Le Moro-sphinx

Moro-sphinx automnal

Le Moro-sphinx automnal  : la seconde génération du « papillon colibri » visite le jardin en septembre-octobre. Avec les astéracées en ligne de mire.

Moro-sphinx automnalAu printemps, ce spécialiste du ravitaillement en vol participe activement à la pollinisation des arbres fruitiers. On le voit notamment dès le mois de mars sur le mirabellier en fleurs. La très longue trompe du Moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), alias le Papillon colibri, fait également merveille dans les haies, pour visiter le profond tube nectarifère du Chèvrefeuille.

Ce sont les chenilles de cette première génération qui ont enduré les interminables canicules de l’été. Elles viennent de passer le relais au Moro-sphinx automnal. Toujours aussi vif. Mais on est loin, hélas, de l’abondance printanière. Même si le jardin s’est un peu requinqué depuis quelques semaines. Qu’importe. Zinnias, cosmos et asters font très bien l’affaire.

Vivent donc les fleurs composées ! L’occasion d’admirer (rapidement) la spécialité du Moro-sphinx : le vol stationnaire. Comme suspendu au-dessus de chaque capitule. Pas un mouvement. Les ailes vibrent si vite qu’on ne les voit guère. Seule la trompe s’articule et passe d’un fleuron à l’autre. Quelques secondes et l’impatient part déjà siroter ailleurs !

Moro-sphinx automnal

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

L’accouplement de l’Aeschne mixte

L'accouplement de l'Aeschne mixte

Le discret accouplement de l’Aeschne mixte n’en finit pas. Un classique du début d’automne avec cette libellule aux couleurs variées et contrastées.

L'accouplement de l'Aeschne mixte

Longueur maxi : 64 mm. Visible surtout en août septembre.

Près d’une heure ! Pour le moins, l’accouplement de l’Aeschne mixte (Aeschna mixta) n’est pas expéditif. Sans compter les préliminaires en vol. Le coeur copulatoire était en effet déjà formé lorsque le tandem, toutes ailes bruissantes, est venu s’isoler et se figer ici dans la ramure d’un frêne.

Pas un mouvement. À peine quelques soubresauts de temps à autre. De sporadiques frémissements d’ailes notamment. Puis, longtemps après, Madame finit par s‘étirer les pattes. Commencerait-elle à s’impatienter ? Lui reste impassible. Mais la pointe de l’abdomen resserre son étreinte : il faut encore laisser un peu de temps au temps…

Quand vient le relâchement, Madame déroule lentement l’abdomen. Pendante, elle ne tient alors plus que par la « prise de tête » de Monsieur.  Les deux s’envolent bientôt de concert pour se décrocher en vol. Et disparaître chacun de son côté.

L'accouplement de l'Aeschne mixte

Le qualificatif « mixte » attribué à l’espèce fait allusion au mélange de couleurs de ses livrées. Bleu vif, jaune vert, brun plus ou moins foncé et noir pour le mâle. Jaune vert, brun clair, chocolat, noir et bleu gris pour la femelle.

Chez la femelle, le jaune vert est surtout présent sur les flancs du thorax et des premiers segments de l’abdomen. Il transparaît également, comme couleur de fond, sous les taches chocolat de l’abdomen. en allant s’éclaircissant pour tendre vers le bleu gris.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

La Noctuelle de la tomate

Noctuelle de la tomate ((Helicoverpa armigera)

Une discrète et paisible butineuse. Mais gare aux chenilles de la Noctuelle de la tomate. Friandes des feuilles, elles minent aussi les légumes-fruits !

Noctuelle de la tomate ((Helicoverpa armigera)On a déjà rencontré ici une jolie noctuelle aux ailes mordorées –  la Plusie chalcite – dont les chenilles sont amatrices de légumes-fruits. En voici une autre, à la livrée moins clinquante mais dont la progéniture est tout aussi ravageuse. En témoigne son nom populaire sans équivoque : la Noctuelle de la tomate, alias l’Armigère (Helicoverpa armigera), butinant ici la menthe aquatique d’une prairie humide.

Trapue, la silhouette fuselée, elle présente une dominante fauve, avec des yeux globuleux verdâtres, de longues antennes et une trompe rouille. Sur un fond beige charbonneux, les ailes antérieures se distinguent par deux petites taches sombres et une large bande brune plus ou moins estompée. Les postérieures sont davantage contrastées, gris clair, avec une large marge noirâtre.

Les tomates donc au menu des chenilles. Mais pas que. La plupart des légumes du jardin leurs conviennent très bien. Aubergines, courges, concombres, poivrons et même artichauts. Croisons les doigts : le jardin n’a jamais vraiment connu de prolifération. Oiseaux et mouches tachinaires font leur office !

Noctuelle de la tomate ((Helicoverpa armigera)

Fin octobre 2022. En automne, surtout après les canicules de l’été, plus de légumes-fruits au potager, alors va pour les dalhias !

Plusie chalcite sur feuille de tomate.

Livrée mordorée et taches argentées : la Plusie chalcite, l’autre noctuelle dont les chenilles apprécient les tomates !

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza