La Phycide incarnat

La Phycide incarnat.

Jaune pâle et rose à l’avenant : la Phycide incarnat de reconnaît d’emblée à ses larges bandes aux couleurs plus au moins délavées.

La Phycide incarnat.Dans la grande famille des Pyrales, voici la frêle Phycide incarnat (Oncocera semirubella), un petit papillon de nuit facile à identifier. Et pour cause ! Il est le seul en effet à présenter cette double coloration des ailes antérieures : bord interne jaune et large bande rose s’amenuisant vers l’avant. Ce rose caractéristique se diffuse sur les bords du thorax, atteignant jusqu’aux palpes labiaux. Les yeux verts globuleux ressortent d’autant mieux !

Enfin, les ailes entrouvertes laissent parfois entrevoir des postérieures davantage ternes, brunâtres plus ou moins délavées, margées de blanc.

Familière des prairies alentour, la silhouette fuselée de la Phycide incarnat se retrouve volontiers au jardin. Il est vrai que le trèfle et autres légumineuses comptent parmi les plantes hôtes préférées de ses chenilles. Trèfle violet, blanc, petit jaune, elle n’a que l’embarras du choix dans les allées du potager. Sans compter la luzerne lupuline.

La Phycide incarnat.

Absent ici, un liseré blanc peut venir souligner le bord costal des antérieures. La Phycide incarnat traverse la belle saison en une seule génération. De juin à octobre. Avec des couleurs qui s’estompent au fil de l’été. Ce sont les chenilles qui hivernent.

Une cousine

Phydide du plantain (Homoeosoma sinuella)

Une allure de fétu de paille pour la petite Phycide du plantain qui, lorsqu’elle se repose au jardin, passe quasi inaperçue.

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Photos JF Irastorza

 

La Passagère

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Un étonnant décor en trompe l’oeil pour la Passagère, discret papillon nocturne familier du jardin de mai à octobre, en deux générations.

La Passagère au flanc d'une citrouille.Au flanc d’une citrouille en attendant le retour de la nuit. Comme nombre de papillons de nuit, la Passagère (Dysgonia algira) dispose ses ailes antérieures en triangle lorsqu’elle est au repos. Avec une double dominante brun foncé et gris chiné, elle présente un décor très caractéristique.

Un quart-de-rond brun à l’avant, avec les antennes claires rigoureusement disposées selon le même angle. Puis une bande grise – parfois vieux rose- aux allures de paranthèse ( } ) suivie d’un ensemble de taches informes généralement ainsi résumées : « Deux petites pointes sombres à l’apex des ailes »). À bien y regarder, on peut plutôt y voir, en trompe l’oeil, la simulation de l’enroulement d’une feuille dentelée.

Quoiqu’il en soit, voilà un papillon cousin des noctuelles dont le jardin n’a rien à craindre. Ses chenilles se développent en effet notamment sur les ronces des haies et les rumex des prairies. Et l’adulte vient enrichir la grande variété des pollinisateurs nocturnes du jardin !

La Passagère au flanc d'une citrouille.

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Photos JF Irastorza

 

La Timandre aimée

Timandre aimée dans les allées du jardin.

On la débusque par hasard. La Timandre aimée ne volète jamais très loin. Et se laisse facilement admirer sur une feuille voisine.

Timandre aimée sur feuilles d'achillée.De la mythologie grecque au jardin, il n’y a qu’un pas avec la Timandre aimée (Timandra comae). Cela dit, inutile de trop disserter sur la vie sentimentale de la fille de Tyndare et Léda puisque, dans leur grande sagesse, les entomologistes l’ont résumée en un qualificatif attendrissant. Et comment ne pas l’aimer en effet ce discret papillon de nuit, original tant par la forme que par la délicate harmonie de ses couleurs ?

D’un apex à l’autre, deux lignes traversent les ailes anguleuses frangées de rose : comme un trait de pastel roussâtre au centre et un sinueux filet gris à l’arrière. Une troisième leur fait discrètement écho, vaguement orangée, à peine perceptible, à hauteur du thorax. Le tout sur fond ocre clair et pointillé. Un décor plus ou moins estompé somme toute très sobre.

La Timandre aimée ne vient pas au potager pour pondre. Elle y butine la nuit et volète un peu le jour lorsqu’elle est dérangée. Ses chenilles sont plutôt les hôtes de plantes des prairies, renouée, arroche et oseille sauvage. On peut donc l’admirer sans arrière pensée !

Timandre aimée dans les allées du jardin.

Malgré un décor assez estompé, le discret point discal des antérieures reste lisible.

Timandre aimée sur feuille de frêne.

Fin août 2019. Les couleurs sont parfois plus affirmées, notamment la frange ici rose vif à laquelle répond la ligne centrale roussâtre. Le point discal des antérieures est alors bien marqué.

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Photos JF Irastorza