L’Andrène noir bronze

Andrène noire-bronze sur sauge des bois.

L’Andrène noir bronze apprécie la diversité des floraisons printanières. Une des abeilles sauvages les plus rondelettes du jardin !

Andrène noir bronze sur sauge des bois.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mars à juillet.

Une brosse de collecte orangée sur les tibias arrière. Voilà qui rappelle la femelle du petit Andrène à pattes jaunes. C’est bien le seul point commun. Car, hormis ce manchon rouille, l’Andrène noir bronze (Andrena nigroaena) ressemble davantage à une abeille domestique. Par sa plantureuse silhouette comme par sa livrée contrastée.  

Une tête entièrement noire. Un pelage thoracique dense, brun roux, tirant vers le fauve clair. De fines bandes abdominales chamois sur un fond noir aux reflets bronze. Ultime détail : la fourrure noir intense du dernier segment.

Avec une seule génération annuelle, au printemps, l’Andrène noir bronze vient d’apparaître au jardin. Jusqu’en juillet, on repère facilement cette tranquille abeille solitaire, à son allure dodue, sur les fleurs de saison. À commencer par les pissenlits et les premiers pruneliers en fleurs. Avec une affection particulière actuellement pour la Sauge des bois. C’est aussi un excellent pollinisateur des arbres fruitiers. Il est alors temps, pour chaque femelle, de creuser et d’aménager le nid de sa progéniture. Et de charger de pollen le fameux manchon orangé !

Andrène noire-bronze sur sauge des bois.

N’étaient ses tibias arrière et leur brosse orangée, on pourrait presque confondre la femelle avec une abeille domestique. Du moins est-elle largement aussi grande (1,5 cm) avec une silhouette un peu plus replète !

Andrène noir-bronze sur capitule de pissenlit.

Depuis le mois de mars, l’Andrène noir bronze est visible au jardin en une seule génération jusqu’en juillet.

Pas si facile que ça d’explorer la corolle d’une tulipe !

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Le Bourdon, Vincent Albouy, 2005, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr
  • Andrena nidroaenea avec la galerie du site insecte.org
  • L’Andrène noir bronze avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

La Trichie du rosier

Trichie du rosier sur lupin arbustif.

Cousine des cétoines, la Trichie du rosier : un superbe coléoptère amateur de pollen. Au jardin comme dans les haies.

Trichie du rosier sur lupin arbustif.

Taille maxi : 15 mm. Visible d’avril à août.

Un petit bijou haut sur pattes. Soulignés d’un liseré noir, avec trois grosses taches latérales noires, les élytres ne recouvrent pas entièrement l’abdomen dont l’abondante pilosité jaune pâle déborde largement. Tout aussi dense, la fourrure thoracique rousse se diffuse jusqu’à la tête.

Cousine des cétoines, la Trichie du rosier, alias la Trichie gauloise (Trichius gallicus ou rosaceus), volent très bien, navigant sans cesse, avec aisance, de fleur en fleur. Elle n’a actuellement que l’embarras du choix. Du cornouiller sanguin à l’aubépine des haies, du lupin arbustif aux marguerites, en passant par les roses bien-sûr et l’inévitable scabieuse.

Elle y grignote les étamines, parfois les pétales, et ne participe guère à la pollinisation. Sauf invasion, ses dégâts restent mineurs. Comparables à celles des hannetons et des cétoines, ses larves ne s’attaquent toutefois pas aux racines. Elles contribuent à la formation l’humus en se développant aux dépens des bois morts en décomposition.

Quand les marguerites lâchent prise,  les échinacées prennent le relais !

Trichie du rosier sur fleur de ronce / Un jardin dans le Marais poitevin.

Un petit bijou dans la forêt d’étamines de la généreuse ronce des haies.

À l’escalade d’un épi d’Orchis pyramidal.

À la découverte des scabieuses du jardin.

Trichie du rosier du Spirée du Japon.

Du pollen à foison sur la Spirée du Japon.

La belle Trichie du rosier peut rester des heures dans le parfum enivrant de la Reine des prés, passant d’une fleur à l’autre, prenant même le temps d’une somptueuse sieste !

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Trichius rosaceus avec la galerie du site insecte.org
  • La famille des cétoines avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Mélecte deuil

La Mélecte deuil sur weigelia.

Abeille coucou en robe noire méchée de blanc. Comme ses cousines, la Mélecte deuil pond dans le nid des abeilles solitaires du genre Anthophore.

La Mélecte deuil sur weigelia.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mars à juillet.

On a déjà rencontré ici une de ses cousines : la Mélecte commune (M. albifrons), début avril, au pied des haies, navigant dans une colonie de grémil bleu pourpre. Si elle lui ressemble beaucoup, la Mélecte deuil (M. luctuosa) s’en distingue par ses touffes très blanches, là où la Mélecte commune arbore une pilosité plutôt brune, surtout sur le thorax, grisâtre sur les côtés de l’abdomen et les pattes.

La Mélecte deuil émerge plus tardivement, début mai, suivant le rythme biologique de sa cible favorite. Car les mélectes sont des abeilles coucou : les femelles pondent dans le nid d’abeilles solitaires du genre Anthophore. La précoce Anthophore à pattes plumeuses pour la Mélecte commune. Et l’Anthophore estivale, surtout active en juin-juillet, comme son nom le suggère, pour la Mélecte Deuil.

Aucune brosse de collecte, ni ventrale ni tibiale : les mélectes n’en ont évidemment pas l’usage.  Elles délèguent en effet à plus industrieuses qu’elles le soin de nourrir leur progéniture ! Elles n’en butinent pas moins, ici les fleurs rouges d’un weigelia, le temps d’accomplir leur mission : prendre des forces, s’accoupler, trouver un nid à squatter et pondre.

La Mélecte deuil sur weigelia.

En savoir plus : 

  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé, pages 300 et 301.

Photos JF Irastorza