Lanière après lanière

Orchis bouc / Un jardin dans le Marais poitevin.

La large rosette semblait inerte depuis des lustres. Elle s’est réveillée au printemps et commence aujourd’hui fleurir. Un Orchis bouc au jardin. Comme quoi le calcaire est bien encore présent dans ce coin de marais.

Autant le dire d’emblée. Le qualificatif de cette étonnante orchidée sauvage ne fait pas allusion aux cornes de l’animal. L’Orchis bouc (Himantoglossum hircinim) fait plutôt référence à son odeur ! Mais que l’on se rassure. Il faut vraiment avoir le nez sur l’épi floral pour en percevoir les relents. Et encore. Un jeune bouc sans doute !

Cela dit, l’odeur est bien là et c’est, une nouvelle fois, une de ces duperies dont la famille des orchidées a la secret. Pas de nectar mais un « fumet » propre à attirer les butineurs.

La surprise vient dès l’éclosion des petits boutons floraux. Un « serpentin » brun-rouge sort en premier et se déroule pour pendre en longue spirale, cantonné de deux autres fines lanières beaucoup plus courtes. Il s’agit des trois « lobes » du labelle qui, à l’entrée du « casque », se fait blanc maculé de pourpre.

Dans les parties enherbées du jardin, l’Orchis bouc est resté plusieurs années à l’état de rosette rase. La haute hampe s’est développée très lentement depuis le début du printemps. Elle frise aujourd’hui le mètre et commence à s’épanouir. Lanière après lanière. Profitons-en. Il n’est pas certain qu’il refleurisse de sitôt. Les boucs n’en font qu’à leur tête !

En savoir plus sur l’Orchis bouc avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Découvrir deux autres orchidées sauvages du jardin : l’Ophrys abeille et l’Orchis pyramidal

Orchis bouc / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

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Du pollen en veux-tu en voilà !

Abeilles butinant et à l'approche d'une fleur de la Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

Chaque chose en son temps. La Ronce commune fait actuellement grand étalage de pollen. C’est pour mieux préparer notre gourmandise de la fin d’été.

Syrphes sur fleurs de Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.La confiture de mûres, ce sera dans quelques semaines. Syrphes, abeilles et bourdons commencent à y travailler activement dans les haies. La Ronce commune amorce en effet sa floraison. La concurrence est certes rude auprès des butineurs mais, pour un amateur de nectar ou de pollen, il n’y a pas photo ! Même l’Oedémère noble et le Myrtil sont de la partie !

Abeille et Oedémère noble sur fleur de Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.Les cinq pétales blanc-rosé s’étalent largement, puis se rabattent vers l’arrière, libérant un impressionnant bouquet d’étamines.

Blanc-rosé également, les petits sacs de pollen sont légion. Les carpelles ne le sont pas moins. Plus discrètement ramassés en petit fagot, Myrtil sur fleur de Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.au centre, ils ne tarderont pas à être fécondés dans tout ce remue-ménage ! Chacun d’entre eux deviendra une des petites drupes, noires, parfumées et juteuses, agglomérées au sein de la future mûre.

La maturation va s’opérer tout l’été. Pour l’heure, pas d’inquiétude, même si les nuits sont encore fraîches. Pour ne pas dire froides en cette mi-juin. La Ronce commune est moins exigeante que tomates, aubergines, piments et courgettes qui commencent à s’impatienter au potager !

Abeille sur fleur de Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

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Du plus gros au plus petit

Guêpe sur fleur de Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il n’est pas forcément besoin d’avoir la floraison tapageuse ! Celle de la Scrofulaire aquatique est aussi discrète qu’attractive.

Syrphe sur fleur de Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.Comme  une marquise au-dessus de la porte d’entrée. La lèvre supérieure à deux lobes de la Scrofulaire aquatique (Scrophularia auricula) est parfois comparée à des oreillettes. D’où son qualificatif latin.  Elle protège les quatre étamines jaunes à peine débordants de la petite corolle béante. D’un brun rouge soutenu, c’est aussi un signal à l’adresse des butineurs.

Du plus gros au plus petit, ils semblent apprécier. Qui le nectar. Qui le pollen. Avec plus ou moins de délicatesse. L’avidité de la guêpe paraît ainsi presque disproportionnée au regard de la minuscule fleur. Elle s’y agrippe fermement, la tête plongée sous la “casquette” rouge. Le Syrphe est plus subtile. Son vol stationnaire lui permet en effet de se régaler en prenant tout juste appui du bout de pattes.

Feuille de la Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.Les pieds dans l’eau, la Scrofulaire aquatique compte parmi les vigoureuses hôtes des rives de la Sèvre. Outre ses discrètes grappes florales, elle est remarquable par la section carrée de ses hautes tiges ramifiées. Comme par ses feuilles ovales et dentées joliment nervurées. Avec un pétiole pourvu de deux oreillettes. Décidément ! 

En savoir plus sur la Scrofulaire aquatique avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Grappe florale de la Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

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