Le Gomphe de Graslin

Gomphe de Graslin sur ombelle montée à graines.

Soleil et petits insectes au menu de Monsieur Gomphe de Graslin, dans une jeune peupleraie proche de la Sèvre niortaise.

Gomphe de Graslin sur ombelle montée à graines.

Longueur maxi : 50 mm. Visible de juin à août. À l’avant du thorax, deux lignes noires assez épaisses prennent en sandwich une ligne jaune plus étroite.

Jaune et noir, yeux bleutés, taille moyenne : la description rapide vaut pour la plupart des libellules du genre Gomphe. À l’affût sur une ombelle de Torilis des champs en graines, il s’agit ici d’un mâle dont les cercoïdes fourchus sont bien visibles à la pointe épaissie de l’abdomen.

Sans doute le Gomphe de Graslin (Gomphus graslinii) si l’on en croit les lignes jaunes sur les pattes noires. Mais aussi le fameux « verre à pied » jaune sur l’avant dernier segment de l’abdomen (en vue dorsale). Enfin et surtout, le jeu des dessins latéraux à l’avant du thorax. On remarque ainsi deux lignes noires assez épaisses prenant en sandwich une ligne jaune plus fine : un des principaux signes de reconnaissance dudit gomphe.

À moins de cent mètres de la Sèvre niortaise, il chasse autant qu’il prend le soleil, dans une peupleraie plantée l’an dernier, encore très lumineuse. La végétation basse est là très dense et variée. Les proies aussi !

Gomphe de Graslin sur ombelle montée à graines.

Fin du casse-croute avec les restes d’un petit insecte encore en bouche.

En savoir plus : 

  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Laurent Précigout, Poitou-Charentes Nature éd, Fontaine-le-Comte, pp 96-97.
  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Gomphus graslinii avec la galerie du site insecte.org
  • Le Gomphe de Graslin, fiche de la Direction régionale de l’environnement de la Région Centre.

 Photos JF Irastorza 

 

Le Charançon travailleur

Charançon travailleur, accouplement, sur Circe commun.

Vous voulez rencontrer le Charançon travailleur ? Cherchez un chardon ! C’est là qu’il nait, butine et s’accouple.

Charançon travailleur, sur Circe commun.

Taille maxi : 8 mm. Visible de mai à septembre.

Voilà un charançon qui ne causera aucun ravage au jardin. Et pour cause. Son truc à lui, c’est le chardon ! Il s’y nourrit, s’y accouple, y installe sa progéniture : sans surprise, on trouve actuellement le Charançon travailleur (Larinus turbinatus) sur les Cirses communs en fleurs.

De taille moyenne (moins de 1 cm), il se distingue notamment par ses taches hésitant entre vert et jaune, plus ou moins diffuses, tant sur les élytres que le pronotum et même parfois la tête. Davantage marquées chez le mâle, ces squamules jaunâtres ont tendance à s’estomper avec l’âge. Le rostre conique, assez épais, porte des antennes à la pointe grisâtre, nettement en forme de massue. 

Sur un capitule en bouton ou en fleurs, l’accouplement est loin d’être furtif chez le Charançon travailleur ! Toujours à califourchon, Monsieur accompagne ainsi Madame lorsqu’elle perce le capitule de son rostre avant de se retourner pour y déposer quelques oeufs fécondés. La copulation peut alors reprendre pour une nouvelle ponte un peu plus loin. Car mieux vaut ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ! Après éclosion, les larves vont en effet s’entredévorer. Les graines de cirse seront pour la survivante !

Charançon travailleur, accouplement, sur Circe commun.

Madame creuse le capitule de son rostre, avant de se retourner pour y pondre, toujours chevauchée par Monsieur.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Larinus turbinatus avec la galerie du site insecte.org
  • Larinus turbinatus avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

L’Agrion délicat

Agrion délicat femelle.

Une des plus petites demoiselles du jardin : l’Agrion délicat présente ici un long et fin abdomen entièrement rouge. Mâle ou femelle ?

Longueur maxi : 35 mm. Visible de mai à septembre. Les femelles présentent une livrée changeante d’un individu l’autre, avec un abdomen habituellement plus ou moins marqué de noir.

Malgré son éclatante couleur dominante, l’Agrion délicat (Ceriagrion tenellum) est plutôt discret. D’abord par sa petite taille (environ 3 cm) mais surtout par son comportement. On ne le voit guère patrouiller de-ci de-là, préférant rester à l’affût, embusqué dans la végétation basse. Son qualificatif « délicat », au sens de « fragile », tient à la finesse de son abdomen que le contre-jour, ici, rend davantage encore ténu.

S’agit-il d’un mâle ou d’une femelle ? Comme toujours, rien n’est simple chez les Demoiselles ! Thorax bronze foncé, abdomen entièrement rouge, face, pattes et yeux rougeâtres : notre individu semble cocher toutes les cases du mâle. Ou presque. Car si la femelle est en effet ordinairement bien différente, avec une dominante noire plus ou moins marquée de rouge, il existe aussi une forme entièrement rouge !  

Alors ? Reste un petit détail différentiant : les ptérostigmas – cellules colorées vers la pointe des ailes – sont toujours rouges chez le mâle et beige-orangé chez la femelle adulte. Madame donc !

Des ptérostigmas beiges (et non rouge comme chez le mâle) et un ovipositeur sous les derniers segments de l’abdomen (organe de ponte pour introduire les oeufs dans les plantes aquatiques).

En savoir plus : 

  • Laurent Précigout, 2009, Libellules du Poitou-Charentes, Poitou-Charentes Nature, Fontaine-le-Comte, pp 96-97.
  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Agrion délicat avec le site nature22.com
  • L’Agrion délicat avec le site meslibellules.fr

 Photos JF Irastorza