La Pélopée maçonne

Pélopée maçonne sur fleurs de bignone.

Une grande et fine guêpe noire et jaune. Active chasseuse, la Pélopée maçonne participe à la régulation des populations d’araignées.

Pélopée maçonne en chasse sur bignone.

Taille maxi : 25 mm. Visible de juin à septembre.

Exposée plein sud, la Bignone de la maison semble peu ou prou apprécier la canicule. Son feuillage reste bien vert et son abondante floraison fait peu à peu place aux lourdes grappes de ses gousses chargées de graines. Voilà un grouillant terrain de jeu pour de nombreux insectes, particulièrement abeilles sauvages et guêpes en tous genres.

Les premières butinent assidument les ultimes trompettes orangées. Les secondes patrouillent avec frénésie, en quête de proies propres à garnir le garde-manger de leur progéniture. Ainsi l’élégante Pélopée maçonne (Sceliphron caementarium), bien reconnaissable entre toutes.

Son abdomen notamment est caractéristique : un long et fin pétiole pour un bulbe harmonieusement fuselé. La dominante est noire, scandée de discrètes taches jaunes : naissance des antennes, attache des ailes fumées, avant et arrière du thorax, pointe avant du bulbe. Sans oublier les pattes !

La pélopée chasse des araignées, petites et grosses, qu’elle enfourne – vivantes mais anesthésiées – dans les cellules de son nid. Celui-ci est façonné avec de la boue dans un endroit abrité. Les larves s’en repaîtront et passeront l’hiver au nid sous forme de pupes. Pour une émergence en fin de printemps.

Pélopée maçonne en chasse sur bignone.

Piqûre anesthésiante 

Dans une prairie voisine,  la Pélopée maçonne vient de capturer une Araignée-crabe embusquée sur une inflorescence d’Eupatoire à feuilles de chanvre. Telle est prise qui croyait prendre ! Dans un brusque mouvement retourné de l’abdomen, à 180°, la guêpe pique et anesthésie sa proie…

La Pélopée maçonne maintient solidement sa proie entre ses pattes avant pour s’envoler vers son nid. Elle y enfournera l’araignée pour garnir le garde-manger de sa progéniture. Avant de repartir en chasse…

Fragment d’un nid de Pélopée : ses cellules individuelles maçonnées l’une après l’autre et accolées avec de la boue.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Le Petit taon aveuglant

Petit taon aveuglant sur Origan en fleurs.

Le Petit taon aveuglant est familier des zones humides. Prairies pour les adultes aux yeux fluo, vase des fossés et des berges pour les larves.

Petit taon aveuglant sur Origan en fleurs.N’étaient ses yeux, voilà une mouche qui passerait plutôt inaperçue. Et quels yeux ! Métalliques, changeants selon l’orientation, vert fluo vus du dessus, jaune vert vus de face. S’y mêlent alors des reflets dorées, mâtinés de rouge. Le Petit taon aveuglant (Chrysops caecutiens) butine ici l’origan en fleurs du jardin.

Le qualificatif « aveuglant » n’a rien à voir avec l’intensité de son regard ! Plutôt à la tendance de la femelle qui, pour récolter les gouttes de sang nécessaires à la maturation de ses oeufs, va piquer le bétail des prairies au plus près des yeux… Comme la plupart des autres taons, mais plus rarement, elle peut aussi s’attaquer à l’homme, généralement au niveau de la nuque.

Yeux rapprochés, taches jaunes à l’avant de l’abdomen : rien à craindre en l’occurrence. Voilà un mâle dont le rostre préfère le nectar des fleurs à l’hémoglobine. Comme la femelle du reste hors période de ponte.

Le Petit taon aveuglant est familier des zones humides. La femelle pond sur les tiges de roseaux, au dessus de l’eau. Les larves se nourrissent de matières organiques dans des fossés envasés ou sur les berges.

En savoir plus : 

 

Photos JF Irastorza

 

Le Syrphe à rayures blanches

Syrphe à rayures blanches sur Picride fausse-vipérine.

On croit connaître tous les syrphes du jardin et, au beau milieu de l’été, en voilà un nouveau. Le Syrphe à rayures blanches !

Syrphe à rayures blanches sur Picride fausse-vipérine.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à novembre.

Deux taches jaunes disjointes à l’avant de l’abdomen puis une petite attache orangée pour relier les suivantes. Au premier abord, on songe au Syrphe des groseilliers (Syrphus ribesii) mais plusieurs détails penchent plutôt vers le Syrphe à rayures blanches (Dasysyrphus albostratus). Le bien nommé !

Les  taches jaunes dont on vient de parler ne sont pas alignés mais assez nettement rabattus vers l’arrière. Le scutellum (la demi-lune à l’arrière du thorax) n’est pas jaune clair, plutôt verdâtre taché de brun. Le stérostigma (cellule triangulaire en bordure des ailes) est bien noir et non ambré. Enfin, et c’est ce qui lui vaut son nom, le thorax bronze foncé présente deux rayures blanchâtres nettement marquées.

Pour le reste, comme la plupart de ses cousins, voilà un syrphe amateur de nectar et de pollen. Ici sur un capitule de Picride fausse-vipérine. Avec des larves chasseuses de pucerons bien entendu !

Syrphe à rayures blanches sur Picride fausse-vipérine.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Dasysyrphus altostratus avec les Cahiers nature de Jessica
  • Dasysyrphus altostratus avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza