Le Therion circumflexum

Le Therion circumflexum : un long pétiole abdominal cylindrique et un "petit coeur" jaune à l'arrière du thorax.

Pas de nom vernaculaire pour le filiforme Therion circumflexum, un Ichneumon de taille moyenne, parasite des chenilles de noctuelles.

Le Therion circumflexum : de courtes ailes transparentes, légèrement fumées.Dans la ronde des Ichneumons au jardin, celui-ci présente un signe distinctif aisément repérable. Un petit coeur jaune vif à l’arrière du thorax par ailleurs noir immaculé. À moins qu’il s’agisse d’un accent circonflexe. Le Therion circumflexum présente en outre de courtes ailes légèrement fumées.

La transparence laisse entrevoir un très long pétiole cylindrique rougeâtre. À peine plus épais, en forme de massue effilée, l’abdomen se teinte progressivement de noir et s’achève, ici chez la femelle, par un court oviscapte.

Haut perchée sur ses longues pattes jaune orangé, l’inspection des feuilles d’ortie va bon train en bordure d’une haie. Les antennes rousses aux aguets, elle traque les dernières chenilles de l’automne pour y déposer ses oeufs. Elle jette ordinairement son dévolu sur celles de quelque membre de la grande famille des noctuelles. Raison de plus pour lui faire bon accueil au jardin.

Un proche parent également parasite des chenilles. Le Diphyus palliatrius aux antennes noires et aux tibias jaune vif. L’abdomen est plus plus court et plus massif, rayé de jaune.

Un autre Ichneumon du jardin, l’Exetastes calobatus, entièrement noir, à l’exception des fémurs mais aussi des hanches arrière, d’un joli rouge orangé.

Ichneumon Metopius sp. en inspection au jardin. Les fameux et redoutables « vers gris » des noctuelles n’ont qu’à bien se tenir !

Chasmias lugens, un ichneumon noir marqué de blanc sur le scutellum et au milieu des antennes. En patrouille ici dans le feuillage de la Renouée poivre-blanc.

Enicospilus ramidulus, un ichneumon orangé aux derniers segments abdominaux noirs.

Colpotrochia cincta, un ichneumon jaune et noir aux fémurs enflés.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Ichneumons sur le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza 

La Coccinelle asiatique

Coccinelle asiatique.

Une année presque sans pucerons. Les auxiliaires n’ont pas chômé cet été. Et la Coccinelle asiatique notamment est toujours sur le pont !

Coccinelle asiatique.La Coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) peut compter jusqu’à dix-neuf points ! Carton plein pour celle-ci en inspection sur un pied de cosmos. Un à l’arrière, deux fois trois au centre et deux à l’avant sur chaque élytre. Et le dix-neuvième ? Juste à l’arrière du pronotum, à la jonction des deux élytres.

Des taches très inégales plus que des points. Sur un fond orangé. Une couleur parmi bien d’autres dans cette famille très éclectique. Quant au thorax, au nombre des variantes possibles, il affecte ici un grand M sur fond blanc.

De l’autochtone à sept points à l’asiatique, les coccinelles et leurs larves ont été très présentes cette année au jardin. Ceci expliquant cela, si les pucerons n’ont pas manqué, il n’y a jamais eu de véritables invasions. Pas davantage sur les rosiers que sur les tomates, les haricots ou même les fèves ! Il est vrai que les Syrphes ont également veillé au grain. Sans oublier le Téléphore fauve en chasse dès le printemps et tout l’été. Il n’y a même pas eu besoin de savon noir ou autres décoctions !

En savoir plus sur la Coccinelle asiatique avec le site quelestcetanimal.com

Coccinelle asiatique.

Larve de Coccinelle asiatique à l’oeuvre au printemps sur un pied de fèves : la colonie naissante de pucerons n’a pas eu le temps de se développer.

Coccinelle à sept points.

Coccinelle à sept points attablée sur un pied de bourrache.

Le Coelioxys inermis

Coelioxys inermis sur fleur de cosmos.

Une mégachile sans brosse abdominale : à quoi bon ! La Coelioxys inermis ne collecte pas de pollen. Elle confie ses larves à ses industrieuses cousines…

Coelioxys inermis sur fleur de cosmos.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à septembre.

Voilà donc une petite abeille sauvage qui rappelle l’Epeolus fallax rencontré récemment sur la même bordure de cosmos. À plus d’un titre.

Même taille (environ un centimètre), même dominante noire marquée de blanc. Mais ici pas d’alignement de tâches claires sur l’abdomen. La Coelioxys inermis présente plutôt une série de barres blanches latérales qui vont s’amenuisant vers une pointe abdominale noire et nettement conique.

Le thorax est uniformément noir, là où l’Epeolus fallax présente quatre fins triangles blancs à l’avant du corselet. Enfin, les yeux sont sombres et non bruns ocelés.

Mais comme son voisin de butinage, la Coelioxys inermis est une « abeille coucou ». La femelle pond ainsi ses oeufs dans le nid d’une « travailleuse » dont les provisions nourriront ses larves. Pour ce faire, elle cible celui, soigneusement tapissé, d’une de ses cousines mégachiles. Avant que l’hôtesse involontaire ne le referme d’un ultime morceau de feuille découpé sur un rosier par exemple. Quitte à squatter, autant que sa progéniture profite d’un appartement sûr et confortable !

Coelioxys inermis sur fleur de cosmos.

Quitte à abandonner sa progéniture, autant le faire auprès d’une mégachile. Ça reste en famille !

Mâle au repos, armé de six épines à la pointe de l’abdomen.

Une proche cousine, Ceolioxys argentea, à la fine toison blanche, y compris sur les pattes. Et même sur les yeux. Le dessin très particulier des « bandes » abdominales est caractéristique. Il s’agit ici d’une femelle à l’abdomen pointu. Également parasite des mégachiles.

Ne pas confondre avec…

Epeolus fallax sur fleur de cosmos.

L’Epeolus fallax, parasite de la Collète du lierre, dont l’abdomen, orné de taches blanches, est moins effilé.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr
  • Coelioxys inermis avec la galerie du Monde des insectes.

Photos JF Irastorza