La Volucelle zonée

Volucelle zonée sur Menthe aquatique.

Mimétisme aidant sans doute, la Volucelle zonée installe ses rejetons dans des nids de guêpes, voire de frelons. Ils y font le ménage !

Taille maxi : 25 mm. Visible de mai à septembre.

Autant le dire d’emblée : malgré son allure de gros hyménoptère, la Volucelle zonée Volucella zonaria) ne pique pas ! C’est une mouche plutôt tranquille. Parfaitement inoffensive.

Solide butineuse, elle semble ne craindre personne. Qui oserait s’y attaquer ? Les prédateurs préfèrent ainsi jouer la prudence.

Quoiqu’il en soit, la Volucelle zonée n’a pas froid aux yeux ! Il faut en effet quelque témérité à la femelle pour aller installer sa progéniture dans le nid des guêpes et même des frelons européens. Pas de quoi toutefois mettre en péril les colonies ainsi parasitées.

Car si les larves sont prédatrices à l’occasion, elles semblent surtout être détritivores. Bref, elles se développent en éliminant les déchets du nid. Plus éboueuses qu’intrépides tueuses de frelons ! Dommage, on aurait tellement aimé y croire.

Une dominante rouille, depuis le thorax jusqu’aux pattes, y compris les yeux, les ailes fumées et les premiers segments abdominaux. La palette de couleurs fonctionne bien avec le jaune de la face et de l’abdomen barré de noir. Bon, ce n’est pas franchement l’allure d’une guêpe ou d’un frelon mais assez peut-être pour déclencher un réflexe de prudence chez les prédateurs  : « Dans le doute, abstiens-toi ! ».

Volucelle zonée sur poire Williams / Un jardin dans le Marais poitevin.

On le redit volontiers une dernière fois. Aucun risque de piqure ! Elle a beau se donner des airs de frelon, la Volucelle zonée est dépourvue d’aiguillon. C’est une mouche aussi inoffensive que superbe.

Mi juillet 2023. En pause sur une feuille de Cardère sauvage.

En savoir plus :

 

Le Gomphe de Graslin

Gomphe de Graslin sur ombelle montée à graines.

Soleil et petits insectes au menu de Monsieur Gomphe de Graslin, dans une jeune peupleraie proche de la Sèvre niortaise.

Gomphe de Graslin sur ombelle montée à graines.

Longueur maxi : 50 mm. Visible de juin à août. À l’avant du thorax, deux lignes noires assez épaisses prennent en sandwich une ligne jaune plus étroite.

Jaune et noir, yeux bleutés, taille moyenne : la description rapide vaut pour la plupart des libellules du genre Gomphe. À l’affût sur une ombelle de Torilis des champs en graines, il s’agit ici d’un mâle dont les cercoïdes fourchus sont bien visibles à la pointe épaissie de l’abdomen.

Sans doute le Gomphe de Graslin (Gomphus graslinii) si l’on en croit les lignes jaunes sur les pattes noires. Mais aussi le fameux « verre à pied » jaune sur l’avant dernier segment de l’abdomen (en vue dorsale). Enfin et surtout, le jeu des dessins latéraux à l’avant du thorax. On remarque ainsi deux lignes noires assez épaisses prenant en sandwich une ligne jaune plus fine : un des principaux signes de reconnaissance dudit gomphe.

À moins de cent mètres de la Sèvre niortaise, il chasse autant qu’il prend le soleil, dans une peupleraie plantée l’an dernier, encore très lumineuse. La végétation basse est là très dense et variée. Les proies aussi !

Gomphe de Graslin sur ombelle montée à graines.

Fin du casse-croute avec les restes d’un petit insecte encore en bouche.

En savoir plus : 

  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Laurent Précigout, Poitou-Charentes Nature éd, Fontaine-le-Comte, pp 96-97.
  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Gomphus graslinii avec la galerie du site insecte.org
  • Le Gomphe de Graslin, fiche de la Direction régionale de l’environnement de la Région Centre.

 Photos JF Irastorza 

 

Le Charançon travailleur

Charançon travailleur, accouplement, sur Circe commun.

Vous voulez rencontrer le Charançon travailleur ? Cherchez un chardon ! C’est là qu’il nait, butine et s’accouple.

Charançon travailleur, sur Circe commun.

Taille maxi : 8 mm. Visible de mai à septembre.

Voilà un charançon qui ne causera aucun ravage au jardin. Et pour cause. Son truc à lui, c’est le chardon ! Il s’y nourrit, s’y accouple, y installe sa progéniture : sans surprise, on trouve actuellement le Charançon travailleur (Larinus turbinatus) sur les Cirses communs en fleurs.

De taille moyenne (moins de 1 cm), il se distingue notamment par ses taches hésitant entre vert et jaune, plus ou moins diffuses, tant sur les élytres que le pronotum et même parfois la tête. Davantage marquées chez le mâle, ces squamules jaunâtres ont tendance à s’estomper avec l’âge. Le rostre conique, assez épais, porte des antennes à la pointe grisâtre, nettement en forme de massue. 

Sur un capitule en bouton ou en fleurs, l’accouplement est loin d’être furtif chez le Charançon travailleur ! Toujours à califourchon, Monsieur accompagne ainsi Madame lorsqu’elle perce le capitule de son rostre avant de se retourner pour y déposer quelques oeufs fécondés. La copulation peut alors reprendre pour une nouvelle ponte un peu plus loin. Car mieux vaut ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ! Après éclosion, les larves vont en effet s’entredévorer. Les graines de cirse seront pour la survivante !

Charançon travailleur, accouplement, sur Circe commun.

Madame creuse le capitule de son rostre, avant de se retourner pour y pondre, toujours chevauchée par Monsieur.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Larinus turbinatus avec la galerie du site insecte.org
  • Larinus turbinatus avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza