de cosmos.

Début août. Plongée au coeur d’un capitule d’artichaut…

… ou de Cirse commun.

Mi août. Parmi les commensaux de la phacélie, tout poudré de pollen avec une visite à l’hibiscus.

Fin août. Vivent les prairies humides et l’Eupatoire à feuilles de chanvre !

Début septembre. Depuis quelques temps, la colonie ne produit plus d’ouvrières mais des individus sexués. Prendre des forces pour le temps des amours.
L’automne du Bourdon terrestre

Début octobre. Matins frisquets mais des après-midi revigorants pour les futures reines.

Fin octobre. Avec les cosmos parmi les dernières sources de nectar avant l’hivernage.
Attention danger !

Le Psithyre vestale ressemble beaucoup à sa cible, le Bourdon terrestre, dont il parasite le couvain.

La Volucelle bourdon : une mouche de belle taille, imite ici du Bourdon terrestre dont elle affecte la livrée pour mieux pénétrer dans son terrier et y pondre ses oeufs.

Une autre mouche parasite des bourdons : l’étrange Sice ferrugineux. Les femelles pondent en vol et leurs oeufs s’accrochent à la fourrure de leur cible.

Décidément, la Thomise variable ne redoute rien ni personne. Dans le soleil couchant, postée sur une inflorescence de Cardère sauvage, la petite araignée-crabe a capturé bien plus gros qu’elle.
En savoir plus :
- Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
- Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
- Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
- Le Bourdon terrestre avec le site de la LPO
Photos JF Irastorza