Éristale tenace… et précoce !

Éristale tenace.

Le fond de l’air est encore frisquet mais le ciel si lumineux ! Un temps idéal pour les premières sorties de l’Éristale tenace.

Encore un qui a toutes les peines du monde à rester calfeutré très longtemps ! On a ainsi vu l’Éristale tenace (Eristalis tenax) en novembre, et même au-delà, notamment sur les derniers capitules de Cirse, d’Helianthus, d’Aster et d’Euryops. Sur le lierre aussi. Le revoilà tout début février sur les ombelles blanc-rosé du Laurier tin. 

Sa silhouette massive, son vol stationnaire et sa relative nonchalance le distinguent sans peine parmi les premiers butineurs de l’hiver, abeilles domestiques, abeilles charpentières, mouches bleues, Meliscaeva auricollis, syrphes ceinturés… Curieusement, son quasi jumeau, l’Éristale opiniâtre, manque encore à l’appel. Un peu plus frileux peut-être.

Nuits glaciales et après-midi frisquets : il est vrai que l’hiver ne lâche pas prise. Mais ce n’est pas tant la température qui guide l’Éristale tenace. 7 à 8 degrés suffisent pourvu que le ciel soit lumineux. Et, surtout, qu’il y ait du nectar à se mettre sous la trompe !

Éristale tenace.

Fourrure du thorax fauve, taches triangulaires jaune orangé sur le deuxième segment de l’abdomen noir par ailleurs : l’Éristale tenace se distingue également par une face claire et des tarses avant sombres.

Une grosse mouche bien utile. Comme tous les membres de la famille Éristale, ses larves – les fameux vers à queue de rat ! – se développent dans les eaux chargées en matières organiques en décomposition. De véritables petites stations d’épuration !

En été

Sur les spectaculaires corolles de la Belle-de-jour.

En automne

Poudré de pollen sur un capitule d’aster :  au jardin tant qu’il y a du soleil et du nectar !

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Eristales tenace et opiniâtre sur le site quelestcetanimal.com
  • La famille Éristale sur le site aramel.free.fr
  • Les « larves à queue de rat » avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Mouche bleue

Mouche bleue sur laurier tin.

Parmi les premiers butineurs de l’hiver : la Mouche bleue a juste besoin d’un peu de soleil et de sucre pour entrer en scène.

Mouche bleue sur laurier tin.Elle figurerait sans doute en bonne place au palmarès des insectes les moins frileux ! Pas étonnant donc de voir la Mouche bleue (Calliphora vicina), début février, fréquenter assidument le Laurier tin. Car, si elle est réputée familière des cadavres et des excréments, c’est surtout pour y installer sa progéniture. Sinon, comme tout butineur qui se respecte, elle apprécie le sucre du nectar.

Les reflets sont ici moins éclatants qu’avec sa cousine la Mouche verte aux moeurs parfois aussi peu ragoûtantes. La dominante est plutôt sombre, rehaussée de bleu grisé sur le thorax, métallique sur l’abdomen. Le tout hérissé d’épaisses soies noires.

Contrairement aux syrphes, la Mouche bleue n’attire guère la sympathie. On l’accuse volontiers de véhiculer divers agents infectieux. Reste que, pour être ingrat, le rôle positif de ses larves est loin d’être négligeable pour l’environnement. Ni plus ni moins que l’élimination des déchets organiques d’origine animale !

La Mouche bleue.

Un feutrage gris se mêle aux reflets métalliques bleus des segments abdominaux.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Mouche bleue avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Le syrphe Meliscaeva auricollis

Meliscaeva auricollis sur laurier tin.

Fécondées en automne, les femelles du petit syrphe Meliscaeva auricollis sont prêtes à pondre. Tayaut bientôt sur les premiers pucerons !

Taille maxi : 10 mm. Visible de février à décembre.

Même sous le soleil, on remarque à peine sa frêle silhouette. Le syrphe Meliscaeva auricollis – désolé, il n’a pas de nom français ! – est si petit. Moins d’un centimètre. Mais sa discrétion tient surtout aujourd’hui à sa sombre livrée hivernale. Dès le mois de mars, le fin abdomen des générations suivantes s’illuminera de lunules jaune d’or bien plus vives. Et les ailes actuellement fumées deviendront hyalines.

Ce sont les femelles qui hivernent. Fécondées à l’automne, elles attendent les premiers beaux jours pour pondre. Comme souvent chez les syrphes, leurs larves se gaveront de pucerons, au potager mais également sur les arbres.

Une dizaine de générations se succèderont ainsi sans discontinuer jusqu’en décembre. Autant dire que le petit Meliscaeva auricollis est quasi présent toute l’année au jardin. Et ses bataillons chasseurs de pucerons aussi. Respect !  Une telle constance mérite bien qu’on l’appelle par son nom. Aussi latin soit-il.

Meliscaeva auricollis sur laurier tin.

Des yeux à l’abdomen en passant par les ailes et le thorax, la dominante est très sombre pour l’actuelle génération hivernale. D’un jaunâtre très estompé, les lunules notamment sont à peine marquées.

Meliscaeva auricollis sur fleur de Ficaire fausse-renoncule.

Les générations printanières (ici dés début mars sur une fleur de ficaire) puis estivales sont davantage lumineuses, avec des yeux rouge bordeaux, des ailes hyalines, un thorax bronze et des lunules abdominales jaune vif bien marquées, plus ou moins jointives sur les segments 3 et 4.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Meliscaeva auricollis avec le site quelestcetanimal.com
  • Le Meliscaeva auricollis avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza