La Zygène du trèfle

La Zigène du trèfle sur capitule de scabieuse.

Cinq taches rouge-sang sur fond noir-bleuté : la Zygène du trèfle, une visiteuse paisible au jardin. De nuit comme de jour.

La Zigène du trèfle sur scabieuse.

Envergure maxi : 40 mm. Visible de mai à août.

Tranquille. La petite Zygène du trèfle (Zygaena trifolii) n’est pas du genre à disparaître à la moindre alerte. Les mauvaises langues disent d’ailleurs qu’elle vole plutôt maladroitement pour un papillon. En tout cas, jamais très loin. Surtout avec la scabieuse pour cible, une de ses fleurs préférées.

Quant aux oiseaux, il semble que la livrée noir bleuté, marquée de taches rouge-sang, suffisent à la dissuasion. Attention, mauvais goût ! Cela dit, il faut bien une première expérience malheureuse pour s’en rendre compte… Dans le farniente comme dans le butinage, cela n’a pas l’air de l’inquiéter.

Familière des prairies humides, la Zigène du trèfle se distingue de ses cousines par le nombre et la disposition des taches rouges des ailes antérieures. Mais les postérieures sont toujours uniformément rouges. Bordées de noir. On les perçoit (un peu) lorsqu’elle entrouvre les antérieures.

Pas de dégâts en perspective au potager. Les chenilles sont en effet plutôt inféodées aux plantes sauvages. En particulier le lotier des marais. Et le trèfle naturellement.

La Zigène du trèfle sur scabieuse.

De massives antennes en forme de massue aux pointes effilées.

Zigène du trèfle : cinq taches rouges sur les ailes antérieures / Un jardin dans le Marais poitevin.

Réputée papillon de nuit, la zygène est également visible le jour, surtout le matin.

La Zigène du trèfle sur trèfle violet.

Un peu d’acrobatie (du moins pour le photographe) et voilà les ailes postérieures rouges bordées de noir. Ce sont elles qui sautent aux yeux dans le « vol rouge » des zygènes.

Parée pour l’envol ! La zygène dévoile ses ailes postérieures.

Trompée par l’orchis pyramidal, la Zygène réalisera bientôt que les petites fleurs roses ne produisent pas de nectar !

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Zygène du trèfle avec le site quelestcetanimal.com
  • La Zygène du trèfle avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Le Clairon des ruches

Clairon des ruches sur pissenlit.

Son nom est trompeur : les larves du tranquille Clairon des ruches ne s’attaquent pas aux abeilles domestiques mais aux nids d’abeilles sauvages.

Taille maxi : 17 mm. Visible d’avril à août.

Il y a des appellations qui sonnent comme un acte d’accusation. Le Clairon commun (Trichodes alvearius), alias le Clairon des ruches, passe ainsi pour un ravageur apicole. Une légende. Ce sont en effet les nids d’abeilles sauvages – et non domestiques – qui sont la cible de ce petit coléoptère aussi coloré que poilu.

Des taches noires de part et d’autre d’une suture bien marquée. Sur un fond rouge pétant. Les élytres eux-mêmes sont abondamment velus. Comme le thorax et la tête, noirs aux reflets métalliques bleutés. 

On le repère aisément lorsqu’il se gave paisiblement de pollen de fleur en fleur. Il se laisse alors volontiers approcher. Le temps d’apprécier ses solides antennes en forme de massue. La femelle pond d’avril à août à proximité des nids d’abeilles solitaires. Ses larves y pénètrent et dévore tout ce qui peut l’être. Pas vraiment un insecte auxiliaire !

Clairon commun, alias Clairon des ruches, sur scabieuse.

Pointe des élytres rouge pour le Clairon des ruches quand elle est noire chez son cousin le Clairon des abeilles. Cela dit, les deux ont le même comportement. Ils parasitent les nids d’abeilles sauvages. De mai à août, les adultes butinent et croquent quelques petits insectes à l’occasion.

Le Clairon commun, alias le Clairon des ruches.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Clairon des ruches avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Le Point de Hongrie

Point de Hongrie sur sarriette en fleurs.

Deux générations successives pour le Point de Hongrie. Un discret petit papillon aux marges comme brodées de points blancs.

Point de Hongrie sur scabieuse.

Envergue maxi : 26 mm. Visible d’avril à août.

Avec un peu de soleil, sa livrée paraît moins tristounette. Dans une dominante brun grisâtre, le Point de Hongrie (Erynnis tages) présente alors un sobre décor chiné aux antérieures. Des bandes alternativement sombres et claires assez brouillonnes. 

Outre cette livrée tachetée plus ou moins délavée, ce modeste papillon présente quelques signes distinctifs de la famille des hespéries : gros yeux sombres, fortes antennes de forme de massue, ailes à 45° au repos. 

Il se distingue ici par une ligne pointillée claire, comme brodée (d’où son nom) aux marges extérieures, y compris des postérieures et du revers sur un fond brun quasi uniforme. 

Sur la planche des aromatiques, où il butine les petites fleurs mauves de la sarriette, ou tout à côté sur les capitules bleus de la scabieuse, le Point de Hongrie se remarque à peine. Gare à ne pas le déranger. Car, avec son vol rapide et ses brusques changements de direction, il aura tôt d’échapper à votre regard.

Remarquer l’extrémité des antennes, en forme de massue recourbée. Et les yeux sombres assez proéminents. Le Point de Hongrie émerge en avril, pour deux générations successives, l’une printanière (avril-juin), l’autre estivale (juillet-septembre). Ce sont les chenilles de la seconde qui hivernent et se nymphosent au printemps suivant.

En savoir plus 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Point de Hongrie avec le site quelestcetanimal.com
  • La famille des hespéries avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza