La Nomade fardée

La Nomade fardée.

La petite Nomade fardée entre en scène. Avec quelques coquetteries rouge brique – jusqu’en dans les yeux – sur fond noir et jaune.

La Nomade fardée.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à juillet.

Dans la série des abeilles-coucous déguisée en petites guêpes, les « Nomades » (Nomada sp.) ont toutes un air de famille. Avec une dominante noire tachée de jaune au thorax et rythmée de bandes jaunes à l’abdomen. Une troisième couleur s’y invite le plus souvent : le rouge brique. Ainsi, la Nomade fardée (N. fucata) tient sans doute son nom de ses multiples touches rouges : premier segment de l’abdomen, attaches des ailes, pattes, antennes et yeux.

Le fard est cependant plus discret que celui de la Nomade rousse (N. flava) dont le brun rouge envahit jusqu’au thorax, au point d’être appelée Poils-de-carotte !

Plus sobre, le thorax ici est bien noir, avec deux petites taches latérales jaunes et une seule plus large à l’arrière. C’est la seule espèce de la famille à présenter cette tache arrière unique qui fait écho à un fin collier jaune, peu lisible, à l’avant.

Chez les « Nomades », les femelles parasitent les nids d’autres abeilles solitaires. Avec une préférence pour celles du genre andrène. Chacune sa spécialité ! Pour la Nomade fardée, c’est l’Andrène à pattes jaunes. L’une et l’autre fréquente actuellement les pissenlits. Mais une seule récolte du pollen. Devinez laquelle !

La Nomade fardée.

Pas de brosse de collecte chez les Nomades : pas de larves à nourrir en effet puisqu’elles confient leurs oeufs à des abeilles solitaires plus industrieuses qu’elles !

La cible favorite de la Nomade fardée

Andrène à pattes jaunes.

L’Andrène à pattes jaunes : la récolte ici va bon train pour garnir le garde-manger de ses larves. Ou celles, peut-être, de la Nomade fardée !

En savoir pluS :

Photos JF Irastorza

 

L’Andrène dorsale

Andrène dorsale sur Moutarde blanche.

La bagatelle ne s’éternise pas avec l’Andrène dorsale. Voilà déjà venu le temps d’aménager et approvisionner les nids…

Andrène dorsale sur Moutarde blanche.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à septembre. Le mot Andrène est réputé masculin. Mais l’usage tend à le féminiser.

Voulez-vous faire plaisir à l’Andrène dorsale (Andrena dorsata) ? Semez-lui une planche ou deux de Moutarde blanche ! Chaque début de printemps, immanquablement, elle fera honneur au généreux couvert hivernal. Entre deux parades nuptiales mouvementées !

Cette abeille solitaire de taille moyenne (environ 1 cm) se distingue notamment par un dense pourpoint roux. Et ses fines bandes abdominales blanc crème s’interrompent plus ou moins en leur milieu. La première étant le plus souvent quasi inexistante.

Les femelles arborent une brosse finement peignée aux tibias arrière. Ici, la collecte vient de commencer. Alors, avec un manchon bien garni de pollen jaune pâle, fini le badinage ! Tant pis donc pour les mâles qui poursuivent leur sarabande effrénée… Fondant brusquement sur chaque belle de rencontre, parfois à plusieurs, ils sont désormais vertement éconduits ! 

Car il y a un temps pour tout. Voici déjà venu celui de la ponte et de l’approvisionnement des futures larves. Au fond d’un puit creusé au sol. La nouvelle génération émergera en juillet. Faute de Moutarde blanche, elle n’aura que l’embarras du choix avec les fleurs sauvages ou cultivées du jardin. Pour butiner et batifoler à son tour.

Andrène dorsale sur Moutarde blanche.

On voit bien ici l’estompage central progressif des fines bandes abdominales, de l’arrière vers l’avant, au point de quasi disparaître sur le premier segment.

Furtif accouplement. Plus petit, la fourrure moins orangée, le mâle profite de l’inattention de la femelle, occupée à lécher le nectar de la Moutarde blanche, pour fondre sur elle.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Le Bourdon, Vincent Albouy, 2005, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr
  • Andrena dorsata avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza 

 

La Nomade commune

Nomade commune sur Ficaire fausse renoncule.

Dans la série des « abeilles-coucous », la Nomade commune est aussi précoce que la plupart des andrènes. Et pour cause !

Taille maxi : 13 mm. Visible de mars à juillet.

On dirait une petite guêpe. Mais la Nomade commune (Nomada goodeniana) est bien une abeille sauvage. Avec une livrée noire et jaune, mâtinée de rouille sur les ailes, les pattes et les antennes. Plutôt replet, l’abdomen présente de larges bandes jaunes, une par segment, sensiblement rétrécies au centre.

Comme tous les membres de la famille Nomada, voilà une « abeille coucou » dont les pattes sont dépourvues de brosses de collecte. À quoi bon ! Pas besoin de récolter de pollen, en effet, quand il suffit d’aller pondre dans un nid déjà aménagé et approvisionné…

En cette fin mars, Madame Nomade patrouille ainsi à la recherche d’un terrier-nurserie en cours d’installation. Avec une préférence pour ceux des Andrènes. Elle profite de l’absence de la maîtresse des lieux pour s’y introduire. Et y déposer ses oeufs. Les larves ne se poseront pas de questions. Elles détruiront le couvain pour profiter d’un garde-manger bien garni !

Restera à l’usurpatrice la peine de butiner… pour elle-même ! Actuellement, on la rencontre surtout sur les fleurs de pissenlit, de ficaire et de bouton d’or.

La cible favorite de la Nomade commune

En savoir plus :

Photos JF Irastorza