Madame Andrène à pattes jaunes

Madame Andrène à pattes jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

Un manchon de fines soies jaune-orangé aux tibias arrière : Madame Andrène à pattes jaunes vient d’émerger.

Madame Andrène à pattes jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

Madame (11-13 mm) sur Ficaire fausse-renoncule…

Une tout autre présence ! Loin de la chétive silhouette de Monsieur, voici Madame Andrène à pattes jaunes (Andrena flavipes). Sur une corolle de Ficaire fausse-renoncule ou un capitule de pissenlit, elle a le gabarit (12-13 mm) et un peu l’allure d’une abeille domestique. Mais c’est bien une solitaire qui s’apprête à creuser et aménager son nid.

Monsieur Andrène à pattes jaunes sur pâquerette.

… et Monsieur (9-11 mm) sur pâquerette.

Sur fond noir, la fourrure thoracique et faciale est brun pâle, avec un abdomen rythmé de bandes continues de poils gris. Sans oublier les fameuses « pattes jaunes ». L’apanage des femelles. Un manchon de fines soies jaune-orangé. Grace à cette éclatante brosse de collecte, les tibias arrière se chargeront bientôt de pollen !

En attendant, mâles et femelles font le plein d’énergie avec la complicité des fleurs sauvages.  Début mars, quand le mirabellier s’illuminera de corolles blanches, viendra le temps des amours. Le jardin et les prairies alentours produiront alors assez de nectar et de pollen pour le garde-manger des futures larves !

Génération printanière

Madame Andrène à pattes jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

Deux générations se succèdent au jardin. De fin février à mai. Puis de fin juin à août. La génération printanière vient d’émerger.

Début mars, sur les bouquets de Cardamine des prés.

Début mars, sur capitule de pissenlit.

Mi mars, les choses sérieuses commencent avec le mirabellier en fleurs.

Mi mars. Sur la Moutarde blanche.

Andrène gravide sur fraisier.

Début juin. Sur les fraisiers, les brosses chargées de pollen.

Génération estivale

Fin juillet sur la moutarde blanche.

Début août sur l’origan en fleurs.

Début août sur les premières inflorescences de menthe aquatique.

En savoir plus : 

 

Monsieur Andrène à pattes jaunes

Monsieur Andrène à pattes jaunes sur pâquerette au sortir de l'hiver, dès fin février.

Au sortir de l’hiver, dès fin février, Monsieur Andrène à pattes jaunes pointe sa discrète silhouette brunâtre au jardin.

Un centimètre tout au plus ! Comme souvent chez les abeilles sauvages, Monsieur Andrène à pattes jaunes (Andrena flavipes) est d’un naturel assez chétif. Avec une livrée brunâtre passe-partout, il ne présente guère de signe particulier. Sinon une frange de poils noirs en bordure des yeux, contrastant avec la pilosité plus claire de la face.

Car, on l’aura compris, les fameuses « pattes jaunes » sont celles de Madame ! Il s’agit de fines brosses formant un manchon jaune-orangé sur les tibias arrière. Un dispositif destiné à la collecte du pollen. Les mâles en sont dépourvus puisqu’ils ne participent pas à l’approvisionnement du nid.

Cela ne les empêche évidemment pas de butiner ! Dès la mi février au sortir de l’hiver. Notamment sur pissenlits, ficaires et pâquerettes. Avec une seule préoccupation : s’accoupler le moment venu. Il faut généralement attendre un peu, vers mi mars, quand les arbres fruitiers commencent à fleurir. Le début de l’abondance ! La récolte de pollen et de nectar sera alors suffisante pour le garde-manger des futures larves.

Monsieur Andrène à pattes jaunes sur pissenlit, au sortir de l'hiver, dès fin février.

La femelle a davantage de « présence », ici sur une corole de Ficaire fausse-renoncule. On entraperçoit le manchon jaune-orangé des tibias arrière.

En savoir plus :

  •  Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Heiko Bellmann 2019,Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les andrènes avec le site aramel.free.fr

 

Une Micro-andrène

Micro-andrène, peut-être Andrena (micrandrena) minutula, sur capitule de pissenlit.

Dans la série des petites abeilles sauvages du jardin, voici une Micro-andrène familière des pissenlits, des ficaires et des pâquerettes.

Lasioglossum sp.

Pas de confusion possible avec ce tout aussi petit Lasioglossum sp. (env. 6mm) à la pilosité fine et soignée. Les bandes abdominales notamment sont très différentes, ici feutrées et régulières à l’avant des tergites.

Imaginez un grain de riz noir, fin et allongé, parmi les fleurons jaunes d’un capitule de pissenlit. 6 mm tout au plus. Il faut s’approcher au plus près pour réaliser : il s’agit bien d’une (très) petite abeille sauvage ! 

Rien à voir toutefois avec le Lasioglossum sp. rencontré voilà quelques jours (voir ci-contre). Il arborait en effet une pilosité fine et « soignée », notamment des bandes feutrées à l’avant des tergites.

Très différente, la fourrure est ici plutôt clairsemée, ébouriffée sur le thorax, majoritairement fauve clair, plus sombre sur la face. Enfin, loin d’être feutrées, les étroites bandes abdominales sont hérissées de poils plutôt épais, à l’arrière des segments.

On pense alors à une Micro-andrène (Micrandrena). Cela dit, il en existe dit-on des dizaines d’espèces d’autant plus mal connues qu’elles sont difficiles à différentier. Va donc pour la plus commune. Andrena (Micrandrena) minutula. Doublement bien nommée. Au cas où le préfixe « Micro » ne suffirait pas, le qualificatif « minutula » (minuscule ) enfonce ainsi le clou !

Micro-andrène, peut-être Andrena (micrandrena) minutula, sur Ficaire fausse-renoncule.

Précoces, les Micro-andrènes émergent fin février début mars. D’abord les mâles comme ici puis les femelles. Abeilles solitaires, elles aménagent leur nid au fond d’un puit vertical creusé dans un sol non compact. Sous les pommiers du jardin peut-être…

Le jaune des pissenlits et des pâquerettes ou des ficaires semblent séduire les Micro-andrènes. Il est vrai que les fleurs aussi généreuses ne sont pas légion en cette saison !

Il existe de nombreuses espèces de Micro-andrènes (Micrandrena), toutes aussi minuscules (5-6 mm) et difficiles à différentier.

Une pilosité assez clairsemée, en broussaille, fauve clair, sur les côtés du thorax. Plus « sage » et plus sombre sur la face.

en savoir plus :