Le Collète du lierre

Collète du lierre.

Tout (re)commence en automne pour le Collète du lierre. Une abeille terricole inféodée au pollen et au nectar du Lierre.

Collète du lierre.

Taille maxi : 13 mm. Visible d’août à novembre.

Voilà une des abeilles sauvages les plus tardives du jardin. Chaque année, le Collète du lierre (Colletes hederae) attend sinon l’automne du moins la floraison du Lierre pour émerger. D’abord les mâles, toujours en mouvements, prêts à en découdre et à se disputer, bientôt, les faveurs de ces dames !

Les deux sexes sont semblables et ne ressemblent à aucune autre abeille en cette toute fin d’été. Avec une pilosité dense et rousse sur le thorax, débordant largement sur la tête et la face. Le contraste est manifeste avec l’abdomen, noir et luisant, rythmé de bandes feutrées fauves, larges et nettement marquées.

Les femelles creusent et aménagent leur nid au sol. Des terriers indépendants mais souvent regroupés en petites « bourgades ». Avec un petit terril conique pour chaque entrée. 

Si le menu des adultes semblent plus éclectiques, l’approvisionnement des larves ne varie guère : nectar et pollen de Lierre ! Pas de temps à perdre donc. Tout sera terminé dans quelques semaines. 

Cinq étamines débordant de pollen, dressés sur le pourtour d’un petit disque conique suintant de nectar. C’est là toute la raison de vivre du Collète du lierre !

L’exception qui confirme la règle : le Collète du lierre (C. hederae) butine volontiers les Asters lorsque le lLerre ne suffit plus. Le bident feuillé aussi.

Début octobre 2018. La « bourgade » du jardin compte une centaine de petits « puys », principalement sur les buttes des derniers haricots verts, mais aussi parmi les scaroles et jusque dans les allées.

Mais gare à l’Épéole fallacieux (Epeolus fallax) qui, subrepticement, vient ici de déposer ses oeufs au plus près du couvain.

Mêlée de mâles à proximité de la « bourgade ».

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Le Collète du lierre avec le site quelestcetanimal.com
  • Le Collète du lierre avec les Carnets nature de Jessica
  • Les collètes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Chicorée amère

Halicte de la scabieuse sur Chicorée amère.

Une sauvageonne de saison : jadis médicinale et vivrière, la lumineuse Chicorée amère régalent toujours abeilles et syrphes.

Abeille domestique sur Chicorée amère.Reléguée aux bords des chemins, la Chicorée amère (Cichorium intybus) laisse désormais à ses dérivées cultivées le soin d’offrir leurs feuilles en salade ou leurs racines charnues à la torréfaction. Modeste, il lui suffit de fleurir au coeur de l’été. Pourvu qu’il y ait du soleil.

Elle piaffait depuis quelques semaines, sous un ciel trop bas, gardant le plus souvent fermés ses lumineux capitules bleus. La voilà enfin libérée. Un feu d’artifice. Aux pointes comme aux aisselles de sa généreuse ramure dégingandée. 

Le matin seulement. Du soleil d’accord mais mieux vaut baisser pavillon l’après-midi sous la canicule ! Rendez-vous demain à la fraîche. Ravis de l’invitation, syrphes et abeilles seront là dès la réouverture. Les stigmates bifides ne tarderont pas alors à se barbouiller de pollen blanc. Une floraison d’autant plus éphémère. Mais de nouveaux boutons fleuris remplacent chaque jour les capitules fanés.

Syrphe porte-plume sur Chicorée amère.

Une quinzaine de fleurons ligulés par capitule et, pour chacun, un faisceau d’étamines accolées, bleu foncé, débordant de pollen. D’où émerge un stigmate bifide qui doit recevoir le pollen venu d’une chicorée voisine. Cette fécondation croisée est favorisée par le va et vient incessant des abeilles et des syrphes qui véhiculent le pollen d’un capitule l’autre.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

L’Andrène de Wilke

Andrène de Wilke, femelle, sur trèfle blanc.

Andrène de Wilke, femelle, sur trèfle blanc.

Taille maxi : 12 mm. Visible de mai à août.

Dans les allées du jardin. Parmi les habitués du Trèfle blanc. Aux côtés de l’Abeille domestique et du Bourdon des champs, une discrète abeille sauvage retient l’attention malgré sa relative petite taille (12 mm tout au plus). Sa brosse de collecte jaune pâle, à demi chargée ici de pollen jaune d’or, tranche en effet sur une dominante noire et luisante.

Rase et plutôt clairsemée, sa fourrure grisonnante anime la face, les côtés et l’arrière du thorax, pour prendre des nuances roussâtres à la pointe de l’abdomen. Enfin, fines et blanches, les bandes abdominales sont plus ou moins discontinues, voire quasi absente à l’avant.

Voilà un petit Andrène si l’on en croit les trois cellules submarginales des ailes légèrement fumées. Peut-être l’Andrène de Wilke (Andrena wilkella), une espèce terricole assez rare dont les femelles privilégient le pollen de trèfle pour approvisionner leurs larves. C’est en tous cas la première fois qu’elle est repérée au jardin.

Andrène de Wilke, femelle, sur trèfle blanc.

Andrène de Wilke, femelle, sur trèfle blanc.

L’Andrène de Wilke : une petite touffe roussâtre à la pointe de l’abdomen.

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Vincent Albouy 2005, Le Bourdon, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza