La Pamphilie du bouleau

Pamphilie du bouleau sur Lychnis fleurs de coucou.

Feuilles de bouleau et de peuplier pour les larves. Adulte, la Pamphilie du bouleau préfère pollen, nectar et petits insectes.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mai à juillet.

Voilà une cousine des tenthrèdes, toute parée de jaune orangé et de noir. La Pamphilie du bouleau (Pamphilius betulae) ne déroge pas à la règle de la grande famille des « mouches à scie ». Au printemps, les femelles incisent les jeunes pousses de leur plante-hôte pour y installer leur progéniture. Avec une allure de « fausse chenille », les larves s’y développeront au dépend du feuillage. Celui du bouleau en l’occurence. Sans oublier les peupliers ici dans le marais.

Peu farouche, elle est assez facile à reconnaître, avec sa dominante jaune, des pattes jusqu’au bout des longues antennes filiformes. Le noir intervient avec parcimonie : thorax, premiers/derniers segments de l’abdomen, petits yeux ronds, ocelle frontal et puissantes mandibules.

Si les larves sont phytophages, les adultes fréquentent les fleurs de saison. Pollen et nectar de Lychnis notamment sur les prairies et ombelles de Cornouiller sanguin dans les haies. Cela dit, avec pareilles mandibules, la Pamphilie du bouleau ne rechigne pas devant les petits insectes de rencontre !

Pamphilie du bouleau sur feuille de Cornouiller sanguin.

Recouvrant l’abdomen au repos, les ailes ambrées, aux nervures jaunes, sont marquées de noir vers l’apex (ailes supérieures uniquement). Véritables cisailles, les mandibules facilitent un régime volontiers carnivore.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

La Volucelle enflée

Volucelle enflée sur Cornouiller sanguin.

Membre de la grande famille des syrphes, la Volucelle enflée, une jolie butineuse aux rondeurs avantageuses !

Il est des qualificatifs abruptes qui, pour être explicites, sont peu flatteurs. C’est le cas pour la Volucelle enflée (Volucella inflata). Injuste pour cette jolie mouche à dominante orange et noir. Elle a certes l’abdomen rondelet. Et alors ?

Deux gros yeux brun rouge sur une face jaune-orangé. Y compris les courtes antennes. Des ailes transparentes fortement nervurées, teintées d’orange puis comme taguées de noir. Une double ligne rouge brique sur les flancs du corselet, en écho au scutellum également brique. Et enfin, deux demi-lunes orangées à l’avant de l’abdomen noir. Avouons que tout cela ne manque pas d’allure.

Inoffensive, vol rapide, butinage des ombelles, ses larves microphages engloutissent quantité de très petits insectes et de l’humus en formation dans lequel ils évoluent. Elles participent à la maturation dudit humus. Tout pour plaire. Il faudrait vraiment être gonflé pour ne pas l’apprécier !

Volucelle enflée sur Cornouiller sanguin.

Les yeux joints : un mâle.

La Volucelle enflée (Volucella inflata) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les yeux disjoints : une femelle.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Les volucelles avec le site aramel.free.fr 
  • La Volucelle enflée avec la galerie du Monde des insectes.

Photos JF Irastorza

 

La guêpe des araignées

Pompile sp., alias la Guêpe des araignées, sur Euphorbe des garrigues.

Une guêpe dont les larves ont un régime carné très spécial : la petite pompile chasse les araignées pour nourrir sa progéniture.

Pompile sp., alias la Guêpe des araignées, sur Euphorbe des garrigues.

Taille maxi : 17 mm. Visible de mars à novembre.

Svelte, noire, les ailes fumées, les premiers segments de l’abdomen rouge orangé et de très longues pattes épineuses… Voilà une petite guêpe pompile. Sa famille compte une centaine d’espèces en Europe, très difficiles à distinguer entre elles. Pompile sp. donc. Peut-être Priocnemis sp. Elle butine paisiblement ici les généreuses touffes d’euphorbe.

Mais les pompiles sont aussi de sacrées chasseuses. Les femelles du moins. Furetant en permanence, au jardin comme sur les prairies alentour, les longues antennes toujours en mouvements, elles traquent inlassablement leurs proies. Pour nourrir leurs larves. Avec une cible privilégiée. Les araignées. Même les plus grosses tant les audacieuses n’ont peur de rien. Avec une seule stratégie : l’attaque et une piqure rapide. La victime est alors le plus souvent démembrée pour en faciliter le transport.

Une araignée et un oeuf dans un nid creusé au sol. Encore et encore. La progéniture émergera en été pour s’accoupler aussitôt. Les mâles n’y survivront pas. Les femelles fécondées passeront l’hiver dans un terrier. Pour chasser les araignées au printemps.

Pompile sp., alias la Guêpe des araignées, sur Euphorbe des garrigues.

En cette saison, il n’y a que des femelles, fécondées l’été dernier : la nouvelle génération émergera en juillet. En attendant, il faut savoir prendre des forces entre deux parties de chasse !

Pompile sp., alias la Guêpe des araignées, sur Cerfeuil des bois.

Cela dit, même en pleine traque, elle ne rechigne pas sur une « pause nectar », ici sur une ombelle de Cerfeuil des bois.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille Pompile, clé de détermination, avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza