Du plus gros au plus petit

Guêpe sur fleur de Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il n’est pas forcément besoin d’avoir la floraison tapageuse ! Celle de la Scrofulaire aquatique est aussi discrète qu’attractive.

Syrphe sur fleur de Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.Comme  une marquise au-dessus de la porte d’entrée. La lèvre supérieure à deux lobes de la Scrofulaire aquatique (Scrophularia auricula) est parfois comparée à des oreillettes. D’où son qualificatif latin.  Elle protège les quatre étamines jaunes à peine débordants de la petite corolle béante. D’un brun rouge soutenu, c’est aussi un signal à l’adresse des butineurs.

Du plus gros au plus petit, ils semblent apprécier. Qui le nectar. Qui le pollen. Avec plus ou moins de délicatesse. L’avidité de la guêpe paraît ainsi presque disproportionnée au regard de la minuscule fleur. Elle s’y agrippe fermement, la tête plongée sous la « casquette » rouge. Le Syrphe est plus subtile. Son vol stationnaire lui permet en effet de se régaler en prenant tout juste appui du bout de pattes.

Feuille de la Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.Les pieds dans l’eau, la Scrofulaire aquatique compte parmi les vigoureuses hôtes des rives de la Sèvre. Outre ses discrètes grappes florales, elle est remarquable par la section carrée de ses hautes tiges ramifiées. Comme par ses feuilles ovales et dentées joliment nervurées. Avec un pétiole pourvu de deux oreillettes. Décidément ! 

En savoir plus sur la Scrofulaire aquatique avec le site abiris.snv.jussieu.fr

Grappe florale de la Scrofulaire aquatique / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

L’arlequinette jaune

Arlequinette jaune sur fleur de bourrache / Un jardin dans le Marais poitevin.

Ne cherchez pas un costume bariolé !  L’arlequinette cherche plutôt à se faire oublier dans un sobre contraste noir et jaune pâle.

Arlequinette jaune sur pétiole d'une fleur de bourrache / Un jardin dans le marais poitevin.Sa tenue de camouflage a malgré tout belle allure. Et ses grands yeux bleus pointés de noir attirent irrésistiblement le regard. L’Arlequinette jaune (Acontia trabeatis) s’est réfugiée parmi les fleurs de bourrache. Sans doute pour attendre la nuit. Même s’il lui arrive de voler le jour.

Bourdons et abeilles ne la dérangent pas. Le photographe davantage. Elle passe ainsi de fleurs en feuilles pour chercher un couvert. Et finit par s’envoler en quête d’un gîte plus tranquille.

Loin du costume multicolore d’Arlequin, la livrée de l’arlequinette alterne plus sobrement noir et jaune pâle, dans un jeu de taches et de larges lignes sinueuses. Jusque sur sa tête minuscule sommée de deux longues antennes. Et sur les pointes de ses vigoureuses pattes.

Comme celles du Ptérophore blanc, ses chenilles ne s’intéressent pas aux légumes du potager. Elles sont plutôt inféodées à la mauve et surtout au liseron. Décidément, ce fichu liseron ne manque pas d’intérêt pour les bestioles du jardin.

Arlequinette jaune sur fleur de bourrache / Un jardin dans le marais poitevin.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

Le Ptérophore blanc

Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Suspendu à une herbe ou à l’arrière d’une feuille, le Ptérophore blanc garde étendues ses curieuses ailes plumeuses. Comme un perpétuel orant.

Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 32 mm. Visible de mai à septembre.

Evidemment, ce ne sont pas de véritables plumes. Le Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) est bien un papillon ! Mais les lobes de ses ailes d’un blanc pur – deux à l’avant, trois à l’arrière – sont joliment « frangés ». Cela dit, pas si simple de se camoufler avec un tel équipement.

Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) / Un jardin dans le Marais poitevin.Comme beaucoup de petits papillons de nuit, celui-ci s’accroche à l’arrière d’une feuille ou sur la tige d’une graminée pour se faire oublier le jour. Toujours les « bras » en croix. Ou plus exactement en « T », tant sa tête est peu proéminente. L’abdomen pendant et les interminables pattes arrière ballantes. Des pattes frêles pourvues d’« épines » qui contribuent à l’étrangeté de la silhouette. 

Même posé sur ses six pattes (c’est rarement la cas), le Ptérophore blanc garde ses ailes  plumeuses étendues. Comme un perpétuel orant. Peut-être pour nous implorer de ne pas éradiquer la principale nourriture de ses chenilles. Le liseron. Il est vrai que le volubile envahisseur a rarement libre cours au jardin. Du moins peut-il vagabonder sans contrainte dans les haies et sur les clôtures.

Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactylus) / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Les Ptérophorides et le Ptérophore blanc avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza