Carte de géographie : la génération printanière

Deux générations, deux livrées bien différentes ! Mais toujours le même « réseau routier » au revers de la Carte de géographie.

Envergure maxi : 37 mm. Visible en avril-mai (génération printanière) et juin-septembre (génération estivale).

Drôle de nom pour un papillon ! La Carte de géographie le doit au revers de ses ailes postérieures, parcouru de lignes blanches à la manière d’un relevé cadastral. L’imagination aidant, on peut y voir les rues d’une ville, à la base des ailes, puis les routes et le parcellaire de la campagne environnante…

Les entomologistes du XVIIIe y voyaient plutôt une toile d’araignée. D’où le nom latin de l’espèce  (Araschnia levana). Mais il faut bien avouer que l’on pense plutôt aujourd’hui à Google maps et consorts  !

La Carte de géographie se distingue encore par son étonnant dimorphisme saisonnier. Avec un semi d’épaisses taches noires sur un lumineux fond orangé, actuellement, à l’émergence printanière, pour une assez courte première génération (avril-mai). Puis dans une dominante d’un noir profond animé de bandes blanches pour une génération estivale qui tient son pic en juillet et se prolonge jusqu’en septembre.

On jurerait deux espèces distinctes mais, quelle que soit la saison, le réseau routier est toujours là un revers des postérieures !

Difficile à voir sur le terrain : une ligne de petites taches bleues en marge externe des postérieures pour la génération printanière.

La génération estivale

Fines lignes submarginales orangées et bandes discales blanches sur fond noir pour la génération estivale.

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Jean-Pierre Moussus, Thibault Lorin et Alan Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • La Carte de géographie avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Mâle et femelle de l’Abeille charpentière

Sauriez-vous différentier mâle et femelle de l’Abeille charpentière ? Rien de plus simple : il suffit de regarder leurs antennes !

Taille maxi : 28 mm. Visible de février-mars à octobre-novembre. Pas d’anneaux d’or : ici une femelle.

Apanage du mâle. Un double anneau d’or près de l’extrémité des antennes. Plus précisément sur leurs articles 11 et 12 teintés de jaune orangé.

Sur le terrain, cette distinction entre mâle et femelle de l’Abeille charpentière (Xylocopas violacea) est assez facile à observer.

Sinon, l’allure générale est la même. Celle d’une solide abeille sauvage, noire et sonore, finement velue, évoquant un bourdon. Fumées, les ailes des deux sexes présentent des reflets bleu violacé caractéristiques selon l’angle d’observation. Impressionnante mais nullement agressive. La femelle peut certes piquer mais uniquement si on essaie de la manipuler.

Peu de temps après l’émergence printanière, l’accouplement est un rien attendrissant. Après un brusque « abordage », le mâle vient ainsi frotter ses anneaux d’or contre les antennes de sa partenaire avant d’entrer dans une surprenante transe copulatoire.

La femelle creuse alors son nid dans le bois mort (mais non pourri) d’une branche ou d’un tronc, parfois d’une poutre ou d’un vieux volet. Elle y aménage une quinzaine de loges avec de la sciure mêlée à de la salive. Un oeuf et une ration de pollen par loge : la génération sexuée nouvelle émergera en fin d’été. C’est elle qui passera l’hiver pour ne s’accoupler qu’au printemps suivant.

Mâle sur une fleur d’acanthe.

Mâle en été sur le Lupin arbustif en fleurs.

Femelle en été sur un panicule de Gattilier.

Femelle en été à l’approche d’une corolle de penstémon.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • L’Abeille charpentière avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Madame et Monsieur Azuré des nerpruns

Non, toutes les femelles « azurées » ne sont pas brunes ! Madame et Monsieur Azuré des nerpruns s’illuminent d’un même bleu violacé.

Envergure maxi : 31 mm. Visible de fin-février à mi-septembre, en deux générations.

Le dimorphisme sexuel est souvent très marqué chez les « p’tits bleus » du jardin. En fait, plus ou moins lumineux, le bleu est généralement l’apanage des mâles. Et c’est plutôt une dominante brune qui s’invite chez les femelles. Sauf chez Madame et Monsieur Azuré des nerpruns. Les deux sexes arborent ainsi des nuances de bleu assez proches aux reflets violacées.

Ils ne sont pas pour autant rigoureusement identiques. Madame présente ainsi une large bande noire à l’apex des antérieures et une ligne de pointillés noirs en marge externe des postérieures. Monsieur en est dépourvu. Il se contente d’un fin liseré noir en marge externe des antérieures.

Les deux se retrouvent au revers, avec une dominante bleue le plus souvent assez terne, ponctuée de tirets postdiscaux aux antérieures et d’un semis de petits points noirs qui semble aléatoire aux postérieures. Autre caractéristique commune : une alternance noire et blanche sur les tarses et les antennes.

L’Azuré des nerpruns passe l’hiver à l’état de chrysalide. C’est le premier « p’tit bleu » à émerger dès fin-février début mars. Vous pouvez le rencontrer au jardin jusqu’en septembre-octobre, en deux générations, avec des pics en avril puis en juillet-août.

L’alternance blanche et noire des antennes et des tarses est ici bien visible.

La femelle a inspiré l’autre nom de l’espèce : l’Argus à bande noire. Avec un bleu souvent plus éteint que chez le mâle.

Le fond bleu ciel du mâle est particulièrement lumineux sous le soleil.

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Jean-Pierre Moussus, Thibault Lorin et Alan Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • L’Azuré des nerpruns avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza