Du plus gros au plus petit

Guêpe sur fleur de Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il n’est pas forcément besoin d’avoir la floraison tapageuse ! Celle de la Scrofulaire aquatique est aussi discrète qu’attractive.

Syrphe sur fleur de Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.Comme  une marquise au-dessus de la porte d’entrée. La lèvre supérieure à deux lobes de la Scrofulaire aquatique (Scrophularia auricula) est parfois comparée à des oreillettes. D’où son qualificatif latin.  Elle protège les quatre étamines jaunes à peine débordants de la petite corolle béante. D’un brun rouge soutenu, c’est aussi un signal à l’adresse des butineurs.

Du plus gros au plus petit, ils semblent apprécier. Qui le nectar. Qui le pollen. Avec plus ou moins de délicatesse. L’avidité de la guêpe paraît ainsi presque disproportionnée au regard de la minuscule fleur. Elle s’y agrippe fermement, la tête plongée sous la « casquette » rouge. Le Syrphe est plus subtile. Son vol stationnaire lui permet en effet de se régaler en prenant tout juste appui du bout de pattes.

Feuille de la Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.Les pieds dans l’eau, la Scrofulaire aquatique compte parmi les vigoureuses hôtes des rives de la Sèvre. Outre ses discrètes grappes florales, elle est remarquable par la section carrée de ses hautes tiges ramifiées. Comme par ses feuilles ovales et dentées joliment nervurées. Avec un pétiole pourvu de deux oreillettes. Décidément ! 

En savoir plus sur la Scrofulaire aquatique avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Grappe florale de la Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Rosier liane ensauvagé

Syrphe sur fleur de rosier liane / Un jardin dans le Marais poitevin.

N’étaient ses vives couleurs, on jurerait un églantier échevêtré dans une haie. Le rosier liane est sans doute là depuis des lustres. Et retourné à l’état sauvage.

Rosier liane.Rosier liane.Sureau, troène, chèvrefeuille… Les haies du halage ne manquent pas de parfum en ce début juin. À ce jeu-là, l’Églantier semble presque timide. Mais tellement délicat pour qui, comme syrphes, bourdons et abeilles sauvages, veut bien s’en approcher un peu !

Celui-ci est particulièrement spectaculaire. Un églantier, vraiment ? Plutôt un rosier liane cultivé qui s’est ensauvagé. Vigoureux en diable, il
grimpe allègrement et mêlent haut son feuillage vert intense à celui du merisier et de l’aubépine qui lui font la courte-échelle. 

Les cinq larges pétales – plus pâle chez l’églantier véritable – sont ici d’un rose soutenu, mettant d’autant mieux en valeur la forêt d’étamines jaunes. Une splendeur éphémère. Mais constamment renouvelée. Par grappes, de nouveaux boutons sont déjà prêts à prendre le relais.

Dans quelques mois, le rosier liane s’illuminera à nouveau. Comme l’églantier. Outre les galles multicolores de l’été, ses cynorhodons passeront du vert à l’orangé puis au rouge. Tout l’automne. Les fameux gratte-cul.

Rosier liane.

La galle de l’églantier – comme un gros pompon accroché sur la haie – est provoquée par une petite guêpe, la Cynips du rosier.

Les cynorhodons de l’églantier – alias les gratte-cul – en automne. Bientôt les confitures !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

Vrai et faux parasites

Epi floral de l'Orobanche du lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Que faire quand on ne dispose pas de chlorophylle par soi-même ? L’Orobanche du lierre tient son énergie de ses suçoirs. Au dépens du lierre.

Injustement considéré comme parasite, le lierre utilise surtout arbres et vieilles bâtisses comme supports. Ainsi le cabanon près de la maison ou le tas de bois du hérisson au jardin où ses racines courent au sol. C’est là que le faux parasite se fait parasiter par un vrai : une drôle de fleur, l’Orobanche du lierre (Orobanche hederae).

De hautes et solides tiges poilues, sans feuille et donc sans chlorophylle. La sournoise puise sa nourriture grâce à des suçoirs en prise directe sur les racines du lierre. Extérieurement, elle se résume à ses épis floraux d’allure un peu terne mais qui gagnent à être vus d’un peu plus près.

Les fleurs et leurs bractées mêlent ainsi des nuances de blanc-crème, de jaune, de bleu et surtout de rose violacé. Le long tube des corolles se termine en deux lèvres lobées et chiffonnées ouvrant sur étamines brunes et stigmate jaunâtre. Les graines prendront le temps de germer. Jusqu’à ce qu’une racine de lierre passe à proximité !

En savoir plus sur l’Orobanche du lierre avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Fleurs de l'Orobanche du lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.