La Mélecte commune

Mélecte commune.

Abeille-coucou de l’Anthophore plumeuse, la noire Mélecte commune rôde le long des talus en fleurs. Dans l’attente de l’instant propice pour parasiter un nid !

Mélecte commune.C’était en avril dernier. Au pied d’une haie où court et s’épanouit le Grémil bleu pourpre. Chaque printemps, on y rencontre notamment deux abeilles sauvages inséparables. La Mélecte commune (Melecta albifrons) et l’Anthophore plumeuse (Anthophora plumides). Un duo mortifère.

Elles ne se ressemblent guère. La première est à dominante noire, le thorax hirsute, les pattes et les flancs animés de petites touffes grises. La seconde a un côté nounours, la silhouette plus ramassée, avec une abondante fourrure fauve. C’est surtout une stakhano du butinage. Vive, toujours en mouvement, insaisissable.

La Mélecte aussi butine. Mais tranquille. Avec une seule bouche à nourrir. La sienne ! Alors que l’industrieuse Anthophore, elle, doit garnir le garde-manger de sa progéniture. 

On l’aura compris : la première est une abeille-coucou, la seconde sa cible. Avec une stratégie toute simple : surveiller les allées et venues de l’Anthophore pour profiter de son absence au nid. Le temps d’une nouvelle collecte. Juste assez pour aller pondre : un oeuf par cellule. Sitôt éclose, chaque larve intruse croquera sa concurrente pour mieux s’approprier ses réserves de nectar et de pollen. 

SOURCES :

Anthophore plumeuse, cible privilégiée de la Mélecte commune.

Le talus des fossés, au pied des haies, c’est coup double pour l’Anthophore plumeuse : une terre facile à creuser pour aménager son nid et des fleurs à gogo au printemps !

Anthophore plumeuse.

Mais attention !  Malgré son côté nounours, gare à un retour prématuré de la maîtresse des lieux. L’Anthophore aura tôt fait de chasser l’intruse manu militari. Non mais !

Sitaris des murailles.

Un autre parasite spécialisé. Un petit coléoptère cette fois. Madame Sitaris des murailles va en effet pondre dans le vestibule du nid de l’Anthophore plumeuse. Mais en été. Les larves devront donc attendre le printemps suivant – et un acrobatique transfert – pour jouer les pique-assiettes. En savoir plus

 

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