Le Bourdon terrestre

Bourdon terrestre en automne sur fleur de cosmos

Une langue courte ? Pas forcément un handicap pour le Bourdon terrestre. Le nectar facilement accessible ne manque pas au jardin.

Bourdon terrestre pénétrant dans son terrier.Comme son nom le suggère, le Bourdon terrestre (Bombus terrestris) aménage son nid sous terre. Sans être terrassier pour autant. Plutôt opportuniste. Il squatte ici le terrier abandonné par un rongeur au pied du mirabellier. Assez spacieux pour accueillir sa colonie.

Outre sa taille et son vol sonore, il est facile à repérer. D’abord à son « cul blanc ». N’est-ce pas un de ses noms vernaculaires ? Son abondante fourrure est par ailleurs à dominante noire. Avec deux étroites bandes jaune orangé. L’une forme un collier l’avant du thorax, l’autre barre l’abdomen au niveau du deuxième segment.

Spectaculaire et hyper active au printemps lorsqu’elle fonde sa colonie, la reine ne tarde par à être relayée par les ouvrières. D’abord de petite taille. Puis de plus en plus solides au fil des renouvellements.

Oh, bien-sûr, avec une langue relativement courte, toutes les fleurs ne leur conviennent pas. Qu’importe. Les corolles au nectar facilement accessible sont légion au jardin, dans les haies comme dans les prairies alentours. Avec le trèfle pour péché mignon.

Sources : 

Bourdon terrestre sur trèfle blanc.

Pour accueillir des bourdons, rien de plus simple. Il suffit de laisser le trèfle blanc envahir les parties enherbées du jardin, notamment les allées. Ils en raffolent !

Une autre plante sauvage à privilégier : la Brunette commune. Pour peu que la tonte ne soit pas trop basse et trop fréquente, la floraison se renouvelle tout l’été.

Et si vous avez la chance d’avoir un verger, ici un mirabellier, rien de tel pour requinquer les jeunes reines après l’hivernage.

Premières et très petites ouvrières de la colonie naissante ici sur fleurs de pommier.

Le Bourdon terrestre n’a qu’un seul handicap : sa courte langue. Mais c’est un malin ! Lorsque la corolle est trop profonde, comme  celle de la Consoude officinale par exemple ici, il n’hésite pas à la percer pour se frayer un raccourci vers le nectar.

Début juillet 2019. Sur l’origan en fleurs.

Début juillet 2020. Sur les vaporeuses et enivrantes inflorescences de la Reine de prés.

Fin juin 2021. Ah, les grappes si parfumées du buddleia !

Début juin 2021. Venir puiser le nectar et repartir chargé de pollen ! Ici sur le Gaura blanc.

Fin juin 2021. Large bractée rosée pour l’atterrissage, deux lèvres largement ouvertes vers le tube nectarifère : la Sauge toute-bonne a le sens de l’accueil. Y compris une forte odeur musquée !

Fin juillet 2021. Sans oublier le potager, ici une fleur de concombre.

Mi août 2021. Parmi les commensaux de la phacélie, tout poudré de pollen avec une visite à l’hibiscus.

Fin octobre 2021. Matins frisquets mais des après-midi revigorants. À vous plonger dans les derniers capitules de Cirse des champs !

Attention danger !

Volucelle bourdon dans sa forme Bourdon terrestre.

La Volucelle bourdon : une mouche de belle taille, parasite ici du Bourdon terrestre dont elle affecte la livrée pour mieux pénétrer dans son terrier et y pondre ses oeufs. Elle peut présenter une autre forme, avec un « cul roux », et parasite alors plutôt le Bourdon des pierres.

Fin juillet 2019. Décidément, la Thomise variable ne redoute rien ni personne. Dans le soleil couchant, postée sur une inflorescence de Cardère sauvage,  la petite araignée crabe a capturé bien plus gros qu’elle.