Le Cryptocéphale à corselet rugueux

Cryptocéphale à corselet rugueux sur crépide.

Noir et jaune orangé : le Cryptocéphale à corselet rugueux, un petit coléoptère d’un demi-centimètre tout au plus. La tête dans les épaules !

Cryptocéphale à corselet rugueux sur crépide.

Taille maxi : 5 mm. Visible de mars à juillet.

Amateur de composées jaunes, le Cryptocéphale à corselet rugueux (Cryptocéphalus rugicollis) apprécie notamment les crépides en bordure du jardin. En attendant les marguerites. On le dit « rugueux » par allusion à son thorax bombé, noir luisant, ponctué et très finement couvert de courtes soies blanches. À peine visibles à vrai dire.

Cela dit, jaune orangé, bordés de noir, les élytres sont également ponctués et pubescents. Ils se distinguent ici par deux épais traits noirs, l’un à l’avant, l’autre plus diffus à l’arrière. Quand à la tête, engoncée sous le thorax (crypto = caché), on n’en voit généralement que les yeux et les solides antennes annelées.

Les Cryptocéphales appartiennent à la famille des Crysomèles, généralement considérées comme ravageuses. Pas de panique ici ! Les minuscules coléoptères (moins de 5 mm) se nourrissent plutôt sur les fleurs. Et leurs larves, éclectiques, sur les feuilles d’arbres divers, saules, aulnes, noisetiers, aubépines, peupliers… Avec cette particularité familiale : elles se confectionnent un fourreau protecteur avec leurs propres excréments ! 

Cryptocéphale à corselet rugueux sur crépide.

Ce n’est pas systématique et se distingue à peine ici : une petite tache noire apparaît parfois à l’avant des élytres, à proximité de la suture.

La rencontre avec Madame Syrphe porte-plume donne l’échelle du Cryptocéphale à corselet rugueux.

Deux cousins 

Le Cryptocéphale à deux points sur un bouton de marguerite.

Cryptocéphale soyeux

Le Cryptocéphale soyeux dans une corolle de bouton d’or.

En savoir plus : 

 

  • Coléoptères d’Europe, Vincent Albouy et Denis Richard, 2017, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Le Cryptocépale à corselet rugueux avec les Carnets nature de Jessica
  • La famille des Cryptocéphales sur le site aramel.free.fr
  • Cryptocephalus rugicollis avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

La Phalène ornée

Phalène ornée sur feuille d'hémécoralle.

La Phalène ornée : dentelle raffinée, un rien désuette, comme sur un éventail de soie aux tonalités d’ivoire.

Phalène ornée sur feuille d'hémécoralle.

Envergure maxi : 25 mm. Visible de mai à septembre.

Ornée ? Si, si ! Oh, rien de spectaculaire mais une allure tellement raffinée. Laissez-vous donc prendre au charme diaphane de la Phalène ornée (Scopula ornata). Une blancheur envoûtante, voilée de gris, délicatement mouchetée de noir et, surtout, bordée d’une bande ondoyante de dentelle comme on n’en fait plus !

La petite phalène ne fait d’ailleurs pas mystère de ses atours surannés. Papillon de nuit certes, elle volète aussi le jour et, lorsqu’elle se pose, elle étale sans vergogne tout son falbala… Mais, gare, si vous approchez trop près, elle ira se fondre dans la végétation basse;

Présente tout l’été au jardin et sur les prairies voisines, elle installe sa progéniture sur diverses aromatiques. Les petites « arpenteuses » sont friandes notamment de menthe, thym, mélisse, origan… Sans compromettre à vrai dire infusions et bouquets garnis !

Phalène ornée sur feuille d'hémécoralle.

Comme un éventail aux tonalités ivoire, bordé d’une élégante passementerie.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Phalène ornée avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Pamphilie du bouleau

Pamphilie du bouleau sur Lychnis fleurs de coucou.

Feuilles de bouleau et de peuplier pour les larves. Adulte, la Pamphilie du bouleau préfère pollen, nectar et petits insectes.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mai à juillet.

Voilà une cousine des tenthrèdes, toute parée de jaune orangé et de noir. La Pamphilie du bouleau (Pamphilius betulae) ne déroge pas à la règle de la grande famille des « mouches à scie ». Au printemps, les femelles incisent les jeunes pousses de leur plante-hôte pour y installer leur progéniture. Avec une allure de « fausse chenille », les larves s’y développeront au dépend du feuillage. Celui du bouleau en l’occurence. Sans oublier les peupliers ici dans le marais.

Peu farouche, elle est assez facile à reconnaître, avec sa dominante jaune, des pattes jusqu’au bout des longues antennes filiformes. Le noir intervient avec parcimonie : thorax, premiers/derniers segments de l’abdomen, petits yeux ronds, ocelle frontal et puissantes mandibules.

Si les larves sont phytophages, les adultes fréquentent les fleurs de saison. Pollen et nectar de Lychnis notamment sur les prairies et ombelles de Cornouiller sanguin dans les haies. Cela dit, avec pareilles mandibules, la Pamphilie du bouleau ne rechigne pas devant les petits insectes de rencontre !

Pamphilie du bouleau sur feuille de Cornouiller sanguin.

Recouvrant l’abdomen au repos, les ailes ambrées, aux nervures jaunes, sont marquées de noir vers l’apex (ailes supérieures uniquement). Véritables cisailles, les mandibules facilitent un régime volontiers carnivore.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza