
Comment se camoufler quand on arbore une tenue jaune orangé ? La Belle-Dame n’a que l’embarras du choix avec le paillis du potager.

Envergure maxi : 65 mm. Visible de mars à septembre-octobre.
Elle peut avoir le vol et le butinage spectaculaires. Mais ce matin, la Belle-Dame (Cynthia cardui) semble vouloir prendre un bain de soleil incognito. Elle fait ainsi halte sur le paillis des tomates. Sa livrée, un peu passée il est vrai, s’y fond dans les contrastes mordorés des feuilles mortes.
D’ordinaire d’un jaune orangé soutenu, la dominante est devenue plus fauve. Elle n’en retient pas moins d’attention, parsemée de points et de taches sombres, en écho à la pointe brune mouchetée de blanc des ailes antérieures. C’est à peine si on perçoit les reflets bleutés du thorax particulièrement velu.
Lorsqu’elle s’envole, boudant les fleurs, c’est pour se reposer sur une feuille de tomate. Les ailes vite repliées. Paradoxalement, sa posture favorite de camouflage est là presque plus voyante. L’orangé des antérieures ressort en effet davantage. Apparemment plus sobres, les postérieures jouent de multiples nuances beiges, brunes et fauves que souligne un fin réseau de lignes blanches. Quatre petits ocelles pointés de noir parachèvent ce décor finalement très structuré.
Ce n’était qu’une halte. La Belle-Dame disparaît bientôt. Pas assez de chardons et de cirses sans doute à son goût au jardin !

Grande migration

La Belle dame ne se hasarde pas à hiverner sur place. Dès l’approche des premières gelées, elle se lance dans une longue migration qui la conduit, en troupes populeuses, vers le sud où elle poursuit les cycles de ses générations successives. Ce sont ainsi des individus méridionaux qui, en retour, reviennent coloniser nos contrées au printemps.

Début juin. Incontournable visite de la scabieuse du jardin !

Belle-Dame sur Menthe des champs dans une prairie voisine.

Fin août. La Belle-dame resplendissante : la couronne d’or des zinnias lui va si bien !

Fin mai. Première visite printanière sur la Sauge des bois.

Fin août. On peut toujours compter sur la menthe des prairies humides en cette fin d’été caniculaire…

Mi octobre. Le plein d’énergie sur les Cirses des champs, avant la longue migration automnale vers le sud.
En savoir plus :
- Guide pratique des papillons de jour, Jean-Pierre Moussus, Thibault Lorin et Alan Cooper, 2022, Delachaux & Niestlé.
- La Belle-Dame avec le site conservation-nature.fr
Photos JF Irastorza