La belle envahissante

La jussie à grandes fleurs

Superbe et très mellifère. Mais ô combien invasive ! Rien n’arrête la Jussie à grandes fleurs dans les fossés du Marais poitevin.

C’est pourtant vrai qu’elle est belle. Hélas ! Car c’est bien pour les qualités ornementales de son feuillage et de son abondante floraison jaune vif que la Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) a été introduite en Europe au XIXe siècle. Originaire d’Amérique du sud, elle a fini par échapper aux bassins qui lui étaient destinés pour prendre ses aises dans la plupart des zones humides. Notamment dans le Marais poitevin.

Une calamité en vérité. La colonisation est telle en effet que toute autre végétation s’asphyxie. Dans les fossés plus ou moins envasés et même les “baisses” des prairies. 

Seule consolation, les éclatantes fleurs à cinq pétales sont très mellifères. Cela dit, la Jussie n’a pas vraiment besoin des abeilles pour proliférer. Elle compte surtout sur ses stolons et sa grande facilité de marcotage.

Et la belle n’a guère de “prédateur” pour en limiter l’expansion. Le ragondin peut-être en grignote-t-il un peu. Lui aussi a été introduit d’Amérique du sud au XIXe siècle. Avec le succès que l’on sait.

En savoir plus sur la Jussie à grandes fleurs avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Découvrir le Plan de maîtrise de la prolifération des jussies dans le Marais Poitevin  par l’Institution interdépartementale du bassin de la Sèvre niortaise (IIBSN)

Fossé envahi par la Jussie à grandes fleurs.

Dans les fossés envahis, la jussie étouffe la végétation autochtone et, avec elle, la biodiversité animale s’étiole par manque de lumière.

La Jussie à grandes fleurs ne se contente pas des berges : amphibie et rampante, elle ne tarde pas à envahir les fossés plus ou moins envasés.

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Le coton maraîchin

Abeille sur fleurs d'Épilobe velu.

Outre ses vigoureux stolons, l’Épilobe velu peut compter sur les aigrettes de ses graines pour se propager. Une matière première tombée en désuétude.

Abeille sur fleurs d'Épilobe velu.Sur les prairies humides comme au bord des fossés ou de la Sèvre, l’Épilobe velu (Epilobium hirsutum) a déjà commencé la dispersion de ses graines. Aigrettes et vent aidant. La canicule et la sécheresse ont hâté le mouvement. Pourtant, le temps plus clément et les pluies du début août semblent avoir redonné du tonus à Abeille sur fleurs d'Épilobe velu.cette solide maraîchine. Et c’est donc reparti pour une nouvelle et abondante salve rose vif !

Très prisées par les abeilles, les petites fleurs veinées de violet sont reconnaissables entre toutes. D’abord avec quatre pétales largement échancrés d’où émerge un long style blanc doté de quatre stigmates en croix. Ensuite, et peut-être surtout, avec un très long calice pourpre et vert aux allures de pétiole.

Hirsute, comme l’ensemble des tiges, c’est la future gousse qui, après le passage des abeilles, la fleur étant tombée, se gonflera pour éclater bientôt et libérer des centaines de petites graines aux longues aigrettes blanchâtres. Jadis récoltées, séchées et filées, celles-ci constituaient une matière première inattendue pour la fabrication de mèches rustiques. Le coton des maraîchins.

En savoir plus sur l’Épilobe velu avec le site abiris.snv.jussieu.fr, identification assistée par ordinateur.

Découvrir d’autres plantes sauves du jardin et ses alentours

Graines à longue aigrette de l'Épilobe velu.

 

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L’herbe aux papillons

Vulcain sur Eupatoire chanvre.Ancienne médicinale, familière des zone humides, très prisée par les papillons notamment, l’Eupatoire chanvrine amorce sa floraison en cette fin d’été.

Amaryllis sur Eupatoire chanvrine.Rabelais fait allusion à l’Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum) dans les derniers chapitres de son Tiers-Livre. Sans doute l’a-t-il rencontrée lors de son séjour de jeunesse à Maillezais. Dans ce qui allait devenir le Marais poitevin alors en cours d’aménagement… Il en fait la forme « saulvaginée » d’une « herbe Azuré des nerpruns sur Eupatoire chanvrine.merveilleuse » dont son héros aurait découvert et expérimenté les « admirables vertus ». Le Pantagruelion. Autrement dit le chanvre.

Quoiqu’il en soit, voilà bien une haute et solide plante familière des milieux humides. À deux pas du jardin, elle fait bon ménage avec la Pulicaire sur les rives de la Sèvre. Ses capitules pourpre pâle s’épanouissent en cette fin d’été. Le parfum n’en est pas forcément agréable. Il n’en séduit pas moins les papillons. Du Vulcain à l’Amaryllis en passant par l’Azuré des nurpruns.

Les feuilles de l’Eupatoire chanvrine étaient jadis réputées cicatrisantes et ses racines purgatives. On récoltait celles-ci et les tiges à l’automne. « Quand les cigales commencent à s’enrouer ». Pour reprendre la plaisante expression de Rabelais.

En savoir plus sur l’Eupatoire chanvre avec le site abris.snv.jussieu.fr (Identification assistée par ordinateur)

Familière des milieux humides, l’Eupatoire chanvrine fait bon ménage avec la Pulicaire, ici sur les berges de la Sèvre niortaise.

Pas seulement les papillons ! Les mouches aussi apprécient les capitules pourpres de l’Eupatoire. À commencer par la plus grosse d’entre elles, l’Échinomye corpulente.

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