Quelques bourdons du jardin

Comme les abeilles sauvages, les bourdons du jardin sont d’excellents pollinisateurs. Divers par leur taille et les couleurs de leur dense fourrure.

Premiers butineurs sur le pont dès la fin de l’hiver. Derniers encore en piste à la toute fin de l’automne. Ils sortent par tous les temps. Ou presque. Les bourdons du jardin “logent” le plus souvent sur place. Notamment dans des terriers abandonnés par les rongeurs.

Très éclectiques, ils participent activement à la pollinisation des fruitiers au printemps mais aussi du potager. Ainsi, tomates, aubergines, poivrons, fèves et haricots notamment leurs doivent beaucoup. Ils ont également un faible pour les aromatiques, du romarin à la sarriette en passant par le thym et la ciboulette.

Sans oublier les parasites !

On pense bien-sûr au plus massif d’entre deux, le Bourdon terrestre, mais le jardin en accueille quelques autres, tout aussi assidus. Le Bourdon des saussaies, légèrement plus menu mais qui lui ressemble beaucoup. Le petit Bourdon des champs à la fourrure rousse et le Bourdon des prés, plus discret encore, au lumineux collier jaune. Le Bourdon des pierres enfin à l’éclatant “cul roux”.

S’ils en imposent généralement, ils ne manquent pas de prédateurs parfois inattendus. Alors que les oiseaux s’abstiennent généralement, l’Araignée crabe par exemple n’hésite pas à s’y attaquer. Sans oublier les parasites ! La Volucelle bourdon notamment joue de son mimétisme pour aller pondre jusque dans leurs terriers. Et la femelle du Sicus ferrugineux, virtuose de la ponte en vol, les prend pour cible !

Sources : 

  • aramel.free.fr
  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.

Le Bourdon des pierres, alias le “Cul roux”, sur inflorescence de sarriette.

Le petit Bourdon des champs, alias le Bourdon roux, sur inflorescence d’Orpin d’automne.

Comme son nom l’indique, le Bourdon variable peut prendre plusieurs formes. La plus commune est très proche du Bourdon des champs. Dans sa forme Bombus humilis tristis, ici, il est principalement noir, avec la pointe de l’abdomen marquée de gris.

Le Bourdon des saussaies sur fleurs de Sauge bleue. Il en a perforé la corolle, au plus près du nectar, pour un butinage express.

Le très petit Bourdon des prés : collier jaune et pointe de l’abdomen rousse. Ici sur inflorescence de ciboulette.

L’imposant Bourdon terrestre sur inflorescence de Trèfle blanc.

Le Bourdon grisé. Petit échevelé poivre et sel. Pointe abdominale illuminé de roux.

Collier et ceinture jaunes sur fond noir pour la reine du Bourdon argileux.

Le Bourdon vestale : cul blanc et collier jaune, ce bourdon-coucou ressemble beaucoup à sa cible privilégiée, le Bourdon terrestre,  la ceinture dorée en moins !

Le Bourdon des rochers : bourdon-coucou dont la ressemblance avec le Bourdon des pierres facilite son intrusion dans le terrier de celui-ci.

Quelques parasites ou prédateurs des bourdons

La Volucelle bourdon, dans sa forme “Cul roux”, parasite du Bourdon des pierres.

La Volucelle bourdon, dans sa forme “Cul blanc”, parasite du Bourdon terrestre.

La Thomise variable, alias l’Araignée crabe, n’hésite pas à s’attaquer aux bourdons. Ici un Bourdon des prés.

La femelle du Sicus ferrugineux pond en vol, avec les Bourdons pour cible. Les oeufs adhèrent à la fourrure et sont alors transportés par les bourdons eux-mêmes jusqu’à leur nid où les larves se développeront aux dépens du couvain.

Conops à pattes jaunes sur feuille de marguerite.

Le Conops à pattes jaunes, un autre parasite spécialisé : les hyménoptères. Et surtout les bourdons. La femelle vient pondre jusque sur leur fourrure. les larves y pénètrent pour se développer à leurs dépens.

La Volucelle enflée (Volucella inflata) / Un jardin dans le Marais poitevin.

La progéniture de la Volucelle enflée est commensale des larves de bourdons. En principe, elle ne touche pas au couvain.

Syrphe des narcisses sur fleurs de sarriette.

Tous les “imitateurs” des bourdons ne sont pas forcément leurs parasites ! Témoin le Merodon equestris dont les larves se développent plutôt aux dépens des bulbes des narcisses.