L’Écaille chinée

Écaille chinée sur Eupatoire chanvre.

Papillon de nuit au vol diurne rougeoyant, l’Écaille chinée passe vite en mode incognito au moindre danger.

Écaille chinée sur Eupatoire chanvrine

Comme chez sa cousine l’Écaille martre (Arctia caja), voici une livrée qui sort de la grisaille habituelle des papillons dits de nuit ! L’éclatant vol rouge orangé de l’Écaille chinée (Euplagia quadripunctaria) saute ainsi aux yeux dans la quiétude de cette fin de matinée.

Le soleil d’août commence à chauffer au dessus des haies. Réputé nocturne, ce grand voilier (60 mm) rechigne à trouver refuge tout le jour au creux d’un buisson. Autant profiter des parfums flottant dans la tiédeur matinale du jardin. La tournée des grands-ducs passe bien sûr par le Buddléia de David. Mais c’est auprès de l’Eupatoire chanvrine que les libations semblent les plus enivrantes.

Au point de se laisser aller à entrouvrir la prudente tenue de camouflage ! Le contraste est alors saisissant entre les flamboyantes ailes postérieures et les larges zébrures noires sur fond jaune pâle des antérieures.  

Un rien suffit cependant pour que le rideau se referme brusquement. Incognito comme par magie. Ou presque. Et si l’alerte persiste, zou ! Un éclair orange et puis plus rien.

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Écaille chinée sur eupatoire chanvrine

Photos JF Irastorza 

L’Écaille martre

Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sous la canicule, l’Écaille martre s’est réfugiée dans la relative fraicheur d’une haie. Immobile. En attendant la nuit.

Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle s’est posée au petit matin du bon côté de la haie. Celui qui, tout le jour, lui évitera les ardeurs du soleil caniculaire. Comme la plupart des papillons dits de nuit, l’Écaille martre (Arctia caja) a replié ses ailes en un « triangle de camouflage ». Le sien est chocolat, parcouru de larges veines blanc-crème.

Dérangée, elle ouvre brusquement les ailes, découvrant le rouge vif orangé de ses postérieures, parsemé d’ocelles noirs aux reflets bleutés. Un réflexe censé surprendre et décourager l’intrus.

Finalement, elle se réfugie dans un parfait immobilisme. Sa meilleure défense sans doute dans le secret contrejour de la haie. La tête rétractée dans une abondante fourrure brune, c’est à peine si l’on en distingue le collier rouge.

On l’appelle parfois l’Écaille hérisson. Une allusion aux épis de longues soies de sa chenille. Celle-ci apprécie notamment les feuilles du Saule marsault, de l’Ortie et de la Reine des prés. Elle n’a que l’embarras du choix dans le marais.

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Chenille de l'Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.

La cousine chinée

Écaille chinée sur Eupatoire chavirée.

Si l’Écaille martre est strictement nocturne, sa cousine l’Écaille chinée  vole également le jour, surtout dans les senteurs estivale de l’Eupatoire chanvrine.

 Photos JF Irastorza 

 

La Zygène du trèfle

La Zigène du trèfle sur capitule de scabieuse.

Cinq taches rouge-sang sur fond noir-bleuté : la Zygène du trèfle est une visiteuse paisible au jardin. De nuit comme de jour.

La Zigène du trèfle sur scabieuse.

Tranquille. La petite Zygène du trèfle (Zygaena trifolii) n’est pas du genre à disparaître à la moindre alerte. Les mauvaises langues disent d’ailleurs qu’elle vole plutôt maladroitement pour un papillon. En tout cas, jamais très loin. Surtout avec la scabieuse pour cible, une de ses fleurs préférées.

Quant aux oiseaux, il semble que la livrée noir-bleuté, marquée de taches rouge-sang, suffisent à la dissuasion. Attention, mauvais goût ! Cela dit, il faut bien une première expérience malheureuse pour s’en rendre compte… Dans le farniente comme dans le butinage, cela n’a pas l’air de l’inquiéter.

Familière des prairies humides, la Zigène du trèfle se distingue de ses cousines par le nombre et la disposition des taches rouges des ailes antérieures. Mais les postérieures sont toujours uniformément rouges. Bordées de noir. On les perçoit (un peu) lorsqu’elle entrouvre les antérieures.

Pas de dégâts en perspective au potager. Les chenilles sont en effet plutôt inféodées aux plantes sauvages. En particulier le lotier des marais. Et le trèfle naturellement.

La Zigène du trèfle sur scabieuse.

De massives antennes en forme de massue aux pointes effilées.

Zigène du trèfle : cinq taches rouges sur les ailes antérieures / Un jardin dans le Marais poitevin.

Réputée papillon de nuit, la zygène est également visible le jour, surtout le matin.

La Zigène du trèfle sur trèfle violet.

Un peu d’acrobatie (du moins pour le photographe) et voilà les ailes postérieures rouges bordées de noir.

Parée pour l’envol ! La zygène dévoile ses ailes postérieures.

Trompée par l’orchis pyramidal, la Zygène réalisera bientôt que les petites fleurs roses ne produisent pas de nectar !

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Photos JF Irastorza