Piéger le Frelon asiatique : c’est maintenant !

Les jeunes reines émergent et butinent les fruitiers avant de fonder leur colonie : piéger le Frelon asiatique, c’est maintenant !

Taille maxi : 30 mm (reine). Visible de mars à novembre.

Les frelons ont un double régime alimentaire. Chasseurs et carnivores pour approvisionner leurs larves, ils sont aussi floricoles, surtout en mars-avril, lorsque les jeunes reines, fécondées l’été dernier, sortent de leur dormance hivernale.

Elles font le plein d’énergie sucrée avant de se mettre au « travail » : amorcer la construction d’un nid,  pondre, alimenter les premières larves : les futures ouvrières qui prendront le relais pour qu’elle puisse se consacrer à l’essentiel : pondre, pondre, pondre…

En attendant, on les voit actuellement sur les fleurs de saison, particulièrement au verger où elles butinent assidument le mirabellier et bientôt les pommiers.

Mieux vaut ne pas attendre : piéger le Frelon asiatique, c’est maintenant ! Une jeune reine neutralisée, ce sera des milliers d’ouvrières en moins cet été… Et leurs proies favorites épargnées, abeilles domestiques et syrphes éristales notamment. Choisissez vos pièges avec soin. Attention à ne pas piéger d’autres espèces d’insectes ! Pas plus de 9 mm pour les trous d’entrée (stop au Frelon européen et aux papillons), prévoir en outre des trous de sortie de 5 mm maxi pour les abeilles, mouches et guêpes.

On lira avec intérêt les 7 conseils pour la confection, l’achat, l’amorçage, la disposition et l’entretien des pièges à Frelons asiatiques proposés en ligne par le Parc national des Cévennes.

À ne pas confondre avec le Frelon européen, plus gros, chasseur lui aussi mais sans cibler prioritairement les abeilles domestiques.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • Conseils pour le piégeage du Frelon asiatique vec le Parc national des Cévennes

 

Photos JF Irastorza 

 

La Cétoine grise juvénile

La Cétoine grise juvénile

À l’émergence, la Cétoine grise juvénile est abondamment velue. Une fine pilosité blanche qu’elle perd assez rapidement.

Taille maxi : 14 mm. Visible de mars à septembre avec un pic en juillet-août.

En ce début de printemps, les coléoptères aussi prennent leurs marques au jardin. Témoin cette Cétoine grise juvénile encore pourvue de sa fine pilosité d’émergence. Elle ne tardera pas à la perdre.

Aussi trapue mais plus petite que sa cousine dorée, sa dominante noire est piqueté de taches blanches. Un  peu brouillonne sur les côtés des élytres, celles-ci sont plus sagement disposées en deux lignes longitudinales au centre, jusqu’à la tête vers laquelle elles convergent.

Ce décor un peu tristounet lui vaut son autre nom, le Drap mortuaire (Oxythyrea funesta), en référence aux tentures d’apparat des funérailles d’autan. À son pic, elle peut devenir envahissante, notamment sur les panicaults, les centaurées, les marguerites dont elle broute les étamines.

Si vraiment leur surnombre vous indispose, pas d’autres solutions que la collecte, d’autant plus facile qu’elle est d’une nature relativement « docile » et, dépourvue de dard, serait bien incapable de piquer !

Songez enfin que la Cétoine grise – comme toutes les cétoines – est utile au jardin, par ces larves qui se nourrissent de végétaux en décomposition. Elles participent ainsi à la « digestion » de votre compost.

Très peu de temps après l’émergence, la Cétoine grise juvénile prépare déjà la génération suivante !

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • La Cétoine grise avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Le Moro-sphinx

« Nocturne » mais vole tout le jour, record de vitesse, migrateur au long cours…  Le Moro-sphinx, un papillon hors norme !

Envergure maxi : 50 m. Visible de mars à octobre.

Beaucoup de papillons dits « de nuit » sont également visibles sous le soleil. Parmi eux, le Moro-sphinx (Macoglossum stellatarum), alias le papillon colibri, ne vole « que » le jour. Avec une très grande amplitude : quasi depuis l’aube jusqu’au crépuscule qu’il affectionne tout particulièrement.

Grande amplitude également au fil des saisons : le Moro-sphinx apparaît en avril, parfois même en mars, pour être visible au jardin jusqu’en octobre, en deux générations. C’est la chrysalide de la seconde génération qui hiverne sans les régions tempérées : une fin d’hiver très douce peut accélérer la métamorphose, pour un envol des premiers adultes bien avant le printemps.

Vol stationnaire

Le Moro-sphinx se reconnaît facilement. À son épaisse silhouette brun gris fuselée, à ses vibrantes ailles postérieures orangées et à son vol stationnaire. Lorsqu’il aborde une fleur (pour une à deux secondes !), il ne prend pas la peine de se poser. Il butine à la manière d’un colibri (d’où son nom vernaculaire), en se tenant à distance de la source de nectar qu’il cible avec une grande précision.

Et la voilà déjà parti ! Ici sur le romarin, là sur un capitule de pissenlit. 80 battements d’ailes par seconde pour une vitesse de croisière de 40 voire 50 km / h. Qui dit mieux ?

Enfin, le Moro-sphinx est également célèbre pour ses migrations au long cours. Même si, sous nos latitudes, c’est désormais une espèce souvent hivernante. En début d’été, il « monte » volontiers vers le nord pour élargir sa zone de répartition, pour « redescendre » vers le sud avant les premiers frimas. Il peut ainsi parcourir 2 à 3000 kilomètres pour pouvoir continuer à se reproduire sous le soleil.

En pause. Le Moro-sphinx prend alors sa tenue de camouflage, à dominante brun gris, avec deux lignes sinueuses brunes aux antérieures.

En octobre sur Aster lancéolé. On voit bien ici l’orangé vif des ailes postérieures. Pour compenser son  énergivore hyperactivité, le Moro-sphinx butine un bon millier de fleurs par jour, soit environ le double d’un papillon « ordinaire ».

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.

Photos JF Irastorza