L’Eucère longicorne

Eucère longicorne, mâle, sur fleur de pommier.

Les longues antennes de l’Eucère longicorne mâle sont d’autant plus sensibles aux phéromones. Et à la supercherie de l’Ophrys abeille !

Eucère longicorne, mâle, sur fleur de pommier.C’était il y a quelques semaines sur un des fruitiers en fleurs… Dans l’effervescence des butineurs, une abeille sauvage singulière. Et pas seulement en raison de son thorax roux. Car, comme son nom le suggère, c’est surtout par ses antennes que se distingue l’Eucère longicorne (Eucera longicornis). 

De longues, très longues antennes. Un peu encombrantes d’ailleurs au coeur des corolles de pommier ! Ces spectaculaires attributs sont l’apanage du mâle. Un peu comme chez l’Halicte de la scabieuse dont la femelle est plus modestement « encornée ». 

Cela dit, depuis cette fugitive apparition printanière, plus de longues antennes à l’horizon…  Pas même à proximité de la colonie d’Ophrys abeille dans les parties enherbées du jardin. Les mâles de l’Eucère longicorne sont pourtant réputés être amateurs des « sex-toys » de la belle orchidée sauvage. Encore faut-il être là au bon moment pour l’y surprendre.

Source : 

Ophrys abeille. Faute de nectar, une supercherie à l’attention des abeilles mâles ! Avec un labelle aux allures d’abeille femelle. Jusqu’à la diffusion de phéromone.

L’Halicte de la scabieuse : une autre abeille sauvage dont le mâle arbore de très longue antennes.

 

Please follow and like us:

La petite Osmie rousse

Osmie rousse sur fleur de bourrache.

On la repère facilement à sa brosse ventrale orangé. Toujours en mouvement, l’Osmie rousse n’est pas pour autant facile à observer lorsqu’elle butine.

Osmie rousse sur fleur de bourrache.Aussi minuscule que trapue, l’Osmie rousse (Osmia rufa), alias l’Osmie à deux cornes (Osmia bicornis), frise tout au plus le centimètre. Comme sa cousine, l’Osmie cornue (Osmia cornuta), elle porte deux étranges petites cornes sur une tête entièrement noire. Entre antennes et mandibules. 

Osmie rousse sur fleur de bourrache.La confusion entre les deux cousines est cependant impossible. L’Osmie cornue est en effet plus imposante (1,5 cm). Elle présente surtout une fourrure plus voyante et tranchée. Rouge brique sur l’abdomen, noire intense sur le thorax et la tête. Celle de la petite Osmie rousse est plus sobre.

Au gris-jaune du pourpoint succèdent le brun-orangé de l’abdomen puis le noir le l’extrême pointe. Finalement, c’est la face ventrale qui se repère le mieux, avec une brosse collectrice de pollen dense et franchement rousse.

Sans surprise, le mâle est un peu plus petit encore. Et plus discret. S’il présente des antennes plus longues que celles de la femelle, sa livrée est globalement plus terne. Et, comme chez Cornuta, il ne présente pas de cornes mais une toupet grisâtre au front.

Sources : 

Pas de “cornes” chez le mâle mais un toupet grisâtre au front. À noter le dessin des nervures des ailes antérieures et notamment les deux cellules sub-marginales, bien visibles ici, caractéristiques de la famille des mégachiles dont sont membres les osmies.

Une taille plus imposante, une fourrure noire et brique plus tranchée pour l’Osmie cornue.

Please follow and like us:

La Nomade rousse

Nomade rousse.

Dans la série des “abeilles coucous”, voici la Nomade rousse. Abdomen rayé de jaune, thorax et tête rougeâtres, le reste à dominante rouille.

Elle a un look de petite guêpe. Mais c’est bien une abeille sauvage. À peine 12 mm. Avec un abdomen un peu épais. Rayé de jaune vif. L’ensemble du corps est par ailleurs à dominante rouille. Du bout des pattes à celui des antennes. Y compris les yeux. La Nomade rousse (Nomada lathburiana) est presque glabre, sauf sur le thorax et la tête qui présentent une fine pilosité rougeâtre. 

Elle vient d’émerger au jardin. En même temps que les andrènes. En particulier les andrènes cendrées. Normal. Puisqu’elle se reproduit à leur dépend. La Nomade rousse est en effet une « abeille coucou ». Autrement dit, elle installe sa progéniture dans le nid d’un hôte involontaire.

À cette fin, elle cible et surveille quelques entrées de terriers. Un sixième sens semble l’avertir des pontes récentes. Elle profite alors de l’absence de la maîtresse des lieux pour entrer dans le nid et y pondre à son tour. Ses larves dévoreront le couvain puis les réserves de nectar et de pollen… Cela n’empêche pas la Nomade rousse de butiner. Mais pour son seul propre compte !

Source : 

L’Andrène cendrée parmi les cibles favorites de la Nomade rousse.

Autres “abeilles coucous” du jardin : l’Epeolus fallax spécifiquement attachée à la Collète du lierre…

… et la Coelioxys inermis qui cible les nids de ses cousines mégachiles.

Please follow and like us: