La Poliste stylopisée

Poliste stylopisée.

« Habitée » par de petits insectes parasites, la Poliste stylopisée oublie sa colonie : elle butine et chasse pour ses étranges invités !

Poliste stylopisée.Stylopisée ? Ce n’est pas le nom de cette guêpe aux antennes orangées. Voilà plutôt une Poliste dominula. Autrement dit une Poliste gauloise. Ou « un » puisque le masculin est également en usage. Quoiqu’il en soit, l’étrange qualificatif indique simplement que ladite guêpe est parasitée.

Ainsi, la Poliste stylopisée héberge un ou plusieurs petits insectes, de l’ordre des strepsiptères – les Stylopidae – aux moeurs très étranges. Leurs larves s’insinuent sous les plaques abdominales de leurs hôtes involontaires. Pour s’y incruster et s’y développer en syphonant leurs fluides internes. Au point de déformer et de soulever lesdites plaques. Ce qui est bien visible ici. Cela dit, selon les angles de vue, on ne s’aperçoit de rien.

Les intrus devenus adultes, seuls les mâles quittent la Poliste pour s’envoler en quête de femelles. Lors de l’accouplement, celles-ci ne sortent qu’à demi de leur « chambre d’hôte » pour s’y réfugier à nouveau sitôt la chose faite. Les mâles se laissent alors mourrir. Et les femelles sont bientôt dévorées par leurs propres larves.

Quand à la Poliste, elle retourne au nid qu’elle avait jusqu’alors délaissé. Au contact de ses congénères, elle facilite ainsi la dissémination des jeunes larves parasites qui sautent sur les premières guêpes venues. Pour s’y enfermer. Et ainsi de suite.

Sources : 

Pattes jaunes, antennes orangées, joues et clypéus jaune : parfaitement inoffensive, la Poliste gauloise est un bon auxiliaire au potager où elle participe à la régulation des insectes ravageurs. En temps normale, elle chasse butine et au jardin pour apporter sucre et protéines aux larves de sa colonie. Mais, stylopisée, elle oublie celle-ci

Chenille de la Psychée lustrée et son fourreau / Un jardin dans le Marais poitevin.

Toute proportion gardée, la vie recluse des Stylopidae fait penser à celle de la Psyché lustrée. Pas de parasitisme dans ce cas. Il s’agit d’une chenille qui, sitôt éclose, se construit un étui protecteur qu’elle ne quittera jamais. Seuls les mâles deviennent papillons et s’envolent en quête d’une femelle. Pour mourrir sitôt l’accouplement. Quant à ladite femelle, dépourvue d’ailes, elle ne quitte même pas son fourreau de brins d’herbes sèches pour s’accoupler. Elle s’y renferme tout aussitôt pour y pondre… et mourir !

 

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