La Phycide incarnat

La Phycide incarnat.

De larges bandes longitudinales jaune pâle et rose poudré : pas de confusion possible avec la Phycide incarnat.

La Phycide incarnat.

Envergure maxi : 19 mm. Visible de juin à octobre.

Chez les pyrales, voici la frêle Phycide incarnat (Oncocera semirubella), un petit papillon de nuit facile à identifier. Et pour cause ! Il est le seul en effet à présenter cette double coloration des ailes antérieures : bord interne jaune et large bande rose s’amenuisant vers l’avant. Ce rose caractéristique se diffuse sur les bords du thorax, atteignant jusqu’aux palpes labiaux. Les yeux verts globuleux ressortent d’autant mieux !

Enfin, les ailes entrouvertes laissent parfois entrevoir des postérieures davantage ternes, brunâtres plus ou moins délavées, margées de blanc.

Familière des prairies alentour, la silhouette fuselée de la Phycide incarnat se retrouve volontiers au jardin. Il est vrai que le trèfle et autres légumineuses comptent parmi les plantes-hôtes préférées de ses chenilles. Trèfle violet, blanc, petit jaune, elle n’a que l’embarras du choix dans les allées du potager. Sans compter la luzerne lupuline.

La Phycide incarnat.

Absent ici, un liseré blanc peut venir souligner le bord costal des antérieures. La Phycide incarnat traverse la belle saison en une seule génération. De juin à octobre. Avec des couleurs qui s’estompent au fil de l’été. Ce sont les chenilles qui hivernent.

Une cousine

Phydide du plantain (Homoeosoma sinuella)

Une allure de fétu de paille pour la petite Phycide du plantain qui, lorsqu’elle se repose au jardin, passe quasi inaperçue.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Phycide incarnat avec les Carnets nature de Jessicat
  • Oncocera semirubella avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

La Petite Violette

Petite Violette sur Crépide fausse-épervière.

Les chenilles de la Petite Violette passeront l’hiver au pied de leurs plantes-hôtes,  des violettes et autres pensées sauvages.

Petite Violette sur Crépide fausse-épervière.

Envergure moyenne : 35 mm. Visible de mai à août.

Évidemment, la Petite Violette (Boloria dia) ne doit pas son nom vernaculaire à sa livrée ! Plutôt aux plantes-hôtes de ses chenilles, toutes du genre Viola : de la Violette odorante à la Violette des bois. Pas étonnant donc de la retrouver au jardin dont la partie boisée s’illumine de bleu tendre chaque printemps.

Voilà une cousine du Petit nacré (Issoria lathonia) avec quelques « incrustations » de plaques blanches au revers des ailes postérieures dont une, centrale, en forme de flèche. La tonalité du fond varie d’un individu l’autre, avec une large bande vieux-rose voire violacée (ah, tout de même !) tachée de rouge sombre.

Dans une dominante orangée, le dessus des ailes fait écho au revers des antérieures. Il présente ainsi à l’avant un treillage de marques noires assez épaisses, disposées en lignes zigzagantes. À l’arrière, une ligne de points noirs fortement appuyés voisine les solides chevrons noirs de la marge.

La seconde génération de la Petite Violette s’apprête à pondre. Ses chenilles hiverneront à l’abri de leurs délicates souches favorites. Pour une émergence programmée en avril-maI. Lorsque les violettes refleuriront.

Petite Violette sur Crépide fausse-épervière.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Petite Violette avec le site quelestcetanimal.com
  • Boloria dia avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

La Passagère

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Un étonnant décor en trompe l’oeil pour la Passagère, discret papillon nocturne familier du jardin de mai à octobre, en deux générations.

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Envergure maxi : 46 mm. Visible de mai à juin.

Au flanc d’une citrouille en attendant le retour de la nuit. Comme nombre de papillons de nuit, la Passagère (Dysgonia algira) dispose ses ailes antérieures en triangle lorsqu’elle est au repos. Avec une double dominante brun foncé et gris chiné, elle présente un décor très caractéristique.

Un quart-de-rond brun à l’avant, avec les antennes claires rigoureusement disposées selon le même angle. Puis une bande grise – parfois vieux rose- aux allures de paranthèse ( } ) suivie d’un ensemble de taches informes généralement ainsi résumées : « Deux petites pointes sombres à l’apex des ailes ». À bien y regarder, on peut plutôt y voir, en trompe l’oeil, la simulation de l’enroulement d’une feuille dentelée.

Quoiqu’il en soit, ses chenilles se développent notamment sur les ronces des haies et les rumex des prairies. Et l’adulte vient enrichir la grande variété des pollinisateurs nocturnes du jardin !

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Les ailes de la Passagère sont rigoureusement planes, avec une illusion d’optique qui évoque l’enroulement d’une feuille morte.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Passagère avec le site papillon-poitou-charentes.org
  • Dysgonia algira avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza