L’Érodium musqué

Érodium musqué, alias le Bec de grue.

Dans la série des « sauvageonnes » du jardin, l’Érodium musqué, alias le bec de grue, fleurit délicatement jusqu’en fin d’été.

Érodium musqué, alias le Bec de grue.

Les hampes florales peuvent s’élever jusqu’à 30/40 cm pour une floraison constamment renouvelée  jusqu’en septembre.

Ses larges et denses rosettes s’étalent actuellement au bord du halage. Et au jardin. Avec de longues feuilles composées, aux folioles gaufrées et dentées, d’un vert bien franc, l’Érodium musqué (Erodium moschatum) amorce du même coup sa timide floraison rose pâle.

Regroupées en discrètes ombelles, les corolles diffusent leur petite musique à cinq temps. Cinq courts sépales veinés de vert pâle. Cinq pétales ovales, lilas, un peu fripés. Cinq anthères noirâtres libérant bientôt un pollen jaune-orangé, autour de cinq stigmates translucides.

Rien de très spectaculaire. La surprise vient plutôt de la fructification. Chaque fleur engendre en effet un akène en forme de long bec dressé. D’où le nom de « bec de grue » ordinairement donné à l’Érodium musqué et à ses cousins. À maturité, ledit bec desséché s’enroulera en spirale pour constituer une sorte de tarière. Et, ainsi équipée, chaque graine aura alors la capacité de s’auto-enfouir ! Mais ça, c’est une autre histoire…

Érodium musqué, alias le Bec de grue.

L’Érodium musqué a la réputation d’être vite envahissant sur les pelouses et dans les allées des jardins. Il est vrai que ses larges rosettes ont tendance à étouffer la concurrence. Et le passage de la tondeuse n’arrange rien, accentuant au contraire le port naturellement étalé de l’adventice. Reste que, quand trop c’est trop, il est facile d’y remédier. La racine pivotante de l’Érodium ne s’enfonce jamais très profond. Un dizaine de centimètres. Rien de plus simple que de l’extirper, à l’aide d’une gouge à asperge par exemple. Cela dit, encore une fois, il faut raison garder : rien de tel que les plantes sauvages dans un jardin pour fidéliser les butineurs !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • L’Érodium musqué avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Monsieur Andrène cinéraire

Andrène cinéraire, mâle, sur capitule de pissenlit.

Livrée cendrée et broussailleuse pour Monsieur Andrène cinéraire, ici, poudré de pollen, en attendant l’émergence imminente de « ces dames ».

Andrène cinéraire, mâle, sur capitule de pissenlit.

Taille maxi : 14 mm (femelle). Visible de mars à juin.

Ces dernières années, on le voyait apparaître début mars, sur le mirabellier en fleurs. Mais, prudent, celui-ci semble attendre que passent les actuelles gelées nocturnes, avant de lancer sa floraison. Alors, pour patienter, l’Andrène cinéraire (Andrena cineraria), alias l’Andrène cendré ou l’Andrène des sables, jette son dévolu sur les pissenlits.

Il s’agit là d’un mâle. Bien plus corpulentes, les femelles n’ont en effet pas encore émergé. Double attente donc pour le petit monsieur ! Raison de plus pour prendre des forces. Mais pour atteindre le précieux nectar, distillé au fin fond du capitule, le voilà entièrement poudré d’or. Ainsi va la pollinisation des pissenlits ! 

Parmi les abeilles sauvages du jardin, l’Andrène cinéraire se distingue par sa dominante poivre et sel. Si l’abdomen noir est quasi glabre, luisant, légèrement bleuté, le thorax est rehaussée de deux bandes de fourrure, ici en broussaille grise. Avec une petite tête hirsute à l’unisson, toute ébouriffée de noir et de gris.

Andrène cinéraire, mâle, sur capitule de pissenlit.

Andrène cinéraire, mâle, sur capitule de pissenlit.

La femelle est nettement plus corpulente que le mâle. Moins en broussaille, les deux bandes thoraciques grises sont ici bien visibles. Ainsi que les reflets métalliques légèrement bleutés de l’abdomen.Elle émerge  généralement quelques jours après les mâles.

Andrènes cendrés, accouplement sur mirabellier en fleurs.

Amours printanières chez les andrènes cinéraires, parmi les fleurs du mirabellier du jardin. Et c’est Madame qui mène la danse !

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions / Métive.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • L’Andrène cendré, alias l’Abeille des sables, avec le site quelestcetanmal.com

Photos JF Irastorza

 

Madame Andrène à pattes jaunes

Madame Andrène à pattes jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

Un manchon de fines soies jaune orangé aux tibias arrière : Madame Andrène à pattes jaunes vient d’émerger.

Madame Andrène à pattes jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

Taille maxi : 13 mm. Visible de mars à août.

Une tout autre présence ! Loin de la chétive silhouette de Monsieur, voici Madame Andrène à pattes jaunes (Andrena flavipes). Sur une corolle de Ficaire fausse-renoncule ou un capitule de pissenlit, elle a le gabarit (12-13 mm) et un peu l’allure d’une abeille domestique. Mais c’est bien une solitaire qui s’apprête à creuser et aménager son nid.

Monsieur Andrène à pattes jaunes sur pâquerette.

Monsieur est plus petit (9-11 mm).

Sur fond noir, la fourrure thoracique et faciale est brun pâle, avec un abdomen rythmé de bandes continues de poils gris. Sans oublier les fameuses « pattes jaunes ». L’apanage des femelles. Un manchon de fines soies jaune orangé. Grace à cette éclatante brosse de collecte, les tibias arrière se chargeront bientôt de pollen !

En attendant, mâles et femelles font le plein d’énergie avec la complicité des fleurs sauvages.  Début mars, quand le mirabellier s’illuminera de corolles blanches, viendra le temps des amours. Le jardin et les prairies alentour produiront alors assez de nectar et de pollen pour le garde-manger des futures larves !

Génération printanière

Madame Andrène à pattes jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

Deux générations se succèdent au jardin. De fin février à mai. Puis de fin juin à août. La génération printanière vient d’émerger.

Début mars, sur les bouquets de Cardamine des prés.

Début mars, sur capitule de pissenlit.

Mi mars, les choses sérieuses commencent avec le mirabellier en fleurs.

Andrène gravide sur fraisier.

Début juin. Sur les fraisiers, les brosses chargées de pollen.

Génération estivale

Fin juillet sur la Moutarde blanche.

Début août sur l’origan en fleurs.

Début août sur les premières inflorescences de Menthe aquatique.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Le Bourdon, Vincent Albouy, 2005, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr
  • L’Andrène à pattes jaunes avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza