
Elle aura bientôt traversé les quatre saisons… Madame Halicte de la Scabieuse sur les généreux capitules de ses fleurs emblématiques.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mars à septembre.
Avec son mauve lumineux, la pleine floraison des touffes de Scabieuse colombaire fait mouche auprès des abeilles sauvages printanières ! À tout seigneur, tout honneur : délaissant pissenlits et pâquerettes, l’Halicte de la Scabieuse (Halictus scabiosae) donne désormais la préférence à ses fleurs emblématiques.
Il s’agit ici d’une femelle. Fécondée l’été dernier, elle a hiverné et, avec quelques congénères, elle fonde actuellement une petite communauté : un puit commun et des galeries souterraines à partir desquelles chacune aménage et approvisionne les loges de la génération suivante.
L’Halicte femelle se reconnait notamment à ses antennes coudées mais, surtout, à ses doubles bandes feutrées abdominales. Jaune pâle et beige clair. Avec un court sillon longitudinal caractéristique à la pointe de l’abdomen.

Solitaire ou sociale ? L’organisation de la nidification de l’Halicte de la scabieuse est complexe. Au cours de l’hivernage « communautaire », une des abeilles prend le leadership, surveille les allées et venues de ses congénères désormais sous sa coupe puis contrôle la maturation de leurs couvains. Il s’en suit au printemps une première génération non sexuée, des ouvrières qui se mettent à leur tour au service de leur « matrone », en vue d’une seconde génération estivale, avec l’émergence en juillet-août de mâles et de femelles en état de se reproduire.

À la pointe de l’abdomen, le court sillon longitudinal caractéristique de Madame Halicte de la Scabieuse.

Sur la planche de phacélie !

Le généreux pissenlit, toujours prêt pour accueillir les premiers butineurs de la fin d’hiver.
Pas de mâle au printemps !

Avec un abdomen plus long et plat, Monsieur Haliecte de la scabieuse se distingue également par de longues antennes à l’extrémité en forme de crochet. Mais seule les femelles, fécondées l’été dernier, ont passé l’hiver. Il n’y a donc pas de mâles au début du printemps ! Ils émergeront en juillet-août avec la génération nouvelle…
En savoir plus :
- Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Heiko Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
- Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
- Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
- Les halictes avec le site aramel.free.fr
- Halictus scabiosae avec la galerie du Monde des insectes
Photos JF Irastorza