La Noctuelle en deuil

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

Pluies interminables, vent et, déjà, premières gelées… Qui mieux que la Noctuelle en deuil pour sonner le glas des beaux jours ?

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.Quelques taches blanches éclatantes certes. Et une frange grise. Mais c’est le noir et de multiples nuances de brun qui dominent. Avec une telle livrée, la Noctuelle en deuil (Tyta luctuosa), il est vrai, n’est pas bien gaie. Au point qu’un de ses noms vernaculaires enfonce le clou : la funèbre ! 

Nocturne, comme la plupart des noctuelles, il n’est cependant pas rare de la voir  butiner au soleil. Elle sirote ici le nectar d’une des dernières inflorescences de Cirse des marais. Mais il lui faut se faire une raison : c’est bientôt la fin.

En attendant le prochain printemps, la relève patientera tout l’hiver sous terre. Rien à craindre cependant de ces chenilles de noctuelles là au potager ! Elles se développent plutôt aux dépens de nombreuses plantes sauvages. Comme celles du Ptérophore blanc, elles apprécient tout particulièrement le liseron. Mais aussi la mauve et le plantain.

Noctuelle en deuil sur inflorescence de Cirse des marais.

En pause sur une feuille de liseron, une des plantes hôtes favorites de ses chenilles.

Sur une inflorescence de centaurée.

La livrée de la funèbre est un peu tristounette mais, sous le soleil, la Gaillarde fait ce qu’elle peut pour la réchauffer !

Un autre insecte dont la lugubre livrée inspire un nom vernaculaire qui ne l’est pas moins : le Drap mortuaire, cousin de la Cétoine dorée.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Noctuelle en deuil en le site quelestcetanimal.com
  • La Noctuelle en deuil avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Brocatelle dorée

Brocatelle dorée.

La Brocatelle dorée, dans la végétation basse, comme un tissu de soie rehaussé de motifs d’or et d’argent.

Brocatelle dorée.

Envergure maxi : 30 mm. Visible de mai à septembre.

Son nom évoque les précieux tissus brochés de la Renaissance. La Brocatelle dorée (Camptogramma bilineata) présente en effet une livrée donnant une impression de relief dans un camaïeu de motifs ocres. Parfois nuancé de rosé, l’ensemble est parcouru de plusieurs lignes blanches sinueuses, soulignées de noir. Jusque sur l’abdomen.

Voilà un membre de la grande famille des phalènes. Ses chenilles vertes appartiennent ainsi au club si caractéristique des « géomètres ». Cela dit, elles n’arpentent pas le potager. Plutôt les prairies et fourrés alentour où elles se nourrissent volontiers de plantains, liserons et rumex, notamment l’oseille sauvage.

La silhouette triangulaire, les fines antennes rabattues vers l’arrière au repos, c’est un papillon de nuit. Cependant, comme l’alternée, il n’est pas rare de la rencontrer voletant au jardin dans la matinée. Dérangée, elle va se réfugier sur une feuille voisine. Et le plus souvent dessous. Ni vue ni connue.

Brocatelle dorée.

Ce sont les chenilles qui passent l’hier, calfeutrées dans la litière, au pied des liserons et  rumex, notamment l’Oseille sauvage, leurs plantes-hôtes.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza

 

La Pyrale du houblon

Pyrale du houblon sur inflorescence de menthe sauvage.

La Pyrale du houblon trouve ses plantes-hôtes favorites au bord du halage. Le houblon bien-sûr mais aussi les orties.

Le houblon ne compte pas au nombre des cultures traditionnelles du Marais poitevin. Il y est malgré tout très présent dans sa forme sauvage. Il monte à l’assaut des haies et court sur les berges. Cela dit, la Pyrale du houblon (Pleuroptya ruralis) a une autre corde à son arc. Elle installe volontiers ses chenilles sur lesChenille de la Pyrale du houblon. orties.

Lesdites chenilles sont faciles à repérer. Elles enroulent en effet les feuilles dont elles se nourrissent et où elles se métamorphosent enfin à l’abri des prédateurs. Vert pâle, un peu translucides, elles laissent transparaître de longues veines bleutées.

Réputée nocturne, la Pyrale du houblon se laisse aussi aller à butiner le jour. Elle se réfugie alors sous la première feuille venue au moindre dérangement. Parcourues de lignes sombres sinueuses, bordées de marques en U, ses ailes blanc crème sont légèrement diaphanes. Avec de discrets reflets nacrés.

Des ailes diaphanes aux reflets nacrés. Envergure maxi : 37 mm. Visible de mai à septembre.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, Rainer Ulrich, 2020, Delachaux et Niestlé.
  • La Pyrale du houblon avec le site quelestcetanimal.coma

Photos JF Irastorza