L’Eucère troussée

Eucère troussée sur capitule de pulicaire.

Petite abeille aux yeux verts, l’Eucère troussée se distingue notamment par une épaisse brosse tibiale, pour récolter ici le pollen de la Pulicaire.

Eucère troussée et Pulicaire dysentérique.Sa cousine l’Eucère dentée (Tetraloniella dentada) a abondamment fréquenté le jardin cet été. Des cosmos aux rudbéckias en passant par l’origan et la scabieuse. En ce début d’automne, voilà donc une petite abeille sauvage assez semblable. Presqu’exclusivement sur les capitules jaunes de la Pulicaire dysentérique. Des rives de la Sèvre niortaise aux prairies humides du marais alentours

Sans doute s’agit-il de l’Eucère troussée (Tetraloniella alticincta). Rondelette elle-aussi, noire rayée de blanc-crème, les yeux également émeraude, la brosse tibiale tout autant généreuse… Son allure est toutefois moins échevelée.

Comme toujours chez les Eucères, les mâles se distinguent par leurs longues antennes. Et, dépourvus de brosses collectrices, par leur butinage en dilettante. Passé le temps des amours, en effet, seules les femelles s’activent dans une incessante récolte de nectar et de pollen. Pour garnir le garde-manger souterrain de leur progéniture. À voir la couleur joliment dorée de leur épais manchon, on devine combien ces dames sont, sinon inféodées, du moins très fidèles aux fleurons de la pulicaire.

Sources : 

Eucère troussée et Pulicaire dysentérique.

Courtes antennes et épais manchon aux pattes arrière pour les femelles.

Longues antennes et butinage en dilettante : les mâles apprécient aussi la Pulicaire dysentérique.

Une proche cousine, l’Eucère dentée, ici sur le coeur noir d’un rudbéckia.

Les Eucères sont difficiles à identifier. Avec un point commun d’une espèce l’autre : les très longues antennes des mâles.

 

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L’Andrène pieds-poilus

Andrène pieds-poilus sur Moutarde blanche.

Du pollen plein les pattes ! Des métatarses jusqu’aux “hanches”, les brosses de l’Andrène pieds-poilus tranchent sur un corps noir par ailleurs quasi glabre.

Andrène pieds-poilus sur Moutarde blanche.Tête, thorax et abdomen noirs. Quasi glabres. Le contraste est d’autant plus saisissant avec la foisonnante pilosité blanchâtre des pattes arrière. Notamment la brosse emblématique des Andrènes, ici abondamment touffues, à la base des fémurs, débordant largement sur les “hanches”. Mais les soies ne s’arrêtent pas là : elles envahissent fémurs, tibias et même métatarses arrière de cette petite abeille sauvage rondelette. 

Peut-être s’agit-il de  l’Andrène pieds-poilus comme disent nos amis Belges (Andrena pilipes). Le nom en tous cas lui va bien. Quoiqu’il en soit, la pilosité prend ici une tonalité jaune pâle, en harmonie avec pétales et anthères de la Moutarde blanche (Sinapis alba). L’engrais vert a trouvé là une adepte particulièrement assidu !

Voilà donc une femelle pour le moins bien équipée pour la collecte du pollen. Elle boude le trèfle des allées, les sauges, les cosmos et les zinnias, même la planche de phacélie ! Elle préfère celle de la jaune crucifère. Nectar et pollen y sont si facilement accessibles !

Sources :

Andrène pieds-poilus sur Moutarde blanche.

Un corps noir presque glabre. Hormis les pattes arrière naturellement mais aussi, notamment, quelques discrètes soies blanchâtres à l’avant du thorax et une touffe de poils noirs à la pointe de l’abdomen.

 

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Coucou d’automne

Epeolus phallax sur capitule de Pulicaire dysentérique.

Une discrète abeille sauvage noire aux marques feutrées blanches. L’Epeolus phallax guette la Collète du lierre. Pour parasiter son nid.

Epeolus phallax sur capitule de Pulicaire dysentérique.Il y a des signes qui ne trompent pas. Ainsi, l’émergence de la petite abeille Epeolus fallax annonce à coup sûr l’arrivée de l’automne. Il est vrai qu’elle est, indirectement, inféodée à la floraison du lierre. Cela ne saurait tarder.

Indirectement ? En fait, c’est une autre abeille, la Collète dite « du lierre » justement, qui, chaque année, fin septembre début octobre, butinent assidument les petits disques verdâtres suintant de nectar. Pour l’amasser dans le garde-manger de ses larves.

Pour l’heure, alors que la Collète elle-même émerge à peine à son tour, l’Epeolus fallax est déjà sur le pont. Elle prend des forces. Dans une quinzaine de jours tout au plus il lui faudra s’accoupler et, pour la femelle, se tenir aux aguets.

Attendre patiemment que la Collète ait creusé son nid, aménagé ses loges, pondu et commencé à y stocker pollen et nectar. Il faudra alors y entrer subrepticement pour y déposer ses propres oeufs. Ni vu ni connu. Ses larves dévoreront couvain et garde-manger. Elles se développeront puis se métamorphoseront sous terre. Pour émerger à leur tour à la toute fin de l’été prochain.

Sources : 

Epeolus phallax sur capitule de Pulicaire dysentérique.

Une dominante noire semée de marques feutrées blanches. Sur l’abdomen, les côtés du thorax et plus discrètement sur la face. À noter deux fins triangles blancs, souvent à peine perspectibles, sur le dessus du thorax, juste derrière la tête.

Fin septembre 2019. Collète du lierre en récolte à la fois de pollen (anthères jaune-orangé) et de nectar (suintant du disque central de chaque fleur). Solidaire et grégaire tout à la fois, elle creuse son terrier jusque dans le terre meuble du potager où quelques dizaines de nids, certaines années, constituent de véritables petits “villages”.

Abeille coucou à l'approche d'un terrier de Collète du lierre.

Début octobre 2019. Epeolus phallax à l’entrée du nid terricole d’une Collète du lierre.

 

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