Le Bourdon vestale

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Le Bourdon vestale ne collecte ni nectar ni pollen : il confie sa progéniture aux bons soins des ouvrières du Bourdon terrestre.

Bourdon vestale sur origan en fleurs.Il ressemble à un Bourdon terrestre qui aurait oublié sa ceinture dorée… La fourrure du Bourdon vestale (Bombus vestalis) est ainsi à dominante noire. Entre cul blanc et collier jaune. Autres caractéristiques distinctives : des ailes davantage fumées et – bien visibles ici – des métatarses postérieurs aussi larges que les tibias. 

Voilà un bourdon-coucou adepte du coup d’état ! Ainsi, lorsque la femelle s’introduit dans son terrier cible, généralement celui du Bourdon terrestre, son premier objectif est d’en tuer ou d’en chasser la reine. Encore lui faut-il intervenir au bon moment. La colonie émergente doit être suffisamment organisée. Mais pas trop. Sinon les ouvrières aguerries risquent de repousser l’intruse.

Il suffit alors de détruire les premières cellules d’élevage. Puis de pondre en lieu et place de la reine déchue. Les ouvrières encore novices n’y verront que du feu et prendront soin de la progéniture de l’usurpatrice.

Sources :

  • aramel.free.fr
  • Heiko Bellmann, 2019. Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux&Niestlé
Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Élevées par les ouvrières du Bourdon terrestre, les femelles coucous n’ont pas de brosse de collecte. À quoi bon ? Elles butinent seulement pour leur propre consommation. Émergeant à la fin du printemps ou au début de l’été, elles iront bientôt à leur tour, après fécondation, à la recherche d’un nid à parasiter.

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Bourdon vestale ! Baptiser un bourdon-coucou en référence à la déesse romaine protectrice du foyer familial et de ses prêtresses : les entomologistes ne manquent pas d’humour…

 

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La Mellite de la salicaire

La Mellite de la Salicaire.

Les larves de la Mellite de la salicaire ne mangent pas n’importe quoi. Nectar et pollen de salicaire officinale, sinon rien !

Mellite de la salicaire.On a vu récemment une petite mellite noire, abeille sauvage inféodée aux panicules jaune d’or de la Lysimaque. Voici une de ses cousines, la Mellite de la Salicaire (Mellita nigricans). Comme tous les membres de la famille, elle a un régime exclusif lié aux zones humides. En l’occurence auprès de la Salicaire officinale (Lythrum salicarius).

Si la dominante est également noire, les bandes abdominales blanches y sont plus prononcées et uniformes que chez la Mellite de la Lysimaque. Et, loin d’être nu, le thorax présente une fourrure légère, brun-roux, dont on perçoit quelques échos sur le premier  segment et sur le pointe de l’abdomen.

La récolte de pollen mêlé de nectar va ici bon train et commence à garnir les brosses des pattes postérieures. Le manchon est d’une couleur incomparable. Un pourpre très foncé, à l’unisson des anthères de la salicaire. De quoi garnir les réserves des futures larves de la petite mellite.

Source :

Mellite de la salicaire.

L’autre mellite du marais : la petite Mellite de la Lysimaque, entièrement noire, avec de très fines lignes blanches sur l’abdomen.

L’Anthidie septemspinosum, parmi les autres visiteurs les plus assidus de la salicaire.

 

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L’Eucère dentée

Eucère dentée sur origan en fleurs.

La silhouette est étrange. Et pas seulement en raison des grands yeux émeraude. Monsieur Eucère dentée est bigrement encorné !

Dans la famille, les mâles arborent de très longues antennes. C’était le cas, au printemps dernier, avec l’Eucère longicorne observée sur un pommier en fleurs du jardin. Voici un nouvel exemple, tout aussi spectaculaire malgré le moindre gabarit de cette Eucère sp. (sans doute Eucère dentée, Tetraloniella dentata).

À l’unisson des antennes et des ailes fumées, la dominante est plutôt rousse. Même si l’épaisse fourrure du thorax et de la tête, ainsi que les soies des pattes, sont ici poudrées de pollen doré. La pointe de l’abdomen également. Les larges rayures blanc-crème sur fond noir n’en restent pas moins très visibles. Et comment ne pas évoquer enfin ces superbes yeux émeraude ?

Abeilles solitaires, les eucères creusent et aménagent leurs galeries de nidification dans le sol. Leurs moeurs sont assez mal connues. À voir le manchon chargé de pollen de ce mâle, on se plait à rêver… Participerait-il à l’approvisionnement du couvain ?

Sources : 

  • aramel.free.fr
  • Heiko Bellman, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux&Niestlé

Moins velu que le thorax et la tête, l’abdomen présente des rayures blanc-crème, larges et régulières. Sauf la première, largement échancrée.

Sur une inflorescence de pulicaire au bord du halage.

 

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