L’Exetastes calobatus

Exetastes calobatus, femelle.

Parasites de nombreux ravageurs, les Ichneumons sont les bienvenus au jardin. Tant mieux donc si Madame Exetastes calobatus y patrouille inlassablement…

Exetastes calobatus, femelle.La très grande famille des Ichneumons compte plus de 2700 espèces en France ! Celui-ci est un des plus courants. Il n’a pourtant pas de nom vernaculaire. L’Exetastes calobatus est assez facile à reconnaître. Particulièrement quand la femelle inspecte l’herbe des allées et les planches du potager à la recherche de larves sur lesquelles pondre ses oeufs.

Noir comme beaucoup d’Ichneumons mais sans la moindre tache. Seules les pattes se distinguent avec le rouge orangé du fémur et du tibia sur les antérieures et les médianes. L’originalité vient des postérieures : le rouge intervient en effet sur les fémurs mais aussi les hanches avec – petite coquetterie – une rupture noire sur le trochanter. Autrement dit l’article intermédiaire.

Bien visible ici à la pointe de l’abdomen, l’oviscapte est très court chez Madame Exetastes calobatus, quand il est parfois démesuré dans d’autres espèces. Enfin, ce n’est pas un hasard si les longues antennes sont si flexibles. Elles sont bien utiles pour localiser une proie, sous une feuille ou dans une anfractuosité.

Pas d’affût. Il faut chercher. Et chercher encore. À raison d’un oeuf par larve, la patrouille est incessante. Quelle est sa cible privilégiée ? Pas de référence à ce sujet. Ni d’observation. Faute d’être là au bon moment… Qu’importe. Pourvu que ce soit un ravageur !

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Ichneumons sur le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Pollénie du lombric

Pollénie du lombric sur inflorescence du lierre.

Grégaire et envahissante à l’approche de l’hiver, la Pollénie du lombric ne redore pas son blason avec le parasitisme de ses larves…

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à octobre.

Encore une mouche mal aimée ! On aimerait lui trouver quelque vertu. Va pour ses qualités de butineuse. Ici sur l’incontournable lierre. Sinon, la mauvaise réputation de la Pollénie du lombric (Pollenia rudis) tient surtout à son comportement automnal. Elle recherche en effet un refuge jusque dans les habitations pour passer l’hiver. Parfois en grand nombre. D’où son sobriquet, la Mouche des greniers.

Plus petite que la Mouche à damier, elle a également les yeux rouges et son abdomen présente un décor gris argenté et noir plus ou moins quadrillé. Mais son thorax hérissé de soies noires s’en distingue par une dominante dorée. Surtout chez les sujet les plus jeunes.

Enfin, comme son nom l’indique, la Pollénie du lombric est parasite du ver de terre. Les  larves en pénètrent les galeries, via les turricules notamment, jusqu’à trouver un « hôte » aux dépens duquel elles vont se développer. À moins qu’un géophile ne les intercepte au passage !

Pollénie du lombric sur inflorescence du lierre.

Évidemment, le comportement parasite de ses larves ne plaide guère en faveur de la Pollénie du lombric ! Pas de quoi sortir l’artillerie lourde pour autant. Au jardin, les oiseaux suffisent généralement à en limiter l’expansion. On peut aussi compter sur les géophiles, les précieux mille-pattes, pour éliminer quelques larves sous terre.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La « Mouche des greniers » avec le site verdeterre.fr
Photos JF Irastorza 

 

La Mouche à damier

Mouche à damier sur inflorescence de lierre.

Pas sûr que cet article contribue à réhabiliter la grande Mouche à damier. Malgré le subtil décor de son abdomen et ses beaux yeux rouges !

Aussi familière que mal aimée, on prend rarement la peine de bien la regarder. Elle n’est pourtant pas si vilaine ! Hérissée de longues soies noires, jusque sur les pattes, la Mouche à damier frappe d’abord par le joli rouge franc de ses grands yeux ronds. 

Hormis la face blanchâtre, le gris domine un corps massif équipé de longues ailes transparentes solidement nervurées. Le thorax est simplement rayé de noir. Mais le décor de l’abdomen est plus subtil. Il alterne en effet les taches noires, blanchâtres et grises, plus ou moins carrées, à la manière d’un damier.

Sa mauvaise réputation lui vient de ses intrusions intempestives en cuisine, voire à table où les plats de viande et de poisson ont sa préférence. Dans la nature, elle apprécie le nectar, notamment ici du lierre, mais aussi les sucs… de cadavres et d’excréments ! Ce n’est pas forcément là que s’épanouissent ses larves. La femelle a aussi l’habitude de les déposer à l’entrée des galeries de vers de terre. Et c’est donc aux dépends des lombrics que les futures Mouches à damier vont se développer. Pas de quoi les rendre plus sympathiques.

Mouche à damier sur inflorescence de lierre.

Si elle butine ici le lierre du jardin, la Mouche à damier apprécie également les sucs de viande, y compris des cadavres voire même des excréments. Rien de très hygiénique en somme lorsqu’elle vient rôder ensuite autour de la table d’un déjeuner en plein air !

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Mouche à damier avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza