Le Bourdon terrestre à contre saison

Bourdon terrestre à contre saison.

Des pelotes de pollen plein les pattes arrière. À la mi octobre ! Comme au plus beaux jours. Le Bourdon terrestre à contre saison.

Bourdon terrestre à contre saison.En théorie, mi-octobre, les colonies du Bourdon terrestre ont périclité depuis quelques semaines déjà. La nouvelle génération sexuée a supplanté les bataillons d’ouvrières. C’est le temps des amours dont seules survivront les jeunes femelles fécondées. Les futures reines du printemps prochain. Dès lors, dans les couvains désertés, plus de bouches à nourrir. Et donc plus de collecte de pollen et de nectar ! Derniers accouplements, recherche d’un abri pour passer l’hiver… Bref, c’est l’automne.

Enfin, normalement. Car, depuis quelques jours, c’est comme si tout recommençait in extremis. Avec une escouade de bourdons affairés, notamment sur le massif d’asters, les pattes arrière chargées de luisantes pelotes de pollen. Comme aux plus beaux jours ! 

Est-ce une vieille reine qui, refusant de jeter l’éponge, recommence à pondre et s’entoure d’une nouvelle colonie ? Ou une jeune téméraire qui devance l’appel ? Le choc risque d’être rude la semaine prochaine avec la fin annoncée de l’anticyclone, le retour de la pluie et des températures fraîches (sinon froides) de saison. Le mirage automnal tournera sans doute court.

Bourdon terrestre à contre saison.

Plus de 30° l’après-midi ! Il est vrai que c’est à s’y méprendre depuis quelques semaines. Le Bourdon terrestre à contre saison : le coeur à l’ouvrage et les pattes arrière chargées de pollen, comme pour approvisionner une colonie nouvelle.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

La Verveine officinale

Verveine officinale et Cuivré commun.

Jadis sacrée, désormais reléguée au rang de « mauvaise herbe », la Verveine officinale se console en régalant les papillons !

Verveine officinale et Azuré commun.Ni le parfum de la Verveine citronnelle, ni l’éclat aérien de la Verveine de Buenos Aires. Modeste, la Verveine officinale (Verbena officinalis) garde le souvenir de ses ancestrales vertus dans ses multiples noms populaires : herbe de tous les maux, guérit-tout, herbe aux sorcières, herbe sacrée, herbe à Vénus… Aujourd’hui reléguée au bords des chemins, elle dresse également ses fines tiges ramifiées dans les parties enherbées du jardin.

Preuve, s’il en était besoin, qu’il n’est pas nécessaire d’être ostentatoire pour séduire les butineurs ! Filiformes, les épis floraux distillent ainsi leurs minuscules coroles au fur et à mesure de leur croissance, du milieu de l’été jusqu’aux premières gelées. De délicates fleurs tubulées, épanouies en cinq lobes rose violacé, très pâles. Et si le regain des trèfles  accapare les abeilles en ce début d’automne, la Verveine officinale, également stimulée par les pluies de fin d’été, fait le bonheur des papillons.

Verveine officinale et Azuré commun.

L’herbe à tout faire ? Des purifications rituelles aux philtres en passant par les « remèdes » les plus divers. Les feuilles et les sommités florales sous forme de décoctions, d’infusions et même de cataplasmes… On lui en demandait beaucoup jadis, pour soigner cheveux, yeux, foie, migraines, insomnies, troubles urinaires et intestinaux, ulcères de la peau, plaies… Sans oublier l’intercession divine et la conquête des coeurs !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • La Verveine officinale avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

L’Épéole fallacieux

Epeolux fallax sur capitule d'aster lancéolé.

Une abeille coucou automnale. Très spécialisée. L’Épéole fallacieux installe sa progéniture dans le nid terricole du Collète du lierre.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’août à octobre.

Dans la série des abeilles-coucous du jardin, l’Épéole fallacieux (Epeolus fallax) apparaît à la toute fin de l’été. Comme sa cible attitrée, le Collète du lierre. Mais lui n’a pas de préférence alimentaire. Toutes les fleurs de saison lui conviennent. À commencer par les plus généreuses du moment. Les asters.

Epeolux fallax sur capitule d'aster lancéolé.

Deux traits surmontés de quatre « pointes » dressées : des marques blanches plus ou moins diffuses à l’avant du thorax, communes à la plupart des abeilles du genre Epeolus.

Petit gabarit (8-10 mm), thorax ramassé, abdomen conique, il se distingue surtout par une dominante noire et de larges taches latérales feutrées blanches.

Une butineuse comme tant d’autres. Ou presque. Car, ce faisant, chaque femelle espionne les allées et venues de ses cibles. Se rapproche des nids sans crier gare. Et profite enfin d’une absence (collecte de pollen oblige) pour aller subrepticement y déposer ses oeufs. Fallacieux ? Ni plus ni moins que les autres abeilles-coucous sans doute !

Epeolus fallax sur capitule d'aster lancéolé.

Pas besoin d’alimenter le garde-manger de ses larves. C’est le Collète qui s’en charge. Quand l’abeille-coucou butine, c’est pour elle-même !

Abeille coucou à l'approche d'un terrier de Collète du lierre.

L’Épéole fallacieux émerge en automne comme le Collète du lierre dont il s’apprête ici à parasiter le nid terricole. Ni vu ni connu. Ses larves dévoreront couvain et garde-manger. Elles se développeront puis se métamorphoseront sous terre. Pour émerger à leur tour à la toute fin de l’été prochain.

Epeolus phallax sur capitule de Pulicaire dysentérique.

Plus éclectique que sa cible, l’Épéole fallacieux apprécie aussi la Pulicaire dysentérique.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Epeolus fallax avec la galerie du Monde des insectes.

Photos JF Irastorza