Au hasard des oiseaux

Gui dans un peuplier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Gui est un parasite. Sans doute. Mais d’abord une friandise pour la Fauvette qui en disperse les graines. Et la Mésange qui en limite la propagation.

Gui sur peuplier, pied mâle et pied femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.An neuf ou pas, allez donc cueillir un brin de Gui à la cime des peupliers du marais ! A hauteur des nids de Pie et de Frelon asiatique.

Sur les branches d’un géant couché par la tempête, celui-ci est presqu’accessible. A raison d’un nouveau segment seulement par an, quel âge ont donc ces énormes touffes aux ramifications A la cime des peupliers, voisinant ici un nid de frelons asiatiques / Un jardin dans le Marais poitevin.enchevêtrées ?

Le Gui semble avoir l’éternité devant lui. Ne confie-t-il pas ses hypothétiques rejetons aux seuls oiseaux ? A la Fauvette à tête noire notamment. Friande de ses petites baies blanches, elle en extrait la pulpe sucrée et se débarrasse des graines gluantes en s’essuyant le bec aux branches voisines.

Tant mieux pour les mésanges qui en raffolent ainsi décortiquées ! Quelques rares rescapées parviendront peut-être à germer. Elles devront alors s’agripper solidement à l’écorce pour y enfoncer un « suçoir » propre à pomper la sève. Au total, un semis pour le moins hasardeux. Heureusement pour les peupliers. Et les populiculteurs.

Source : 

Gui sur peuplier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Parmi les baies hivernales, la mésange bleue apprécie particulièrement celles du gui accrochées aux peupliers du marais. Elle passe après la Fauvette à tête noire et la Grive draine pour se délecter de leurs restes, collés aux branches comme autant de petits chewing-gums. Intervenant avant que les graines ne germent et n’enfoncent leur suçoir dans l’écorce de peuplier, elle participe ainsi à la limiter la propagation du parasite.

 

La mineuse du bouton d’or

Mineuse du bouton d'or / Un jardin dans le Marais poitevin.

Heureusement, la mineuse du bouton d’or est très spécialisée. Elle ne touche pas aux légumes. Ses cousines passeront-elles bientôt à l’attaque ? Vigilance, vigilance !

Mineuse du bouton d'or / Un jardin dans le Marais poitevin.Dans la grande famille des « mineuses », le jardin n’a hérité pour l’heure « que » de celle du bouton d’or ! Poireaux, choux, oseille et ail, notamment, en sont épargnés. Les arbres fruitiers aussi. Croisons les doigts.

Les mineuses ? Des petits insectes qui installent leurs larves entre les deux épidermes des feuilles, de façon très spécialisée. Ici, c’est une mouche, la petite Phytomysa ranunculi, dont les minuscules asticots « minent » exclusivement les feuilles des renoncules, notamment du bouton d’or.

Par transparence, les galeries sont très visibles. On y perçoit même l’asticot, ses excréments et parfois, en bout de galerie, la petite pupe qui, bientôt, se transformera à son tour en mouche.

Tant qu’il s’agit du bouton d’or ! Mais à la moindre alerte sur les légumes, mieux vaut arracher et brûler les plants atteints. Sans attendre la prolifération. Et la transformation du potager en champ de mines !

Mineuse du bouton d'or / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une autre mineuse. Sur les feuilles d’oseille. Cette fois, pas d’état d’âme. II faut supprimer et brûler toute les feuilles atteintes.

Ici, c’est la larve de la Mouche de l’oignon qui a investi l’ail encore vert. Une inspection de la planche s’impose. Y compris sur les planches voisines d’oignons, poireaux et échalotes.

Photos Fernand ©

Le Pinson des arbres

Pinson des arbres mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il a beau être dit « des arbres », c’est au sol que le Pinson trouve son ordinaire au jardin. Dans les allées enherbées surtout.

Pinson des arbres femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.Les marais boisés des bords de Sèvre : un territoire d’une variété infinie comme les aime le Pinson des arbres. Frênes, aulnes et peupliers, haies, prairies et jardins : il passe de l’un à l’autre, toujours en joyeuse petite bande.

Joues et poitrail roux vineux pour les mâles, dominante gris olive pour les femelles. Avec, plus ou moins Pinson des arbres, mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.prononcés, les mêmes liserés jaunes sur fond noir à la queue et la pointe des ailes. Au-delà d’une même barre blanche. 

Quand la troupe fait halte au potager, le rituel est souvent le même. D’abord une brève station sur les pommiers. Le temps de vérifier que la voie est libre. La volée s’éparpille alors au sol pour un long et sautillant pâturage. Verdure et graines au menu en cette saison. Heureusement, lorsque viendra le temps des semis, le Pinson aura changé de régime. Avec vers et chenilles pour les nichées.

Pinson des arbres femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Brun, gris, vert olive : la livrée de la femelle est plus terne que celle du mâle. Mais elle arbore les mêmes taches et lignes blanches sur les ailes et sur la queue.

En savoir plus :

  • Guide des oiseaux de France, R. Peterson, G. Mountfort, P.A.D. Hollom et P. Géroudet, 2014, Delachaux & Niestlé.
  • Le Pinson des arbres avec la LPO

 Photos JF Irastorza