La Lysimaque col de cygne

Lysimaque col de cygne et Myrtil femelle.

Appréciée des butineurs, la Lysimaque col de cygne se distingue au jardin par l’originalité et l’élégance de ses épis floraux.

Lysimaque col de cygne et Xylocope.

Dans le Marais poitevin, on a davantage l’habitude de la Lysimaque commune, cette vigoureuse vivace à fleurs jaune vif qui colonise prairies humides et bords de conches. Une petite mélitte lui est inféodée : faute de nectar, l’abeille sauvage y récolte une huile à nulle autre pareille, tant pour nourrir sa progéniture, en mélange avec du pollen, que pour hydrofuger son nid.

Originaire d’extrême orient, sa cousine, la Lysimaque col de cygne (Lysimachia clethroides) s’adapte très bien au marais. Tant que ses racines traçantes y trouvent une terre souple et humide ! Gare donc à l’’envahissement.

Contrairement à l’autochtone, ses petites fleurs étoilées, blanches, produisent un nectar très apprécié des butineurs. Des fleurs regroupées en élégants épis horizontaux. Renflés à la base, ils vont s’amenuisant et relèvent la pointe dans un délicat mouvement qui vaut son nom à l’espèce.

Lysimaque col de cygne et Isodonte mexicaine.

Col de cygne et Myrtil.

Au fur et à mesure de leur pollinisation, les fleurs fécondées perdent leur corolle. D’un côté commence ainsi la maturation des graines, de l’autre l’épi poursuit son éclosion par couronnes successives.

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Photos JF Irastorza

 

Le Chardon bleu et les guêpes

Chardon bleu et Eumène unguiculé.

Dans ce drôle d’été, si peu favorable aux butineurs, le Panicaut, alias le Chardon bleu, tire bien son épingle du jeu. Notamment auprès des guêpes.

Chardon bleu et Scolie hirsute.Oh bien sûr, abeilles sauvages, bourdons et papillons ne se privent pas d’une aussi généreuse source de nectar et pollen. Le Panicaut, alias le Chardon bleu (Eryngium planum), accueille aussi actuellement nombre de coléoptères, dont le Lepture fauve, et de punaises, surtout le Graphosome italien.

Mais ce sont les guêpes qui, et de loin, dominent ce cortège si diversifié. À commencer par la plus imposante qui soit. L’élégant Eumène unguiculé y côtoie ainsi la noire Isodonte mexicaine, du Poliste gaulois et de la Scolie hirsute, facilement reconnaissable à ses deux larges bandes jaunes.

En cette saison, on a l’habitude de les voir fureter ici et là au jardin. En quête de chenilles, de sauterelles et autres insectes destinés au garde-manger protéiné de leurs couvains. Volontiers carnivores pour elles-mêmes, elles n’en apprécient pas moins le nectar. Et celui du Panicaut semble particulièrement revigorant. Pour mieux repartir en chasse.

Chardon bleu et Isodonte mexicaine.

Chardon bleu et Poliste gaulois.

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Photos JF Irastorza

 

L’été de l’Andrène à pattes jaunes

Andrène à pattes jaunes sur panicaut en fleurs.

L’été de l’Andrène à pattes jaunes ne durera guère : le temps d’approvisionner le nid terricole de la future génération printanière.

Andrène à pattes jaunes sur panicaut en fleurs.

C’est une des premières abeilles sauvages de l’année. L’Andrène à pattes jaunes (Andrena flavipes) émerge au sortir de l’hiver, dès les premiers beaux jours. On la rencontre alors sur les pissenlits et les pâquerettes puis sur les arbres fruitiers en fleurs. Mirabelles, cerises, pommes et poires leur doivent beaucoup !

Cette première génération disparaît au milieu du printemps, courant mai, laissant derrière elle des nids terricoles que le soleil de la mi-juin semble avoir « réveillés ». La génération estivale de l’Andrène à pattes jaunes arrive donc ces jours-ci et ne perd pas son temps…

Voilà déjà en effet les premières femelles aux pattes arrière chargées de pollen. Sitôt accouplées, sitôt au travail ! La couleur des brosses de collecte (jaune-orangé « à vide », d’où le nom de l’espèce) dépend désormais des fleurs visitées. Le jaune vif ici suggère la récente visite des marguerites voisines.

Quoi qu’il en soit, le temps passera très vite pour cette génération qui s’évanouira lorsque l’approvisionnement des nouveaux nids terricoles sera terminé. Pour une nouvelle émergence programmée en février-mars.

Andrène à pattes jaunes sur panicaut en fleurs.

Le nectar puisé sur le panicaut, emmagasiné dans le jabot puis mélangé au pollen transporté sur les pattes arrière, garnira le garde-manger des futures larves au creux du nid terricole.

Andrène à pattes jaunes sur panicaut en fleurs.

Le panicaut fournit ici l’ensemble des provisions : le nectar comme le pollen blanc crème qui masque la couleur jaune orangé des brosses de collecte.

Vous avez dit « pattes jaunes » ?

Madame Andrène à pattes jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

On voit bien ici, sur cette femelle de la génération printanière, la couleur jaune orangé des brosses de collecte « vides »sur les pattes arrière. Plutôt orangée d’ailleurs. Mais c’est le qualificatif jaune qui a été retenu pour le nom de l’espèce.

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Photos JF Irastorza