La Lysimaque col de cygne

Lysimaque col de cygne et Myrtil femelle.

Appréciée des butineurs, la Lysimaque col de cygne se distingue au jardin par l’originalité et l’élégance de ses épis floraux.

Lysimaque col de cygne et Xylocope.

Dans le Marais poitevin, on a davantage l’habitude de la Lysimaque commune, cette vigoureuse vivace à fleurs jaune vif qui colonise prairies humides et bords de conches. Une petite mélitte lui est inféodée : faute de nectar, l’abeille sauvage y récolte une huile à nulle autre pareille, tant pour nourrir sa progéniture, en mélange avec du pollen, que pour hydrofuger son nid.

Originaire d’extrême orient, sa cousine, la Lysimaque col de cygne (Lysimachia clethroides) s’adapte très bien au marais. Tant que ses racines traçantes y trouvent une terre souple et humide ! Gare donc à l’’envahissement.

Contrairement à l’autochtone, ses petites fleurs étoilées, blanches, produisent un nectar très apprécié des butineurs. Le Myrtil y côtoie ainsi le Xylocope, l’Isodonte mexicaine et l’Eumène unguiculé… Des fleurs regroupées en élégants épis horizontaux. Renflés à la base, ils vont s’amenuisant et relèvent la pointe dans un délicat mouvement qui vaut son nom à l’espèce.

Lysimaque col de cygne et Isodonte mexicaine.

Col de cygne et Myrtil.

Au fur et à mesure de leur pollinisation, les fleurs fécondées perdent leur corolle. D’un côté commence ainsi la maturation des graines, de l’autre l’épi poursuit son éclosion par couronnes successives.

En savoir plus : 

 

Le Chardon bleu et les guêpes

Chardon bleu et Eumène unguiculé.

Dans ce drôle d’été, si peu favorable aux butineurs, le Panicaut, alias le Chardon bleu, tire bien son épingle du jeu. Notamment auprès des guêpes.

Chardon bleu et Scolie hirsute.Oh bien sûr, abeilles sauvages, bourdons et papillons ne se privent pas d’une aussi généreuse source de nectar et pollen. Le Panicaut, alias le Chardon bleu (Eryngium planum), accueille aussi actuellement nombre de coléoptères, dont le Lepture fauve, et de punaises, surtout le Graphosome italien.

Mais ce sont les guêpes qui, et de loin, dominent ce cortège si diversifié. À commencer par la plus imposante qui soit. L’élégant Eumène unguiculé y côtoie ainsi la noire Isodonte mexicaine, du Poliste gaulois et de la Scolie hirsute, facilement reconnaissable à ses deux larges bandes jaunes.

En cette saison, on a l’habitude de les voir fureter ici et là au jardin. En quête de chenilles, de sauterelles et autres insectes destinés au garde-manger protéiné de leurs couvains. Volontiers carnivores pour elles-mêmes, elles n’en apprécient pas moins le nectar. Et celui du Panicaut semble particulièrement revigorant. Pour mieux repartir en chasse.

Chardon bleu et Isodonte mexicaine.

Chardon bleu et Poliste gaulois.

Étrange été ! Est-ce le contrecoup du printemps pourri ? À la mi juillet, malgré la profusion de fleurs et leur diversité, les butineurs ne sont guère légion au jardin. Sauf autour du Chardon bleu dont nectar et pollen font l’unanimité.

En savoir plus : 

 

Ingénieuse Sauge sclarée !

Sauge sclarée et abeille charpentière.

La Sauge sclarée a mis au point un « mécanisme » bigrement efficace pour poudrer de pollen les butineurs de passage !

Sauge sclarée et abeille charpentière.La « leçon de chose » est aussi simple que spectaculaire avec l’ingénieuse Sauge sclarée (Salvia sclarea), alias la Toute-bonne ! À la mesure de cette solide plante rameuse dont les fleurs étagées sont présentées par trios, comme autant d’offrandes, au creux de bractées dont les coupelles hésitent entre blanc, vert et rose violacé…

Pourquoi ingénieuse ? Le mieux est de laisser un butineur en faire la démonstration. Une abeille charpentière en l’occurrence. C’est dire si le « dispositif » est de belles dimensions !

Lorsque l’abeille approche, les corolles ne laissent (presque) rien deviner. La lèvre inférieure est souvent un peu usée à force de fréquents atterrissages. Dressée juste au dessus, en forme de faucille, la seconde lèvre semble au garde à vous. 

La mécanique est imparable. Le « déclic » survient lorsque l’abeille se pose : la faucille s’entrouvre, deux étamines se rabattent automatiquement et les anthères poudrent de pollen la fourrure noire. Elles « remontent » dans leur fourreau protecteur dès que l’abeille s’envole. 

Il suffit alors que, dans ses allées et venues, la visiteuse abandonne d’une fleur l’autre quelques grains de pollen sur le style bifide qui pend à l’extrémité de la « faucille ». Et le tour est joué !

Sauge sclarée et abeille charpentière.

Ledit mécanisme est le lot de la plupart des sauges et de bien des fleurs à deux lèvres. Certes, mais avec la Sauge sclarée, également avec la Sauge argentée,  il se fait très « visuel » et facile à observer.

Souvent, l’abeille charpentière relève l’abdomen qui se couvre alors davantage de pollen… et vient effleurer le style bifide.

Sauge sclarée et abeille charpentière.

Avec l’acanthe actuellement, la Sauge sclarée est une des fleurs préférées de l’abeille charpentière.

En savoir plus :