Le Point de Hongrie

Point de Hongrie sur sarriette en fleurs.

Deux générations successives pour le Point de Hongrie. Un discret petit papillon aux marges comme brodées de points blancs.

Point de Hongrie sur scabieuse.

Envergue maxi : 26 mm. Visible d’avril à août.

Avec un peu de soleil, sa livrée paraît moins tristounette. Dans une dominante brun grisâtre, le Point de Hongrie (Erynnis tages) présente alors un sobre décor chiné aux antérieures. Des bandes alternativement sombres et claires assez brouillonnes. 

Outre cette livrée tachetée plus ou moins délavée, ce modeste papillon présente quelques signes distinctifs de la famille des hespéries : gros yeux sombres, fortes antennes de forme de massue, ailes à 45° au repos. 

Il se distingue ici par une ligne pointillée claire, comme brodée (d’où son nom) aux marges extérieures, y compris des postérieures et du revers sur un fond brun quasi uniforme. 

Sur la planche des aromatiques, où il butine les petites fleurs mauves de la sarriette, ou tout à côté sur les capitules bleus de la scabieuse, le Point de Hongrie se remarque à peine. Gare à ne pas le déranger. Car, avec son vol rapide et ses brusques changements de direction, il aura tôt d’échapper à votre regard.

Remarquer l’extrémité des antennes, en forme de massue recourbée. Et les yeux sombres assez proéminents. Le Point de Hongrie émerge en avril, pour deux générations successives, l’une printanière (avril-juin), l’autre estivale (juillet-septembre). Ce sont les chenilles de la seconde qui hivernent et se nymphosent au printemps suivant.

En savoir plus 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Point de Hongrie avec le site quelestcetanimal.com
  • La famille des hespéries avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

L’Andrène limpide

Andrène limpide (Andrena nitida) sur capitule de pissenlit.

Une abeille sauvage à pourpoint roux. Le solide Andrène limpide se distingue par un abdomen noir luisant presque glabre.

Andrène limpide (Andrena nitida) sur capitule de pissenlit.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mars à juin.

En cette fin d’hiver, les andrènes comptent parmi les abeilles sauvages les plus précoces du jardin. Ainsi l’Andrène limpide (Andrena nitida) dont le lumineux thorax roux retient l’attention. Le contraste est saisissant avec l’épais abdomen noir luisant, à peine rehaussé d’une fine pilosité latérale grise.

Massive (environ 15 mm), il s’agit ici d’une femelle. Sur les pattes arrière noires, les brosses de collecte, également foncées, grisâtre au trochanter, sont encore vacantes. Chaque chose en son temps.

D’abord prendre des forces, entre émergence et accouplement, avec la complicité des généreux pissenlits. La très prochaine explosion fleurie des haies et des arbres fruitiers donnera le signal : il y aura alors assez de nectar et de pollen disponibles pour approvisionner les futures larves. Pour la solitaire, il sera temps de creuser un nid et de pondre. Dans les prairies alentour ou les parties enherbées du jardin.

Andrène limpide (Andrena nitida) sur capitule de pissenlit.

L’incontournable pissenlit pour rassasier les abeilles solitaires émergentes.

Gare aux stylops !

Andrène stylopisé sur capitule de pissenlit.

Comme un onglet roussâtre inséré entre deux plaques abdominales de l’abeille sauvage. Tout juste émergée et déjà parasitée… Le stylops qu’elle héberge désormais ne la quittera plus. À la fois gîte et garde-mangé, la malheureuse n’y pourra mais. Confortablement encapsulé sur le dos de l’andrène, l’intrus lui pompera les fluides internes. Inexorablement.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Andrena nitida avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza 

 

Papillons en hiver

Papillons en hiver : Citron sur primevère.

Des papillons en hiver : ils s’attardaient au jardin en novembre-décembre, les revoilà dès fin février. Les derniers sont les premiers !

Papillons en hiver : Vulcain sur laurier tin.Quelques papillons ne font pas le printemps… Nous sommes bien en hiver, pour quelques semaines encore. Mais il est vrai que les jours allongent et que, certains après-midi, sous le soleil, le thermomètre frise la quinzaine de degrés. Il n’en faut pas plus pour titiller les papillons hivernants. 

Ils ont passé la « mauvaise » saison à l’abri d’une haie, d’une grange, d’un grenier, entre le lierre et l’écorce d’un peuplier… Et toutes les occasions sont bonnes désormais pour se dégourdir les ailes. Notamment pour Monsieur Citron qui a déjà commercé ses longues allées et venues, le long des haies, en quête de l’âme soeur.

Le Tircis, le Paon-du-jour et le Vulcain ne sont pas en reste. Pour tous, le nectar est encore mesuré, avec toutefois quelques généreux pourvoyeurs : laurier tin, primevère, pâquerette, pissenlit et ficaire fausse-renoncule. Robert-le-Diable et la Grande-tortue manquent à l’appel. Ils ne devraient plus tarder.

Papillons zen hiver : bain de soleil pour le Paon sur jour.

Papillons en hiver : Tircis sur ficaire fausse-renoncule.

Ailes de braises aux bordures cendrées : et revoilà Robert le diable !

En savoir plus :

Photos JF Irastorza