
Jaune pâle et rose à l’avenant : la Phycide incarnat de reconnaît d’emblée à ses larges bandes aux couleurs plus au moins délavées.
Dans la grande famille des Pyrales, voici la frêle Phycide incarnat (Oncocera semirubella), un petit papillon de nuit facile à identifier. Et pour cause ! Il est le seul en effet à présenter cette double coloration des ailes antérieures : bord interne jaune et large bande rose s’amenuisant vers l’avant. Ce rose caractéristique se diffuse sur les bords du thorax, atteignant jusqu’aux palpes labiaux. Les yeux verts globuleux ressortent d’autant mieux !
Enfin, les ailes entrouvertes laissent parfois entrevoir des postérieures davantage ternes, brunâtres plus ou moins délavées, margées de blanc.
Familière des prairies alentour, la silhouette fuselée de la Phycide incarnat se retrouve volontiers au jardin. Il est vrai que le trèfle et autres légumineuses comptent parmi les plantes hôtes préférées de ses chenilles. Trèfle violet, blanc, petit jaune, elle n’a que l’embarras du choix dans les allées du potager. Sans compter la luzerne lupuline.

Absent ici, un liseré blanc peut venir souligner le bord costal des antérieures. La Phycide incarnat traverse la belle saison en une seule génération. De juin à octobre. Avec des couleurs qui s’estompent au fil de l’été. Ce sont les chenilles qui hivernent.
Une cousine

Une allure de fétu de paille pour la petite Phycide du plantain qui, lorsqu’elle se repose au jardin, passe quasi inaperçue.
En savoir plus :
- La Phycide incarnat avec les Carnets nature de Jessicat
- Oncocera semirubella avec la galerie du site insecte.org
Photos JF Irastorza

Au flanc d’une citrouille en attendant le retour de la nuit. Comme nombre de papillons de nuit, la Passagère (Dysgonia algira) dispose ses ailes antérieures en triangle lorsqu’elle est au repos. Avec une double dominante brun foncé et gris chiné, elle présente un décor très caractéristique.

De la mythologie grecque au jardin, il n’y a qu’un pas avec la Timandre aimée (Timandra comae). Cela dit, inutile de trop disserter sur la vie sentimentale de la fille de Tyndare et Léda puisque, dans leur grande sagesse, les entomologistes l’ont résumée en un qualificatif attendrissant. Et comment ne pas l’aimer en effet ce discret papillon de nuit, original tant par la forme que par la délicate harmonie de ses couleurs ?
